‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 242 sur 298 · Plutarque, Vie de Périklès, c\i. xiv · texte numérisé non relu

Plutarque, Vie de Périklès, c\i. xiv

DÉMOCRATIE CRECOUE. M)l

n'en pouvait êlre autreinonl sous l'aduiinist ration d'un honimo qui avait pour amis et maîtres un Damon, un Anaxagoras, un Pythakeidès et un Zenon; un Phidias, un Korœbos, un Mnésiklès, un Métagènes, un Kallikratès et un Iktinos.

Sous l'administration de Périklès, lorsque les alliés payaient un tribut de 600 talents, on suppose que les revenus de la république étaient de 1000 talents. Si l'on considère que les Propylées et leurs dépendances coûtèrent 2,012 talents, on ne saurait estimer en dessous de 8,000 les frais des constructions faites sous Périklès: l'Odéon, le Parthénon, les Propylées, le temple d'Eleusis et les autres sanctuaires de l'Attique , ceux de Rhamnus et de Siinion , y compris les peintures, les statues d'or et d'ivoire, telles que la Pallas du Parthénon, etc.'. L'or mobile employé à la gigantesque statue protectrice de la ville, exécutée par Phidias, ne montait pas à moins de kO talents.

La constitution politique d'un peuple exerce toujours une action puissante sur le développement de son architecture : cela est surtout frappant en Grèce. Le gouvernement appelé tyrannie en grec, auquel il ne faudrait pas donner la mauvaise acception du mot français, et la démocratie mûre, sage et ordonnée, ont été on ne peut plus favorables aux beaux-arts, et particulièrement à l'art de construire selon les règles du beau. Nous avons vu ce que la tyrannie avait su produire en fait de monuments; ce qu'elle commença à ébaucher fut continué et achevé par la démocratie mûrie qui sut sauvegarder la liberté tout en conservant les hiérarchies sociales, les hiérarchies naturelles, sans lesquelles il n'y a ni société ni état possibles.

La démocratie grecque maintint les hiérarchies, parce qu'elle sentait qu'elles donnaient des garanties d'intelligence,, de vertu et de sécurité sociales qu'une multitude sans rapports réciproques refuse à la grande assemblée de la tribu des familles. La démocratie grecque maintint encore les hiérarchies sociales, parce qu'elle voulait empêcher le jeu de l'intrigue, la surprise, la ruse de tout aventurier qui, autrement, aurait pu faire main basse sur le pouvoir, anéantir la constitution, la remplacer par ses idées et ses conceptions personnelles, et détruire ce que des générations entières avaient élaboré pour la paix, le bien-être et la prospérité nationale.

Quand la théologie d'un peuple est rationnelle, quand elle enseigne,

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