‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 281 sur 298 · DECADENCE DE LA GRÈCE · texte numérisé non relu

DECADENCE DE LA GRÈCE

or lui ouvrit la Grèce, lui procura des soldats pour augmenter son armée, et qu'un homme conmie Phokion était pénétré de l'idée qu'il valait beaucoup mieux soumettre les États libres h un maître héréditaire et constitutionnel , que de courir les chances d'avoir tôt ou tard pour despote un brigand ou un aventurier quelconque.

A l'époque dont nous nous occupons, le luxe s'introduisit dans la société grecque, mais un luxe indépendant du sentiment du beau, qui consistait surtout en produits industriels inutiles à la sociét(î. Ce luxe fit naître une foule de professions mécaniques, contraires à la noblesse des sentiments. C'est ce qui faisait dire à Platon ' : « Qu'il n'y ait chez nous ni or ni argent, qu'on n'y travaille point à s'enrichir par de vils métiers, par des usures, par des trafics honteux de bétail, mais par le seul commerce des choses que produit l'agriculture. » Aristote, de son côté, prétendait que « ce peuple d'ouvriers, de boutiquiers, de gens de peine, exerce des professions qui ne le portent] point à la vertu ^. — Dans les temps antiques de la Grèce , dit-il encore, les peuples supportaient la royauté, parce qu'ils n'étaient ni pillés ni troublés dans leurs travaux, ce qui laissait aux uns la facilité de s'enrichir, et aux autres celle d'arriver à l'aisance. » «Si l'on passe continuellement d'un changement à un autre, dit Platon , si les jeunes gens ne se plaisent jamais aux mêmes choses, et n'ont point de règle uniforme et invariable pour ce qui est décent * ou indécent dans les vêtements destinés à couvrir les mêmes corps et dans les autres choses qui sont à leur usage ; si on rend parmi eux des honneurs extraordinaires à quiconque invente toujours quelque chose de nouveau, introduit dans les vêtements, les couleurs, et toutes les choses de ce genre, des modes différentes de celles qui sont établies, nous pouvons assurer, sans crainte de nous tromper, que rien n'est plus funeste à un État. L'amour des richesses ne permet point de s'occuper d'autre chose que de sa propre fortune; de sorte que Tàme de chaque citoyen, suspendue tout entière à cet objet, ne peut penser qu'au gain de chaque jour. Ils sont donc tous très-disposés à apprendre et à cultiver en leur particulier toute science , tout exercice propre à les enrichir, et ils se moquent de tout le reste. — Pour satisfaire le désir insatiable de l'or et de l'argent, on embrasse volontiers tous les métiers, tous les moyens, sans avoir égard si ces moyens sont honnêtes ou non , pourvu qu'ils

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