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furent appelés à achever jusqu'à sa perfection la construction hiératique au moyen du génie d'invention et de l'activité industrielle de ses habitants. Les colonies qui allèrent en Occident sous la conduite de prêtres delphiens ont certainement eu , sous ce rapport, une grande influence, et elles réagirent avec edicacité sur les villes de la même patrie. Si ce fut un Corinthien, nommé Spintharos, qui fut chargé de la réédification du temple de Del|)hes vers la lviu*' olympiade, cela prouve qu'à cette époque l'école corinthienne était regardée comme celle dans laquelle l'idée du temple dorique était arrivée à son développement le plus parfait, en conformité de l'opinion des prêtres de Delphes.
Quand bien môme l'architecture dorienne aurait offert un vaste champ à l'esprit d'invention de l'homme et aurait pu arriver insensiblement à sa conclusion définitive au moyen d'efforts et d'émulation, cette architecture fut néanmoins, dès l'origine, quelque chose de strictement fixé par des règlements sacerdotaux, et lors de son apogée et de sa perfection, elle resta achevée et immuable. C'est pour cette raison même que cette architecture, comme les constitutions doriennes, a pu tout aussi difiicilement se répandre; elle ne pénétra et ne fut adoptée que dans le rayon sur lequel s'étendait l'inlluence de Delphes.
Il se forma, en opposition de l'ordre dorique, une architecture ionique dont le développement était indépendant et franc des règles immuables et libre de s'assimiler ce qui pouvait lui convenir. Dans cette architecture la colonne est affranchie du rapport forcé qu'elle avait avec le mur du temple dorique. La cella du temple est distincte du portique , et une galerie à jour formée de colonnes circonscrit l'ensemble du temple à l'extérieur. Le pied de chacune des colonnes ne pose pas immédiatement sur le sol commun , elle reçoit une base spéciale et elle revêt le caractère d'une chose particulière et existant pour elle-même. Dans l'ensemble des rapports du soubassement avec le monument qui y -est élevé , il y a un adoucissement qui se manifeste aussi dans les divers détails. On y voit au lieu du strict possible , du strict admissible , une grande variété de formes. Cette architecture ouvrit un vaste champ aux exigences locales, au goût personnel , et tandis qu'il existe dans tous les monuments doriens une grande sobriété d'ornementation et, quant à la disposition générale, selon le précepte delphien , la mesure en toutes choses, les Ioniens agirent plus librement avec leurs moyens, ([u'ils semblent
avides d'exposer aux regards, ce qui est cause aussi que leurs plus anciens temples ont eu une étendue prodigieuse.
Cette opposition à l'ordre dorique est née et s'est développée dans rionie asiatique. Au commencement du vni*^ siècle avant l'ère vulgaire, l'intluence de l'Asie Mineure commença à se faire sentir sur les côtes de la Grèce européenne ; la population ionienne , asservie par les Doriens dans ces régions , s'émancipa et alors aussi le style ionien y fut introduit et pratiqué. Cela eut donc lieu sous la tyrannie et fut une déclaration hostile au dorisme et à la puissance illimitée du trépied de Delphes, lorsque Myron ])àtit à Olympie un trésor d'ordre ionique tout à côté du dorique qui y existait '.
). E. Curtins, ©ricdufrfïe @cfrfnd)fe, 1857, vol. I, p. 42R.