‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 229 sur 298 · Thucydide, 1. vi, cli. liv · texte numérisé non relu

Thucydide, 1. vi, cli. liv

kl2 LIVRE PREMIER.

Pisistratides ne négligèrent rien pour lui donner une importance croissante, au moyen des rapports étroits qu'ils établirent entre elle et les îles et les côtes de la mer Egée.

Dans ce but, Athènes devait s'approprier les trésors intellectuels des rives d'en delà de la mer, oi^i s'étaient épanouis avec tant de bonheur la recherche et l'examen sérieux, ainsi que l'art doux et gracieux du chant. Dans ce dessein, Pisistrates imita les efforts tentés par Selon, qui consistaient à vulgariser à Athènes l'Homère de l'ionie, afin de concourir à l'éducation de la jeunesse comme à l'ornement des fêtes publiques. Mais sur ce point aussi, un ordre plus sévère et plus grave devait être introduit ; Athènes devait avoir la gloire que, dans son sein, les antiques poèmes fussent en premier appréciés dans leur ensemble et arrivassent à une rédaction exacte et positive. Voilà pourquoi Pisistrates réunit autour de lui un cercle d'hommes savants qui avaient mission de recueillir des manuscrits, de comparer des textes, de déterminer les lectures vraies, de rejeter ce qui était étranger, de rassembler ce qui était dispersé et de déterminer définitivement, dans une forme universellement acceptable, l'épopée comme un vaste ensemble, comme un titre, comme un document hellénique national.

Mais les Pisistratides ne voulaient pas seulement empiler, emmagasiner ce que les temps passés avaient créé et légué; leurs efforts tendaient à protéger et à faire lleurir un art vivant, un art contemporain, et à s'entourer de ceux qui en étaient les maîtres. Tous les esprits et les génies, qui brillaient dans les arts et les sciences, se donnaient rendez-vous à Athènes. Les hommes les plus illustres du temps apprenaient à se connaître et à s'apprécier *.

L'administration des Pisistratides avait donc jeté les fondements d'une heureuse et brillante époque pour la civilisation toute ionienne d'Athènes et de l'Attique. Elle donna une nouvelle impulsion à l'activité humaine dans toutes ses branches. Si la Grèce avait pu jouir de la paix et de la tranquillité, elle serait immédiatement entrée dans une phase favorable aux arts; mais le résultat des conjonctures qui se développèrent en décida autrement. Les menées des partis oligarchiques, la guerre avec les Perses brisèrent tout et réservèrent au siècle de Périklès le déploiement de cette magnificence athénienne qui fait encore aujourd'hui, après vingt-deux siècles, l'admiration de la postérité. Si les plans et les vues de Pisistrates eussent été exécutés

1. E. Cnrtiii.<;, (ync^ifctc (S)efd?it()te, t. I, 1H57, p. 297 et .suivantes.

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