CHAPITRE IV
A la suite do l'ccolc toscane d'architecture vient l'ccole vénitienne, (|ui est importante sous plus d'un rapport. Elle n'est pas aussi primitive que l'école florentine, car elle ne s'est développée que vers la fin du quinzième siècle, toutefois avec une originalité élégante cpii s'est prolongée très avant dans le siècle suivant. Parmi les monuments qui appartiennent à cette école, il faut citer d'abord le palais Vendramini à Venise de 1481; sa façade se compose d'un souljasscment, d'un rez-de-chaussée et de deux étages. Le rez-de-chaussée est orné de pilastres, les étages de colonnes corinthiennes. Au milieu du rez-de-chaussée une helle Jiaie donne accès au palais : de chaque côté de cette porte est une fenêtre à plein cintre, divisée en deux par une colonnette: chacune de ces divisions est couronnée également d'un plein cintre : au milieu, sur l'axe de la colonnette, s'élève un lohe ou œil-de-Lœuf circulaire. L'ensemble de cet ajustement est élégant ; aux extrémités de gauche et de droite, il existe une fenêtre jumelle avec linteau droit. Le rez-dechaussée est séparé du premier étage par un enta])lement avec consoles et corniche qui n'attirent nullement la vue. Au droit des cinq fenêtres du premier, l'arcliitecte a pratiqué un balcon léger : ces fenêtres sont plus élancées et par conséquent plus légères et plus élégantes que celles du rez-de-chaussée. Au-dessus de leur lobe central il y a une belle console formant clef du grand cintre des fenêtres. Un second entablement à modillons sépare les deux étages, dont le dernier est couronne d'un troisième entablement, avec une large frise ornée d'écussons, d'aigles et de chevaux. La corniche supérieure est cà modillons en dessous, au-dessus desquels régnent
des petites consoles. Les fenêtres du second étage sont semblables à celles du premier et les colonnes de cet étage sont sans cannelures. Le sentiment de l'antique avec quelques réminiscences du moyen âge toscan pour les fenêtres, régnent dans cette belle façade, qui prouve suffisamment qu'elle est due à un artiste de génie, à un architecte consommé dans son art. Chaque chose y est à sa place et y fait régner une parfaite unité. L'idéal de la Renaissance y est