Coste et Flandiu. T. III, pi
124. — BasL' des colonnes de la salle h3'postyle ou salle du trône de Darius,
Au point 13 du plan, il existe un portail, avec porte au centre de plus de 3 mètres de largeur. Les pieds-droits sont ornés de figures de taureaux dont les plinthes seules ont 5" 50 de longueur sur autant d'élévation; leur largeur est de 1"" 52. Ces animaux tournent leur face vers le nord et sont éloignés de 82™ 30 des premiers propylées par lesquels nous avons commencé la description du dessus de cette vaste terrasse. Ces propylées précédaient sans doute le grand péristyle situé au-devant de la salle da trône de Darius, car une inscription cunéiforme nous apprend que ce roi est l'auteur de ces immenses constructions.
La terrasse, qui renfermait les palais de Persépolis, était entourée d'un triple mur ; le premier, assis sur des fondements bâtis à grands frais, avait 16 coudées de hauteur (plus de 8 mètres), non compris les créneaux dont il était surmonté ; le second, semblable au premier, avait le double de hauteur, et le troisième, dont le périmètre était un carré, s'élevait à une hauteur de 60 coudées (plus de 30 mètres) ; bâti en pierre extrêmement dure, il semblait, dit Diodore ', destiné à subsister éternellement. Sur chacun des quatre côtés, on voyait des portes d'airain, et en avant, une palissade du même métal, de 20 coudées de haut ( plus de 10 mètres), qui causait autant d'étonnement à la vue qu'elle était bien entendue pour garantir la sûreté du lieu.
C'est du haut de ces murs d'enceinte que se précipitèrent une foule d'habitants à l'approche d'Alexandre -, saisis de désespoir et pour échapper à une mort plus cruelle et plus ignominieuse que leur auraient fait subir les soldats grecs eux-mêmes, pleins du souvenir encore vivace des cruautés commises par Xerxès et ses guerriers, un siècle et demi auparavant.
On poursuit encore le long de la montagne, derrière la terrasse, les traces de ces murs qui étaient élevés en briques cuites au soleil, matériaux dont étaient bâtis la ville et les palais des rois; \h encore, nous voyons une imitation de Ninive et de Babylone, et même de l'Egypte, où les palais seuls étaient bâtis en pierre et les villes en terre cuite ou séchée au soleil.
Quant au troisième et dernier mur, en pierre extrêmement dure, destiné à subsister éternellement, selon Diodore, il n'est autre que le mur de la terrasse actuelle orné de palissades d'airain.
1. Diodorp, 1. xvii, ch. lxxi. — 2. Quinte Curcc, 1. v, cli. vi.
LKS TOMBES ROYALES. 3G0