Moitié de la farade du palais Sauli à Gènes
villas et plusieurs églises. Ses palais se distinguent en'général moins par leurs façades que par la disposition des intérieurs, mais surtout par l'ordonnance des vestibules, des cours et des escaliers : dans ces parties il réussit avec bonheur et un caprice de fantaisie à produire un effet pittoresque, grandiose et tout particulier. L'inégalité et le
changement de niveau du terrain lui en offrirent presque toujours l'occasion qu'il parait avoir saisi avec plaisir. Il faut citer parmi les palais de Gènes d'Alessi, ceux de Brignole, de Gorega, de Giustiniani, de Grimaldi, de Lescari et de Sauli. Mais son église de Sainte-Marie de Garignano, quoique très étudiée et ornée avec une grande richesse, vous laisse froid. G'est plutôt l'œuvre d'un mathématicien habile que d'un artiste à imagination. L'étude trop sèche de ^'itruvc s'y fait sentir. Si ce monument produit quelque eft'et, c'est au site qu'il occupe qu'il est dû, situé ainsi à l'extrémité d'un pont élevé et se dessinant sur de hautes et belles montagnes. Le pittoresque des lieux en fait les principaux frais.
Le palais de Venise bâti par Giuliano da Majano de Florence, vers 1465, a encore l'aspect des palais féodaux du moyen âge italien: petites ouvertures au rez-de-chaussée, mâchicoulis avec couronnement de créneaux; malgré sa simplicité ce palais ne manque pas d'élégance.
Dans les églises du quinzième siècle à Rome, on ne voit point d'ogives, mais des voûtes d'arête comme par exemple à San Agostino, à San Maria del' Anima et à San Maria del Popolo. Les faisceaux de colonnettes et de pilastres des piliers, de la nef principale de ces églises, offrent un rapprochement au style ogival italien, faisceaux dans lesquels les chapiteaux sont métamorphosés dans le caractère antique, comme par exemple dans San Maria sopra Minerva à Rome.
Plusieurs façades d'églises romaines du quinzième siècle, ne correspondent pas au reste de l'édifice, car elles semblent une simple addition arbitraire qui ne s'harmonise pas avec la décoration architectonique de l'ensemble. Cette déviation du principe rationnel de l'architecture, qui exige que chaque portion soit une déduction de l'harmonie générale de l'édifice, s'observe déjà dans des monuments d'une époque antérieure, comme dans la façade de l'église San Maria Araceli à Rome. On peut dire en général qu'aucune des églises citées du quinzième siècle, ne peut prétendre à être une œuvre d'architecture accomplie, quoique en comparaison des édifices de cette catégorie avec ceux des dix-septième et dix-huitième siècles, ils produisent néanmoins une impression agréable. On ne peut méconnaître dans la disposition et l'ornementation des portes, des pilastres, des entablements et dans d'autres parties, un goût délicat et pur,
comme l'offre i^ar exemple la façade de l'église San Maria delPopolo, ([ui présente cependant la faute indiquée plus haut, car elle ne forme pas un tout homogène, une liaison effective avec l'ensemble de l'édifice, disons aussi que la corniche interrompue des deux côtés latéraux semble peu tolérable. Il en est de môme des deux porches ajoutés par Pintelli aux églises des Saints Apôtres (dont la partie supérieure a été défigurée par une restauration moderne) et de San Pietro in Vincoli, sous Jules II (de 1503 à 1513).
Parmi les plus remarquables monuments de Rome de la renaissance, il faut placer ceux dus à Bramante et à Balthasar Pcruzzi de Sienne. On doit au premier de ces architectes le Palais Giraud *, sur la place Scossacavalli, le Palais de la chancellerie et les loges de la cour de San Damaso du Vatican. La façade du palais Giraud de 40 mètres de longueur, est simple et élégante : le rez-de-chaussée est uni et n'offre qu'une porte centrale (modernisée) à plein cintre primitivement et trois fenêtres à plate-bande de chaque côté ; il est <;ouronné d'une corniche peu haute qui le sépare du premier étage composé de sept fenêtres à plein cintre dans l'axe des baies du bas. Ce premier étage est formé par des pilastres accouplés, placés entre les fenêtres et qui reposent sur des piédestaux peu élevés. Les fenêtres ont un chambranle rectangulaire couronné d'une corniche. Un entablement peu considérable et non interrompu dans son étendue, sépare les deux étages ; le second a la même élévation que le premier, il est également formé de pilastres jumeaux. Les fenêtres de cet étage sont trop petites, et, ce qui est d'un mauvais effet, c'est qu'audessus d'elles et dans leur axe il y a sept petites fenêtres à plein cintre. Cette façade haute de 20 mètres est enfin couronnée d'une corniche un peu lourde. Les grandes fenêtres du premier étage forment la partie saillante de la façade.
Le palais de la Chancellerie ^ de l'année 1495, est inférieur au précédent en fait de goût. Sa façade est rustique et composée de deux étages. Les fenêtres du rez-de-chaussée sont cintrées avec chambranle carré, il en est de même de celles du premier étage, au-dessus desquelles il y a des rosaces circulaires. Entre les fenêtres il y a comme au palais Giraud des pilastres jumeaux. Il y a deux rangées