CANNELURE DES COLONNES
caractère empreint d'élégance, de goût et de sobriété, » le génie grec ne se heurta pas longtemps au nu et au laid des faces planes et prismatiques des colonnes. On doima donc une surface concave à ces faces, dont on détermina le nombre à vingt, afin que leur arête formât un angle droit, ce qui ne peut avoir lieu d'une manière aussi absolue avec aucun autre nombre. 11 n'y a que peu d'exemples de colonnes à seize cannelures ; ils sont très-anciens. Là, la division en seize cannelures a évidemment été adoptée dans le but de produire de l'effet, vu de loin. Cette division en vingt produit aussi une arête sur les diagonales du tailloir et une arête de la plus forte saillie possible dans cette disposition, pour recevoir la pression de la masse qui s'élève au-dessus.
11 n'y a évidemment que trois manières simples de canneler les colonnes : 1° par des convexités seules; 2° par des concavités seules; o° par l'alternance de concavités et de convexités. Les Grecs eurent encore le tact et le bon goût de choisir et de se servir de la plus élégante de ces trois manières. Dans les cannelures doriques, l'œil voit toutes les lignes verticales qui les forment, ce qui produit la fermeté et la force; dans ces cannelures, il y a une distribution de lumière qui, par ses clairs et ses ombres, contribue beaucoup à accentuer la forme du cylindre cannelé et met dans l'ombre et le reflet la partie non éclairée de la colonne, de telle manière à lui donner beaucoup de puissance tout en lui laissant une grande légèreté. Ces effets ne sont point produits par une surface godronnée (à convexités seules) ou ondée (à convexités et concavités alternantes). La cannelure dorique offre un aspect de moelleux et d'harmonie dans les clairs, les reflets et les ombres, que toutes les autres formes sont impuissantes à donner. C'est dans la découverte de cette qualité et dans son intelligente application qu'on reconnaît encore le tact fin, le bon goût et le sentiment du beau chez les Grecs. Tout dans leur architecture est ferme, accentué, et cependant rien n'y est dur, sec, ni choquant le sens de la vue et l'esprit.
Quoique les temples grecs aient tous une forme à peu près semblable, quoiqu'ils se composent tous d'un rectangle plus ou moins grand, plus ou moins oblong, on en distingue cependant plusieurs espèces qu'on reconnaît entre elles par la disposition du plan et le nombre des colonnes.
D'abord par la disposition da plati :
1" Le temple m antis est celui qui a des antes, anlx, des pilastres aux angles des murs de face, deux colonnes sous le fronton, et point
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de portique. De cette espèce sont les temples de la Victoire sans ailes à Athènes, et de Dionysos à Myiis en lonie ;
2" Le temple jjro.s/)//e, celui qui a un portique sur sa face principale. Aucun monument antique de cette espèce ne s'est conservé;
3° Le temple amphiprostylc, comme celui sur l'Ilissus à Athènes, qui a des portiques sur ses deux façades principales ou transversales ;
k° Le temple périptère, qui est entièrement entouré d'une colonnade, comme le Parthénon, le temple de Thésée à Athènes et celui de Zeus à Némée ;
5° Le temple pscadopcripthc. celui qui est entouré de demi-colonnes engagées. Il ne nous en a été conservé aucun exemple ;
6° Le temple diptcrc, entouré d'une dou])le rangée de colonnes, comme celui d'Apollon Didyméen, près Milet, bâti par Chersiphron ;
7° Le temple pscudodiptcrc , comme celui d'Artémis Leucophryne à Magnésie, entouré d'une seule rangée de colonnes, mais qui laisse à l'intérieur la place pour une seconde rangée.
Secondement par le nombre des colonnes sur la façade à fronton :
1" Temple tétrastyle, à quatre colonnes sur la façade ;
2° Temple hexastxle, à six colonnes ;
o° Temple octastyle, à huit colonnes ;
W^ Temple décastyle, à dix colonnes ;
5° Temple dodécastyle, à douze colonnes.
On distingue encore les temples grecs par l'entre-colonnement de leurs galeries ouvertes ou colonnades.
On nomme temple pycnoslyle celui dont l'entre-colonnement n'a qu'un diamètre et demi de la colonne à sa base ;
Sy style, celui de deux diamètres ;
Eusiyle, celui de deux diamètres un quart ;
Diaslyle, celui de trois diamètres;
Arèostyle, celui dont l'entre-colonnement est plus grand que ceux des précédents, et dans lequel il est arbitraire.
Le temple hypèthre était périptère, mais il se distinguait des autres temples par une disposition particulière de l'intérieur. Il y avait dans la cella, au centre et sur chaque face, une rangée de colonnes ; par cette ordonnance, la cella était divisée en trois nefs ou vaisseaux, dont celui du centre était ouvert et sans couverture.
Voici les principales parties dont se composaient les temples grecs :
1° Le soidjasscment et les marches, suyyeslus. y.or,~l:; ou x.p-/;7wi^w[xa ;