Plutarque, De hide et Osiride, ch, jljli
HELIGIOM DES ÉGYPTIENS. 125
forma enlin l'idée d'un éternel courant du temps, que les Égyptiens se représentaient comme séparé et ind('pendant des trois autres parties essentielles et primitives du monde, profluant en toute liberté à côté d'elles. Ces quatre grandes substances étaient, pour les Égyptiens, les éléments constitutifs, primitifs de l'univers; la somme des diverses formes et apparences dans la nature n'était que It produit de l'action collective de ces quatre facultés primitives.
Or, si le monde, dans sa forme actuelle, ne semblait être que le développement d'apparences infinies dû aux facultés précitées , ces facultés devaient avoir existé intactes dans leur ensemble, sans avoir encore rien développé, à une époque antérieure à l'univers, dans un temps où le monde ne s'était point encore formé dans son apparence actuelle par le concours simultané des quatre essences primordiales, incréées et éternelles. Dans leur sein régnait l'unité , composée de ces quatre essences, et cette unité était la divinité primordiale. On n'alla pas au delà de cette divinité : elle était considérée comme la limite extrême de l'imaginable : on la plaça en tête de tout ce qui existe. « Avant l'existence de tout ce qui est, dit Janiblique \ il n'y a, selon les Égyptiens, qu'une première et unique divinité. »
Les Égyptiens ne concevaient nullement cette divinité primordiale comme un être incomplexe et uniquement spirituel : pour eux, elle était composée, synthétique, renfermant les germes du monde futur, ceux de la masse universelle informe, elle était divinité et monde simultanément, non encore séparés , n'ayant point encore de formes. C'est, par conséquent, dans le sein de cet Un primilif, que se trouvait en un faisceau, assemblé et réuni, tout ce qui devait être isolé dans le monde; dans son sein se trouvait de même tout ce qui était particulier à chacune des divinités isolées. La divinité éternelle ne faisait encore qu'un avec le monde, comme dit Plutarque^. En opposition au monde créé, la divinité primordiale était nommée Dieu sans commencement ni fin^, c'est-à-dire éternel. Ensuite comme on n'était parvenu à la conception du Dieu éternel que par voie de conséquence, tandis qu'au contraire l'existence du monde peut être aperçue au moyen des sens. Dieu fut nommé l'invisible, le caché, Amon \ c'est-à-dire non perceptible directement par les sens. Cette