‹ Histoire générale de l'architecture (volume 3)Chapitre 6 sur 298 · Diodore, 1. m, ch. th · texte numérisé non relu

Diodore, 1. m, ch. th

hk ' CHAPITRE PREMIKR.

c'est-à-dire quo là les hommes se réunireiil avec leurs troupeaux en tribus ou en sociétés. Dschemschid forma un peuple de ces tribus et devint dès ce moment chef des peuplades et des troupeaux, ce qui veut dire fondateur d'un em])ire. Dschemschid reçoit d'Ormouzd, l'être di\in. un poignard d'or, c'est-à-dire inie charrue, symbole de l'agriculture, et l'ordre d'habituer le peuple à la culture de la terre. Mais l'hiver rigoureux s'était montré dans Airjanem Vaêgo, où autrefois il y avait eu sept mois d'été et seulement cinq mois d'hiver; mais du temps de Dschemschid il y avait dix mois d'hiver et seulement deux mois d'été. Alors, sur l'ordre d'Ormouzd, Dschemschid conduisit son peuple d'Airjanem Vaêgo dans la contrée de la lumière, c'est-à-dire au sud. dans un pays plus cliaud. Du siège primitif, l'émigration se dirigea d'abord vers la Soghdianc, de là vers la Margiane et puis dans la Bactriane, le Mschapour, le Hérat, le Caboul, l'Arachosie, le Hindmend et la Rhagiane. Les trois derniers lieux fortunés que le peuple émigré alla occuper sont la Perse, les .sept Indes ou le bassin de l'Indus, depuis la rivière Caboul jusqu'au Setledsch, et enfin le Rhengeiao, qu'il faut chercher à l'ouest de la Perse, dans l'Assyrie supérieure, sur le Tigre et l'Euphrate. Cette migration, arrivée dans des régions plus méridionales et plus chaudes, s'étend ensuite à l'est, vers les contrées arrosées par l'Indus. et à l'ouest vers celles que traverse l'Euphrate, jusipi'en Mésopotamie. Au centre, elle se développe principaleiucnt dans un pays de vallées entouré de courants d'eau, et que Dschemschid admira. Dschemschid peuple cette vaste étendue de pays circonscrit des quatre côtés, et en même temps il le fertilise et le cultive. Il y fonda des villes de 1000, de 600 et de 300 habitants; il établit des rues et des routes ; il introduisit partout l'agriculture et la culture des arbres fruitiers, et se construisit enfin un château sur une éminence.

Sur toute leur route , Dschemschid et son peuple trouvèrent déserts et incultes tous les pays où ils arrivèrent. Dschemschid y conduisit en premier lieu des hommes et des animaux. En comparaison de l'àpreté du cliuKii de son séjour primitif, le peuple se trouva, dans ces contrées nouvelles et fertiles, dans une situation heureuse, en sorte que cette époque fut réputée comme celle de l'âge d'or, suivant la tradition.

Le lieu supposé et probable du siège primitif de la race ariane a déjà été indiqué plus haut, et rien dans l'histoire ne vient contredire l'émigration de cette race ni les directions qu'elle a sui\ies. Le Zend- Avesta, dans sa forme relativement moderne, n'en retrace pas moins sous un fonds ancien le développement géographique et primitif d'une

partie de la race ariane ou indo-germaniquo, dont l'iinitc est constatée par la langue, qui est le sanscrit. La Genèse, au contraire, ne s'occupe que de l'origine et de la dispersion de la race arabe ou sémitique ', dont la langue, les aptitudes et les sentiments n'ont rien de commun avec celles du rameau arian. Il y a dans la Genèse des emprunts faits à la théologie, à la civilisation et à l'histoire des Égyptiens, des Babyloniens et des Assyriens; il y en a d'autres faits aux Orientaux, ce qui s'explique par les rapports commerciaux que les Arabes ont eus dès la plus haute antiquité avec les peuples de l'Inde, de la Bactriane et de la Perse. Mais ce fut principalement après la captivité de Babylone que les Juifs sortirent de leur barbarie et de leiu' ignorance, en restant toutefois dans le génie et l'esprit de leur race. Ils ne concoururent absolument en rien aux progrès de la civilisation ni à ceux du développement de l'intelligence.

Les populations primitives de Tatars, des contrées occidentales, ont disparu sans laisser en aucun lieu de traces de leurs courses ou de leurs séjours, qu'on n'a appris à connaître récemment que par la philologie comparée.

La race sémitique, constituée pour les déserts et la vie errante, se maintint dans les régions où elle s'abattit, malgré l'antagonisme que la race ariane nourrissait contre elle. Cette dernière seule peut s'acclimater sous toutes les latitudes; mais elle fuit les déserts où son activité pour le travail réel ne peut trouver d'aliment. Elle est la race civilisatrice par excellence et la seule qui ait laissé à la postérité des monuments d'Architecture dans tous les pays où elle a pu parvenir. Mais dans l'origine elle ne pratiqua que la bâtisse ou métier d'élever des cabanes destinées à se garantir contre les intempéi'ies du climat. 11 s'écoula des milliers d'années avant qu'elle ne conçût l'édification de temples aux divinités. C'est alors seulement que le sentiment du beau commença à se développer, et c'est alors aussi que du métier on s'éleva jusqu'à l'art, en s'aidant, pour la construction de monuments religieux ou civils, de certaines règles surprises à la nature, du compas, de l'équerre et du niveau.

Tous les peuples de l'Asie occidentale ont eu une antiquité plus reculée que celle qu'on leur assigne habituellement. Il serait vraiment curieux que la civilisation égyptienne se fût trouvée solitaire, unique,

]. Il faut en exceptei- toutefois les Madaï (Mèdes), les Thubal (Tibarènes), les Mesehech (Moschiens), les Gog (Scythes ou Tatars), les Thiras (Thraces), les Javan (Grecs) et les Gomer (Cimbres), qui tous sont des Arians.

/,& ClIAI'ITIîK l'IiKMIKR.

dans la vallée, du Nil, trois et quatre mille ans avant l'ère vulgaire, et que les autres nations de même race fussent restées errantes et sans culture de l'intelligence. L'histoire de la Haute Asie est encore peu connu((. Quand on la connaîtra mieux, de nouvelles lumières jailliront sur l'état des civilisations dont nous n'avons jusqu'à présent que des épaves. Aristote, le grand maître de la pensée humaine, croyait à des civilisations perdues, à des restes heureusement sauvés d'âges antélieiiis. Dans sa métaphysique, on voit qu'il était moralement convaincu, sans pouvoir en donner les preuves matérielles, qu'il avait existé des sciences et des arts d'âges plus anciens que ceux admis par le vulgaire de son temps. Il ne reste qu(! très-peu de monuments du véritahle monde primitif, de l'époque où les hommes de la race assidue au travail se livrèrent i)ar un sentiment naturel, inné chez eux, aux travaux de l'agriculture et de l'industrie rudimentairc qui en dépend. Les montunents les i)lus anciens que nous connaissions, à l'exception de ceux de l'Lgypte et parmi eux ceux de l'ancien empire, ne sont que des secondes éditions archilectoniques, élevés au sein des touiiuentes très-considérables occasionnées par les instincts des trois races qui luttèrent pour l't;tablissement de leur existence politique et civile. Nous parlons des Tatars, des Sémites et des Arians. Pour la haute antiquité dont il est ici question, nous avons cependant quelques indices : le grand âge donné à Zoroastre, aux li\i-es des Turdélans et enfin aux pyramides d'Egypte.

11 est un fait très-remarquable : c'est que trois grands peuples aient vu s'opérer ime réforme religieuse dans leur sein à peu près à la même époque. Le dernier Zoroastre paraît dans la Bactriane, Buddha dans l'Inde, et Confucius en Chine, au vi*' siècle. Le temps était arrivé où ces trois peuples, ayant parcouru une phase identique de développement, durent se trouver sur une même échelle de civilisation morale et intellectuelle. Du vi* siècle datent aussi un certain nombre de monuments d'Architecture chez eux. L'antiquité de la vieille Egypte seule est restée inébranlable^ sur ses gonds de vérité!

MIGRATIONS DES PEUPLES. ZtX

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