‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 27 sur 298 · CHAPITRE GINOIIIKMK · texte numérisé non relu

CHAPITRE GINOIIIKMK

forme d'un carré. Le Ramayana fait supporter le inoiide par quatre êtres placés aux quatre points cardinaux : à l'est, Indra ; au sud, Yama ; à l'ouest, Varana ; au nord, Kouvero. Nous citerons encore ici le carré mystique, le signe de Saturne, le signe des planètes, généralement répandu dans l'Inde et qu'on regarde comme un talisman ou qu'on porte comme amulette. Le plus simple de ces carrés se compose de neuf nombres primitifs, placés sur trois rangs et disposés de telle sorte que le produit de chacun, même des diagonales, forme le nombre quinze :

Le nombre cinq est nécessairement au centre. 11 est regardé comme l'âme du monde. Les pythagoriciens l'appellent voù;.

Dans le système religieux des Égyptiens nous retrouvons encore le nombre quatre. Après Amon , composé de la trinité d'Amon , de Mouth et de Khons, suivent quatre couples de divinités qui ne sont autres que la personnification des principes par lesquels le monde commence à exister, ce sont : le feu et l'eau, le ciel et la terre, le soleil et la lune, le jour et la nuit '. Le nombre quatre, admis pour la disposition régulière du monde, semble paraître surtout dans le sistre. C'était un instrument circulaire au sommet, auquel étaient adaptés quatre petits bâtons qu'on mettait en mouvement : car la partie du monde, dit Plutarque-, qui commence et qui finit, est embrassée par le disque de la lune. Dans ce disque tout est mis en mouvement et changé par les quatre éléments : le feu, la terre, l'eau et l'air. On battait la mesure sur le sistre, pendant la musique sacrée, pour indiquer la mesure, c'est-à-dire les lois, l'ordre de la nature. Cette musique rappelle encore la quadruple harmonie indienne du monde. Le nombre quatre a servi de base à la division politique, en classes, chez les Égyptiens. Thoth, le Mercure égyptien ^, dont la

1. ©ôrrcê, 9JÎ!jt^eiujefd)id)tc, IP vol., p. 369. — 2. De Osiride et IsiJe, cap. i.xiii. 3. Cliaiupollioii, Letlres, etc., p. 150.

trinité forme l'intelligence personniliée, qui est l'auteur des règles et des lois par lesquelles le monde a reçu son ordre, sa re'gularité, contient aussi l'idée de la révélation. 11 est le dieu moral, il est nonseulement l'inventeur de toutes les sciences, mais encore de la parole et de l'écriture, qui sont les instruments les plus innncdiats d'une révélation divine. Hermès est le logos dans ses deux principales significations, la raison et la parole. 11 coïncide avec le Bouddha indien. Artémidore d'Éphèse le nonmie tout uniment TSTpaywvo; '. Ses insignes sont, comme ceux de Bouddha, le nombre quatre et le carré. Les plus anciennes statues de Mercure ne sont que des polyèdres carrés, dont la hauteur augmenta dans la suite et qui furent surmontés d'un buste. Les Grecs les appelaient des Hermès. Les livres écrits de la révélation des Égyptiens, les livres d'Hermès, qui contenaient la volonté des dieux, étaient divisés, comme ceux des Indiens, en quatre parties -.

Chez les Pythagoriciens, le xerpaxTÙç , quatcrnio, quatre, était non seulement regardé comme l'unité, le nombre primordial de toutes choses, mais plus particulièrement comme l'expression du xoc[jloç, modus et ratio, la mesure, la quantité et l'ordre, la disposition, en un mot, le monde ordonné par le nombre et la dimension, le type et la sonnne de l'ordre, de ce qui est réglé par des lois. En dernier lieu enlin, nous rappellerons que tous les paradis, la première création de Dieu, la plus immédiate, sont carrés; ils contiennent encore quatre grands fleuves.

L'antiquité grecque donnait aussi une signification spéciale au nombre quatre. Xuthos, gendre de l'Athénien pélasgique Erechthée, établit la tétrapole athénienne d'Oinoe, de Marathon , de Probalinthos et de Trikorythos. Les Dorions habitaient une tétrapole décrite par Strabon : c'était Erineos, Boion, Pindos et Kytinion.

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