‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 196 sur 298 · Strabon, 1. ix, p · texte numérisé non relu

Strabon, 1. ix, p

ACROPOLE DE TIRYNS.

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Phocéens et les Locriens, dans des temps relativement récents, interdisaient leur profession à ceux de leurs concitoyens qui louaient à gages des esclaves pour les faire travailler. Le peuple constructeur de la plaine pélasgique d'Argos, les prétendus cyclopes, étaient des agriculteurs conquis et soumis, des Pélasges servant les Achéens comme tèléontes. Les cyclopes, comme manœuvres, ysipoyaaropsç, vivant du travail de leurs mains, expriment on ne peut mieux, d'une manière mytho-symbolique , les corvées de la multitude. Quand Danaos vint à Argos, il ordonna que le peuple qu'on nommait Pélasgiotes fût appelé Danaéen'. Ces cyclopes constructeurs, comme nous venons de le dire , n'étaient que des Pélasges agriculteurs conquis et corvéables. Proitos, descendant de Danaos, leur fit élever les murs de Tiryns-. Danaos était un Grec septentrional et non un Égyptien. Il sut établir des puits dans le pays aride qu'il conquit, améliorer l'agriculture par des irrigations , faire profiter les champs de la grande puissance du soleil. Il établit le culte d'Apollon à Argos ^.

C'est sur un rocher oblong ayant la forme d'une semelle, dans la direction du nord au sud et s'èlevant seulement à dix mètres au-dessus de la plaine, qu'était bâtie l'acropole de Tiryns *. Au nord elle fait face à Mykène et au sud à iNauplie. Elle avait 230 mètres de longueur, dont un tiers formait sa largeur. Le mur d'enceinte antique suit la sinuosité horizontale et supérieure du rocher dans toute son étendue ; le rocher est plus escarpé à l'ouest qu'à l'est. Ce mur est entièrement détruit sur plusieurs points ; mais il est conservé en plus grande partie dans sa puissance indestructible et comme l'exemple le plus remarquable de la plus ancienne construction solide de maçonnerie, et que les Grecs eux-mêmes regardaient avec stupéfaction comme une œuvre surhumaine. La partie méridionale de l'acropole est la plus élevée ; elle est surtout enceinte d'une muraille formidable, et séparée dans sa partie la plus étroite de la partie septentrionale plus basse par un mur transversal. Le

1. Euripide, Archélaos, cité par Stnibon, p. 221. — 2. Strabon, 1. viii, p. 372,

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