Thucydide, 1. ii, vh. xxxviii à \u
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furent jetées les bases sur lesquelles les arts devaient s'élever si majestueusement dans la suite. Les germes de la beauté furent déposés dans des conceptions vastes, mais simples, beauté qui devait s'épanouir si magnifiquement avec le temps, et de laquelle les Grecs seuls étaient appelés à écarter ce qu'elle avait d'austère et de grave.
Ce puissant développement de l'art dut malheureusement subir une interruption par la guerre que les Perses portèrent en Grèce, pendant la 68® olympiade, environ 50k ans avant l'ère vulgaire. Cette guerre enraya ce que l'activité de l'intelligence de plusieurs siècles avait conçu. Toutefois, les -batailles de Marathon, de Platée et de Mykale délivrèrent les Grecs du joug étranger qui les menaçait, et la Grèce devint plus forte et plus brillante qu'elle ne l'avait jamais été.
C'est à Périklès qu'est due cette situation. Son administration dura de 464 à 429. Périklès, si puissant par sa parole, sa volonté et son action, établit, consolida et augmenta la prépondérance d'Athènes. Il régnait en maître absolu par ses vertus et par son caractère personnel, et parce qu'il avait le secret de rapporter toute sa puissance et la décision des questions politiques à l'assemblée du peuple, sachant habilement le faire plier à ses volontés, tout en ne dérogeant pas à l'honneur. Il est tout aussi glorieux pour Périklès d'avoir su comprendre la manière de guider le peuple, que pour ce dernier de s'être laissé guider. N'ayant pas acquis son autorité par des moyens illégitimes, il ne cherchait pas à débiter au peuple des phrases qui lui fussent agréables ; mais il conservait sa dignité et osait même le contredire et lui témoigner sou ressentiment'. Par son talent h offrir au peuple les jouissances intellectuelles les plus nobles et les plus délicates, malgré le joug de son autorité sans bornes, à laquelle il donna en outre un nouveau mais honorable auxiliaire dans les chefs-d'œuvre de l'art et de la science qu'il évoqua et favorisa avec tant de magnificence, Périklès commande d'autant plus d'admiration pour sa personne, qu'il est certain qu'à sa place la plupart des hommes, ayant ses défauts, n'auraient point eu ses vertus, et, do plus, ne les auraient point eues aussi brillantes! 11 prenait pour guide l'idée formée dans son esprit d'une existence entourée de beauté et de noblesse, digne en tous points de l'homme, digne d'être traversée par lui, et, cette existence, il avait la volonté de la réaliser à Athènes. Selon lui, le corps entier