‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 181 sur 298 · Coste et Flandin. T. II, pi · texte numérisé non relu

Coste et Flandin. T. II, pi

de l'incendie d'Athènes par les Perses. A son entrée à Persépolis, Alexandre vit venir à sa rencontre huit cents Grecs qui avaient été enlevés de leur pays et réduits en esclavage par les souverains de la Perse. Ces hommes étaient horriblement mutilés et laissaient voir, les uns les mains ou les pieds, les autres le nez ou les oreilles coupés. On avait eu soin, en les mutilant ainsi, de conserver a. ceux qui savaient un métier ou qui pouvaient faire des progrès dans quelque genre d'industrie, les seuls membres qui étaient nécessaires pour l'exercice de leur profession. Ces hommes lui inspirèrent une pitié profonde et un ressentiment violent pour leurs bourreaux ou Achaeménides dégénérés. On conçoit qu'échauffé plus encore par la conversation que par le vin , un sentiment de vengeance traversa son âme et qu'il résolut de lui sacrifier l'acropole des rois perses avec les monuments grandioses qui les décoraient ^

Au sud-ouest de la salle hypostyle de Xerxès, au point 6 de notre plan général, était situé le palais de Darius de 39™ 23 de longueur sur 29"" 38 de largeur, et dont la façade était tournée au sud. Ses vestiges ont sulh ])our en avoir pu faire une restauration quant au plan bien entendu. Au sud ce palais avait, comme les autres, un escalier de grande dimension. 11 y existait un portique d'entrée suivi d'une vaste salle dont le plafond était soutenu par seize colonnes. A droite et à gauche étaient de plus petites pièces formant les dépendances. Sur le derrière et au nord étaient de plus grandes salles et les escaliers. La façade de ce palais, avec ses quatre colonnes, ressemblait, comme celle du palais de Xerxès, à la façade du tombeau même de Darius. Les inscriptions placées sur les chambranles des fenêtres ne laissent aucun doute que ce palais était celui de ce roi. D'après la lecture des inscriptions par M. Rawlinson, le nom de l'architecte aurait été Ardosta.

La destination de chaque partie de ce palais est indiquée par les sculptures qui ornent les jambages des portes. Ainsi, l'on sait que les petites salles latérales qui flanquaient le portique d'entrée étaient destinées aux gardes du corps. On les voit représentés avec la lance en main. Les sculptures de la porte qui conduit du portique dans la grande salle centrale nous montrent le roi ayant le sceptre dans la main droite : il est de taille colossale, marchant, enveloppé dans les plis magnifiques de sa longue robe. Sa barbe et ses cheveux sont

1. Quinte Curce, 1. v, ch. vii. — Plutarque, Vie d'Alexandre, ch. xxxviii. — Diodore

Page 1