Letarouilly. t. II. pi
certaines parties de la façade principale de la cour du Cheval i)lanc sont son œuvre ainsi que le pavillon d'équerre sur la galerie de François 1", formant le côté oriental de la cour des Fontaines. Le style de Serlio est sévère, rornementalion en est sohre, l'effet qu'il produit est dû à ses belles lignes et la convenance des surfaces. Nous ferons observer que malheureusement les parties du château de Fontainebleau et autres ont subi des modifications postérieures qui les rendent difficiles à connaître et encore plus difficiles à apprécier.
Serlio s'est donc plutôt immortalisé par ses études sur les monuments de l'antiquité romaine, études dans lesquelles il devint maître, que par ses œuvres en pierre. Il publia à Venise en 1537 sa Règle générale d'architecture avec des figures en bois et qui fut réimprimée en 1539, 1540 et 1544. Certains livres en parurent séparés. Ses œuvres complètes furent publiées, à Venise, en 1584, 1618 ou 1619 in-4'' : Scamozzi y ajouta une table des matières.
Quelques architectes français se sont inspirés du style sévère de Serlio et l'architecture du règne de Louis XIII en est souvent la preuve. Serlio était très versé dans la géométrie et la perspective. A son projet pour le Louvre, il eut la générosité de préférer celui de Pierre Leseot et conseilla au roi de l'exécuter.
Les architectes contemporains n'auraient qu'à gagner en étudiant les vestiges de l'architecture de cet artiste consciencieux. Serlio est mort à Fontainebleau en 1551, accablé par les chagrins et les années.
La belle façade du palais Gaffarelli anciennement, aujourd'hui connu comme palais Stoppani ' ou Vidoni, façade qui ne laisse pas d'avoir des défectuosités, est due à Raphaël Sanzio, le grand peintre. Le rez-de-chaussée avec l'entre-sol en construction rustique est en parfaite proportion avec le reste de la façade, mais a été défiguré par l'addition irrégulière de fenêtres du premier étage; il y a des colonnes engagées accouplées sur lesquelles s'élève l'entablement : audessus est un attique qui forme le second étage; mais il est présumable que ce second n'est pas de Raphaël. A son époque l'adaptation de certaines parties de l'architecture romaine de l'antiquité aux maisons d'habitation, consistait en essais, en tâtonnements plutôt que par expérience : Raphaël a commis des erreurs qu'il n'aurait pas suivies