Lelaroiiilly, t. Il, pi. 92 à 9G
dans la suite. Mais il faut lui accorder une faculté de combinaison, une justesse de sentiment qui peuvent certifier que ce génie serait devenu un architecte accompli s'il avait dirigé son esprit sur l'architecture. Nous citerons encore de Raphaël la gracieuse chapelle de Sainte-Marie de Lorette auprès de l'église San Maria del Popolo, mais qu'il ne put achever, car il mourut pendant les travaux. En l'année 1651, cette chapelle fut restaurée dans un mauvais goût par Bernini.
Gomme architecte Jules Romain, élève de Raphaël, a eu plus de célébrité que son maître. Parmi les monuments qu'il éleva à Rome, il faut surtout nommer laA'illa Madama sur le Monte Mario (de 1520 à 15241 quoique en ruine ce bâtiment mérite cependant une attention particulière. En avant de l'entrée il y a la ruine d'une construction en hémicycle qui consiste en un mur en brique percé de fenêtres entre lesquelles s'élèvent des colonnes ioniques; cet hémicycle est le reste d'une avant-cour circulaire du côté de l'entrée : de là on trouvait un vestibule d'entrée qui conduisait à un péristyle ouvert d'une belle architecture, décoré par Jules Romain et Jean d'Udine, à la droite était le grand salon précédé d'une vaste salle qui à gauche et en face d'elle en avait une autre. L'architecture extérieure de cette élégante villa était simple, elle consistait en larges pilastres ioniques avec un bel entablement. Le plan de cette villa avec ses dépendances a une disposition étudiée avec talent et soin. Depuis Clément VII, la "S'illa Madama a été abandonnée et aujourd'hui elle est toujours en ruine.
A Rome ou a encore de Jules Romain le palais Cicciaporci * (anciennement Alberini\, dans la via de Banchi, auprès de l'église San Gelso, ensuite le petit palais Genci sur la piazza di San Eustachio et enfin le casino de la Villa Lante. Si ces édifices n'oft'rent rien d'extraordinaire, ils sont néanmoins d'un ]ieau stvlo qui rappelle la belle époque de l'art en Italie.
La dégénérescence de l'architecture se manifesta dès la première moitié du seizième siècle, à la même époque où la peinture commença également à déchoir. Le style surchargé de détails et d'ornements qui se développa avec le temps, en s'éloignant de plus en plus d'une manière erronée des vrais principes de l'architecture, est sans doute dû