‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 41 sur 298 · Tracé de la colonne égyptienne · texte numérisé non relu

Tracé de la colonne égyptienne

tement des quatre angles : cet abattement est destiné à agrandir l'espace et à empêcher de se blesser. Plus tard, avec le développement du gofit, ces huit faces furent insensiblement augmentées jusqu'au nombre de douze, de seize, de vingt et de trente-deux. Ensuite, avec tm nouveau développement du goût, l'on convertit les surfaces planes en surfaces concaves, à l'exception de l'une des seize, laissée plane pour y placer une ligne verticale d'hiéroglyphes.

Quant aux piliers carrés, ils furent dans l'origine ornés de peintures, remplacées plus tard par la sculpture: les plantes en faisaient d'abord tous les frais. On y représenta des tiges surmontées de boutons qui formèrent tout naturellement les chapiteaux. Dans cette disposition, les angles ou arêtes du pilier restaient visibles. On les abattit enfin, et on eut la colonne à faisceau semblable à celle qui existe à Béni-Hassan. Mais les quatre tiges de plantes assemblées de cette manière n'offraient point de solidarité entre elles et ne contentaient point non plus l'œil. On remédia à cet inconvénient en simulant une ligature au sommet, à l'endroit où elles rejoignent le bouton ou chapiteau. Là aussi, dans la quantité des ligatures, l'effet et la propriété du nombre se sont fait sentir. Le nombre pair ne satisfit pas la vue, et l'on trouve effectivement le nombre impair cinq dans les bandes formant la ligature supérieure des colonnes égyptiennes, coinnu' à Béni-Hassan, à Médinet-Abou, à Karnac, à Kourna, et partout ailleurs dans les monuments de la belle époque.

Si le faisceau à quatre tiges de la colonne semble né d'une manière naturelle du développement architectonique, il importe cependant de faire remarquer aussi que les Égyptiens vouaient, comme les Indiens, une grande vénération à la belle plante du lotus [Xymphœa nclumbo, nelumbium speciosum, Nilûfar). Les Égyptiens représentaient l'univers par cette plante, et Harpokrates, fils du Soleil ou d'Osiris, est figuré s'élevant d'une fleur de lotus épanouie. Au soleil levant le lotus sort des eaux sacrées du jNil et montre les quatre grandes feuilles capitales de son calice gracieux. Il est vraisemblable que les Égyptiens empruntèrent à la forme de la fleur de lotus l'apparence de leurs colonnes à faisceau composé de quatre tiges et qui forment en plan un véritable quatre-feuilles. 11 était dans le génie des architectes primitifs de s'inspirer des beautés qu'ils remarquaient dans le règne végétal, pour les faire entrer ensuite, métamorphosées, dans certaines parties des temples élevés aux di\inités.

La colonne circulaire ou composée une fois inventée et adoptée.

STYLES DANS L'ARCHITECTURE ÉGYPTIENNE. Ul

d'autres combinaisons eurent lieu. La tête d'Isis fut placée comme chapiteau sur le fût, et la figure d'Osiris n'était qu'une addition au primitif pilier carré, comrne à Sedinga et au palais de Loucjsor.

La lumière et l'air pénétraient dans les salles et les corridors des temples et des palais par des ouvertures pratiquées dans la couverture. Ces ouvertures étaient de médiocre dimeasion ; oblongues, elles s'élargissaient vers le bas dans l'épaisseur de la toiture ou plafond. Il y avait cependant aussi des fenêtres dans les murs verticaux des édifices égyptiens : elles étaient également très-exiguës, de la même espèce que les précédentes, et n'ayant souvent que 0,35 centimètres carrés de baie. D'autres fenêtres, établies dans les murs latéraux des temples avaient environ un mètre de largeur, et la moitié du vide était occupée par les meneaux. Elles avaient des embrasures intérieures à fort évidcment; elles étaient établies en retraite sur le mur et offraient un assez large tableau. Ces fenêtres étaient d'une épaisseur telle qu'elles laissaient bien pénétrer la lumière et l'air à l'intérieur, mais sans laisser entrer les rayons du soleil. Les fenêtres, dans les monuments égyptiens, étaient toujours placées sur l'axe de l'entre-colonnement. Le verre, comme vitre, n'était point employé en Egypte.

Les plus anciens monuments égyptiens, qui sont aussi les plus anciens élevés par les hommes, sont les pyramides; elles forment un style particulier d'architecture qu'on retrouve en Assyrie, en Babylonie et en Amérique. Les pyramides d'Egypte sont, indépendamment de leur âge, des constructions très-remarquables par les règles employées dans leur conception, règles qui se sont transmises d'âge en âge, de peuple à peuple, pendant une longue suite de siècles. Il est donc nécessaire de leur consacrer une étude toute spéciale.

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