Voyez Botta et Flaiulin, Monument de Ninive, pi
2. Layard, Nineveh and Babylon, 18.53. vignette, p. 647. — Layard, Second Séries, pi. 40, reproduit dans Fergusson, Handbook^ etc.. p. 180 du l" volume.
sée servait aussi dans certains symboles divins, comme par exemple dans celui que nous avons donné p. 279, figure n° 96.
Au-dessus des volutes des colonnes des propylées dont nous nous occupons s'élève une sorte de tenon destiné à maintenir un objet. Dans les fouilles faites au pied de ces colonnes, on a effectivement découvert deux figures de taureaux adossés qui formaient la troisième division du chapiteau et étaient maintenus par ce tenon. Ces taureaux, qui sont agenouillés, étaient placés immédiatement sous Tentablement. Cependant, ces animaux ne supportaient rien sur leur dos, ainsi que nous le montre la façade des tombes royales. Là, nous ne voyons sur le dos des taureaux que l'extrémité de poutres transversales. L'entablement ne les touche même point. On a longtemps pris ces taureaux pour des licornes, parce qu'on ne se rendait pas compte que, par l'effet de la perspective, la seconde corne de. l'animal était cachée par la première qui prédomine.
Les propylées de Xerxès avaient une troisième porte sur leur face méridionale, faisant face à la salle hypostyle. Au point 3 du plan général, il y avait une citerne qui fournissait l'eau nécessaire aux palais. Entre les propylées et le second grand escalier k du plan général, existe un espace de k^ mètres où était situé un jardin. Ce second escalier a la même largeur que celle du premier grand escalier dont nous avons parlé, mais il est moins élevé, car il n'a que 3 mètres de hauteur. Son développement longitudinal est de 64"" 60, il est également à girons rampants et enrichi de sculptures magnifiques. D'après l'inscription dont il est orné, ce serait encore Xerxès qui aurait fait élever la face septentrionale de cet escalier, ainsi que le palais, ou salle hypostyle, auquel il donne accès. Dans les nombreuses et belles sculptures qui ornent cet escalier, on remarque encore la lutte du lion avec le taureau. L'effet de la perspective, observé là comme ailleurs dans l'ornementation à Pcrsépolis, ne donne qu'une corne au taureau en question, car les cornes sont vues de profil, et celle de devant cache celle de derrière. Il ne peut donc point être question de licorne comme une foule d'auteurs l'ont prétendu.
Toutes les figures qui ornent cet escalier sont symboliques ou bien ont trait au cérémonial de la cour des rois de Perse. Elles n'offrent rien d'historique relativement aux guerres des rois de Perse avec l'Occident, comme on l'a souvent supposé. On y voit des personnages apportant les tributs des différentes provinces de l'empire; on y remarque des chars, des chameaux, des taureaux, des boucs, des
ânes. A la suite de ce gigantesque escalier, on arrive à la salle hypostyle de Xerxès, marquée 5 sur le plan général; ses ruines sont encore nommées Tschil-Minar, ou les Quaranle colonnes, par les Persans. Cette salle était formée de trente-six colonnes placées sur six rangées; elle formait donc un espace carré de plus de 60 mètres en tout sens. Les colonnes avaient au delà de 20 mètres d'élévation ^ ; leur chapiteau ressemblait à celui des colonnes des propylées dont nous avons déjà parlé. Cet espace central était, de trois côtés, au nord , à l'est et à l'ouest , flanqué de portiques. Les fondations puissantes des murs de refend qui les isolaient de la salle centrale prouvent assez que ces portiques n'étaient point séparés de cette salle uniquement par des tentui'es, comme on l'a prétendu. Les portiques se composaient de deux rangées de colonnes, ainsi qu'on peut le voir sur le plan général. Au nord, leurs colonnes étaient couronnées du même chapiteau que celui des colonnes de la salle centrale, c'est-à-dire du chapiteau à trois étages, décrit précédemment; mais à l'orient et à l'occident, les colonnes des portiques n'avaient pour chapiteau que les taureaux adossés. La salle était éclairée au sud par des baies qui ont disparu en même temps que le mur méridional qui les contenait ; elle ne recevait aucun jour paren haut, la salle hypostyle étant couverte d'un étage encharpenterie qui s'élevait plus haut que les trois portiques. Sur la terrasse supérieure que formaient ces travaux en charpente, était placée l'autel du feu, auprès duquel le roi venait faire ses dévotions et ses prières. Pour se faire une idée de cet étage, il faut se reporter aux tombes royales dont nous parlerons plus tard et qui dans leur façade reproduisent la façade d'un palais perse. Sur les côtés verticaux de cet étage, il a pu y avoir des ouvertures pour donner du jour au bas et destinées aussi à la circulation de l'air. Aucune des sculptures ordinaires, destinées à indiquer l'usage des monuments perses, ne se voit dans cet édifice. Mais il y a tout lieu d'admettre qu'il servait aux grandes réunions des délégués des provinces représentés sur l'escalier qui y donne accès.
Au sud et en avant de notre grande salle se trouve un vaste monceau de décombres. C'est là, présume-t-on, qu'était située la salle incendiée par Alexandre en 331 avant l'ère vulgaire. Le roi se souvint des désastres amenés dans la Grèce par les Perses. Thaïs, courtisane athénienne, de la suite du roi, se souvint, dans un repas à Persépolis,