‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 241 sur 298 · Thuejdido, 1. ii, ch. i.xv · texte numérisé non relu

Thuejdido, 1. ii, ch. i.xv

du peuple souverain devait se pénétrer de la puissance calme du génie et. de conceptions aussi belles cjue vastes : le peuple en fut eiïeclivement pénétré aussi longtemps que Périklès le conduisit, et môme à un degré supérieur à celui C{u'on rencontre ailleurs dans l'histoire universelle. Périklès se trouvait au sein d'un peuple d'hommes libres, possédant la participation indépendante aux affaires publiques, le libre arbitre dans la vie politicpie et domestique. Sa position, au milieu de cette nation d'hommes libres, était celle d'un simple particulier, sans charge publique importante, sans puissance politique ; il avait moins de pouvoir qu'un édile romain pour assurer l'obéissance à ses ordres. Cependant, il exerçait une autorité intellectuelle sur les masses, telle que ne l'exerça jamais un souverain de sang royal. On peut juger le plus clairement oîi Périklès voulait amener le peuple, dans quel but il amassait dans Athènes les vigoureux moyens de la puissance et de la richesse, quand on embrasse d'un coup d'œil les restes de l'architecture et de la plastique exécutés sous son administration. Car, lorsque d'abord Thémistokles, Kimon et Péi'iklès lui-même eurent assuré la sécurité de l'État par la fortification de la ville et du port, par l'établissement des longs murs, Périklès eut le pouvoir d'amener le peuple athénien à dépenser la plus grande partie de son budget des recettes à l'embellissement de la ville par des œuvres d'architecture et dé sculpture en grand nombre et d'un mérite qui ne fut jamais atteint, ni avant ni après, sous la république ou sous la monarchie'.

Périklès, ayant transféré le trésor des alliés de Délos à Athènes, y puisa pour embellir cette ville, et justifia publiquement devant le peuple l'emploi magnifique qu'il en faisait. Dans la suite, lorsque ses ennemis le calomnièrent, il demanda au peuple s'il croyait véritablement qu'il eût dissipé les deniers publics; ayant reçu une réponse affirmative, il s'écria : <( Eh bien ! soit ; mais ce n'est point votre fortune que j'ai employée, c'est la mienne, et je mettrai mon nom sur les vases sacrés ! » Alors le peuple étonné et ému le laissa libre de l'enq^loi du tré.sor public'-.

Par son intuition du beau, par la sage conception des œuvres à créer et le choix éclairé des artistes chargés de ,les exécuter, par son génie en un mot et sa puissante volonté, Périklès poussa au plus beau développement de l'Architecture et de l'art plastique en Grèce. Il

1. K. 0. Millier, Hhl. de la Ultéralure firmjui>, 2 \u\. in-R, 1857, v. II, p. 13.

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