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CHAPITRE IIL

LES TOAIBES ROYALES.

Au point ih de notre plan général sont situées les célèbres tombes royales, en regard des palais que nous venons de décrire. Sur le versant occidental du mont Rachmed, qui flanque à l'orient les ruines de Persépolis, s'élèvent, à 1/|0 mètres à l'est de la grande salle du trône de Darius et à une hauteur de 183 mètres au-dessus de la terrasse centrale, les tombes royales de Darius II, d'Artaxerxès II et d'Artaxerxès III '. L'ensemble du premier tombeau, car il y en a un autre plus au sud, forme une façade à deux étages. L'étage inférieur, de 16"' 80 d'étendue, se compose de quatre colonnes engagées, à chapiteaux composés de deux taureaux adossés. Au-dessus de ces chapiteaux, s'étend un entablement formé d'une architrave et d'une frise, sur laquelle on voit une rangée de lions qui , de chaque côté, s'avancent pour se rencontrer au centre. Le chambranle de la porte centrale simulée est orné de trois rangées de rosettes en haut et sur les deux côtés verticaux. Une petite ouverture pratiquée dans cette porte donne accès à un espace oblong voûté, derrière lequel se trouve une niche, où était placé un sarcophage. Le second étage de cette façade se compose d'un soubassement très-orné, où l'on aperçoit la représentation du sujet principal du tombeau, qui consiste en une figure d'homme âgé, tenant un arc, debout devant un autel sur lequel brfde le feu éternel. Au-dessus de l'autel, est placé un disque ; au-dessus de l'homme âgé qui représente le roi, on voit une

1. Siiliik^ SBiaun, ®cfrf)icî)tc bcr iîuiM'î, jc, 1856, vol. I^^ p. 314. — Diodore, 1. xvii, cil. Lxxi, parle Jes tombeaux des rois de Ferse, situés sur une colline, à environ 4 plèthres de distance (120 mètres). — Costa et Flandin. T. III, pi. 165 et suivantes. I. 24

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autre figure d'Iioniuie qui tient un anneau au lieu d'un arc. Ea portion inférieure de son corps est cachée par une draperie. Ce bas-relief représente le souverain des Perses, disciple de Zoroastre et adorateur d'Orinouzd.

A trois cent quarante mètres au sud de la tombe dont nous venons de parler, et toujours sur le versant de la même montagne, il existe une autre tombe royale *, dont la façade a 10"' 97 d'étendue, presque la même, par conséquent, que celle du tombeau nord-est, dont nous venons de parler. Ees deux façades de ces tombeaux sont identiques, à quelques petites variations de détail près.

Remarquons que, si les tombeaux royaux égyptiens ont une façade extrêmement simple, composée pour ainsi dire d'une seule porte sans ornementation donnant accès à une ou plusieurs salles souterraines décorées avec tout le luxe et la magnilicence des palais les plus splendides, ceux des rois de Perse, au contraire, ont des façades des plus riches et un intérieur des plus exigus et des plus simples.

A peu de distance, au nord de Persépolis, sur le versant d'une montagne formée de roches sur roches en marbre blanc aux cimes arrachées et fendues, se trouvent les tombes royales de Nakschi-Roustam. Le soubassement, le rez-de-chaussée et l'étage de ces quatre tombeaux ont une apparence cruciforme. Le bas, ou soubassement avec l'étage, forme -le bras vertical de la croix, et le rez-de-chaussée la tige transversale. Ces façades, taillées dans le marbre, se composent, au rez-de-chaussée , de quatre colonnes engagées à fûts lisses et sans cannelures, surmontées d'un chapiteau à deux taureaux adossés, les jambes de devant repliées sous le corps. Au-dessus, s'élève l'architrave, couronnée d'une rangée de denticules. Le second étage est formé par deux rangées horizontales de figures cariatides qui composent ainsi une sorte de catafalque ou trône, reposant sur quatre supports ornés, mais dont on n'aperçoit que les deux antérieurs. Au-dessus de cette plate-forme ou étage, on voit, à gauche, le roi debout sur une estrade formée de trois marches ; il est appuyé sur sa main gauche qui tient un arc, sa main droite est à moitié élevée. 11 semble prier avec ferveur devant l'autel du feu placé en face de lui. 11 est donc en prière au sommet de son palais, ainsi que le rapporte l'histoire des cérémonies des Perses. Plus haut, entre lui et l'autel, est placé le symbole du Dieu suprême ; ce symbole consiste en un globe ailé, se termi-

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