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2. Pausanias, 1. vin, ch. xiv. — E. Curtius, îÇcto^scnnei'L'e'. T. I, p. 186.
kOh : LIVRE PREMIER.
Nous citerons ensuite les canaux souterrains établis entre le lac Kopaïs, en Béotie, et la mer, pour y décharger ses eaux ; canaux nommés Katabothrcs, dégorgeoirs. Cette espèce de tunnels s'étendait dans une longueur de plus de cinq kilomètres et demi , comme le rapporte fort exactement Strabon'. Ces tunnels traversent sur une grande étendue les roches du cœur des montagnes, situées entre le lac et la mer. L'élévation des eaux du lac Kopaïs avait au delà de 100 mètres au-dessus du niveau de la mer. Thèbes était à 198. mètres au-dessus de ce niveau. Les tunnels nécessaires ou dégorgeoirs du lac Kopaïs consistaient en puits carrés et perpendiculaires, communiquant à des conduits ou canaux horizontaux. 11 paraît que ces travaux ne furent pas entièrement achevés-.
Du temps d'Alexandre de Macédoine, ces canaux étant bouchés; un ingénieur de Chalkis, nommé Kratès, commença leur déblaiement, mais il se prit de querelle avec les Béotiens, et ces travaux ne furent pas continués^, sans doute faute de moyens.
Au nombre des autres travaux d'architecture de ces époques reculées, on doit aussi comprendre les colossales murailles des châteaux forts ou acropoles grecques, que la postérité attribua aux Cyclopes, ne pouvant concevoir qu'elles fussent sorties des mains des hommes. Ces murs ont été élevés par les Pélasges à la suite de leur assujettissement par des tribus helléniques guerrières, car un grand nombre de ces ouvrages se trouvent en Arcadie et en Épire , sièges principaux des Pélasges. La plaine d'Argos et le reste de l'Argolide renferment à eux seuls dix villes, sur les trente-trois villes cyclopéennes découvertes en Grèce. Ces villes sont : Argos, Midea, Oinoe, Hysiai, Tiryns, Nauplie, Mykène, Asine, Thyrea, Hermion. Les gigantesques murailles d'Argos, de Tiryns, de Nauplie et de Mykène ont été construites dans un court espace de temps ; on y trouve des progrès successifs dans l'art de construire ; celles de Mykène , par exemple, sont travaillées avec plus d'art et d'habileté que celles de Tiryns. Ces vastes et solides constructions ont été exécutées par des populations entières soumises par la conquête et forcées aux corvées, ou peut-être aussi sous la direction des prêtres, dans un but national; car il n'y avait point d'esclaves sous les Achéens et les Éoliens. L'esclavage était tellement en horreur chez les peuples autochthones grecs, que les
J. Strabon, 1. ix, p. 406. Il dit 30 stades = à 5,557 mètres.
2. UlridJê.- îlîcifen un» gctf*ungen in ©viecfienlanb, 1840, p. 209.