‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 26 sur 298 · II. DU NOMBRE QUATRE ET DU CUBE · texte numérisé non relu

II. DU NOMBRE QUATRE ET DU CUBE

Le nombre quatre, considéré dans son rapport avec le nombre trois, semble en être sorti immédiatement; il semblerait même qu'il a été déterminé par le nombre trois. Mais si ce dernier, pris comme l'unité fondamentale et réelle, indique l'Être suprême et tout parfait, il faut que le nombre quatre représente ce qui en est émané et ce qui est sous sa dépendance. Nous avons vu que le nombre trois est l'apanage de l'action divine qui crée, qui produit; le nombre quatre est le signe de ce qui est créé. En un mot, si le nombre trois est le nombre de Dieu, le nombre quatre est celui de la nature, la somme de tout ce qui est créé, du monde entier.

L'univers, en effet, porte en lui le nombre quatre dans ses deux formes les plus générales, dans le temps et l'espace. II y a quatre éléments, quatre points cardinaux, et, ainsi que l'étendue immense, chaque espace se meut dans le nombre quatre, parce qu'il faut ce nombre à chaque corps pour son étendue. Le nombre quatre est par conséquent le nombre de la corporéité. Il est encore celui de la division du temps, en tant que la période première du jour et de la nuit contient en elle les autres subdivisions du matin, du midi, du soir et de la nuit. L'année aussi a quatre saisons : le printemps, l'été, l'automne et l'hiver. Les quatre éléments, les quatre points cardinaux, les quatre divisions du temps forment la base de l'ordre et de la régularité de l'univers. La forme carrée, exprimant cette régularité, était devenue la plus belle de toutes. Les anciens l'appelaient xd(7[xoç, c'est-à-dire le type accompli et la somme de toute beauté. Le nombre quatre est celui de la révélation divine, et, en dernier lieu, Dieu, dit-on, s'est servi de quatre évangélistes , dont les symboles, du lion, de l'aigle, du taureau et de l'ange, représentent la puissance, la rapidité, la sagesse et la beauté. Le polyèdre ou corps solide qui correspond au nombre quatre est le cube, terminé de tous côtés par des faces carrées qui ont quatre lignes comme périmètre et quatre angles. Le lieu très-saint du temple de Salomon , h. Jérusalem , était un carré de vingt coudées. La hauteur étaitégalementdevingt coudées. Il formaituncube.

Chez les Indiens, le Upnekhat établit la reproduction de quatre manières. Les figures de la trinité, Brahma surtout, ont quatre têtes, quatre bras, quatre jambes. Ce peuple se figurait le monde sous la i. 7

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