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Plan du château de Fontainebleau, d'après Du Cerceau

Légende du plan du château, de Fontainebleau.

A, Cour du Cheval blanc, 1529 à 1539; de V22 mètres de largeur sur 178 mèlres de profondeur

B, Cour des Fontaines, 1528. — 72 mètres sur 53 mètres.

C, Cour ovale ou du Donjon, François I" et Henri II. — 78 mètres sur '^3 mètres.

D, Galerie de François I" : de ce roi, 1530.

E, Chapelle de la Trinité, François I".

F, Chapelle Saint-Saturnin, François I".

G, Galerie de Henri II.

A droite de la cour du Ciieval Idauc s'étendait la Ralerie d"Ulysse, détruite sous Louis XV.

Louis IX jusqu'à Louis XV. Un coup d'œil sur le plan fera reconnaître dans la forme irrégulière de la cour du Donjon ou cour ovale, l'étendue de la cour castrale de Louis le Jeune et de Louis IX. Le gros pavillon qui porte encore le nom du dernier de ces rois, était flanqué de tourelles, dont les restes d'une seule sont encore visibles dans la cour ovale. La porte, dite dorée, et l'hémicycle de la chapelle Saint-Saturnin, élevée sur les fondements de vieilles tourelles, et la porte Dauphine bâtie sur l'emplacement de l'ancienne porte principale d'entrée et de son pont-levis, décrivent au sud le périmètre du vieux château du moyen âge, dont les tours ou leurs constructions de communication étaient peut-être dues au roi Charles V qui affectionnait la bâtisse. Mais François I" et plus tard Hemù IV changèrent tellement cette disposition, qu'au lieu d'un ovale entouré de murailles, la cour du Donjon dut prendre la forme d'un fer à cheval allongé, terminé à l'est par une galerie peu élevée, d'une terrasse et enfin d'une porte monumentale, par lesquelles l'air et la lumière pénètrent dans ce vieux manoir royal.

Deux années après le retour de sa captivité à Madrid, François T'" commença l'embellissement ainsi que l'agrandissement du palais de Fontainebleau. Le devis général des travaux arrêté par le roi est daté du 28 avril 1528. Dans un angle de la cour ovale il fit construire en 1528 une entrée nouvelle; il avait demandé un projet d'embellissement pour celte entrée à Benvenuto Gellini : dans ses mémoires, cet artiste dit c[u'il avait l'intention d'en changer le moins possible la disposition, qui quoique grande est cependant mesquine, était dans le style français, mauvais et ridicule*, ce qui voulait sans doute dire que la proportion de la porte était trop petite relativement à la masse de construction. Cette critique est excessive, car le pavillon dans son ensemble ne manque pas de caractère; il a 17™, 50 de lar-

1. (' Oual era grande e nana di quella loro mala maniera franciosa. »

geur sur 22™, 50 d'élévation : cette hauteur est un peu plus que la diagonale du carré de la largeur, proportion qui plaît à l'œil. Cette hauteur est divisée en trois étages; verticalement, elle est également formée de trois divisions, accusées par quatre pilastres en grès, couronnés de chapiteaux composites; au troisième étage, ces chapiteaux sont ornés de l'initiale de François I". La division centrale est percée de trois arcades superposées dont les arcs sont en anse de panier; ces arcs retombent sur des colonnes. L'arcade du Las forme la porte d'entrée, placée au fond d'un porche ou vestibule ouvert ; les deux autres, également ouvertes, semblent avoir été inspirées des loggia d'Italie. On voit, sur un petit bouclier introduit dans l'ornementation du chapiteau d'une des colonnes intérieures du vestibule, la date de 1528 en chiffres arabes. La sculpture de la luijette au-dessus de la porte est riche et fort élégante : au centre est un cercle encadré de guirlandes où l'on avait peut-être représenté une grande salamandre (restaurée dans les temps modernes, en copiant un modèle ancien), surmontée de la couronne royale; de chaque côté il y a une figure ailée, qui n'est point un ange, mais dont l'une peut représenter une Renommée énumérant d'après un phylactère les hauts faits du prince, et l'autre l'Histoire, qui les recueille sur une banderole. Ces deux figures élégantes sont posées sur de pesantes guirlandes.

Le rez-de-chaussée et les deux étages des avant-corps sont percés de chaque côté de deux fenêtres superposées.

La façade actuelle du nord de la galerie de Henri H est composée de deux étages chacun formé de neuf arcades à plein cintre, dont François P' n'a fait élever que les cinq premières situées entre la porte dorée et le portail de la chapelle de Saint-Saturnin qui existait encore du temps de Charles IX. Ce fut sous Henri IV que ce portail fut englobé dans la façade continuée jusqu'au pavillon carré qui termine la cour ovale de ce côté. Cette façade a près de 54 mètres de longueur sur 16 mètres de hauteur, la balustrade comprise. Elle est d'un bel effet, d'une simple mais élégante architecture. Il y a un pilastre entre chaque arcade qui soutient un cordon moyen : au-dessus de ce cordon, règne une partie lisse sans aucune ornementation; plus haut il y a un autre cordon formant presque corniche sur laquelle posent dans l'axe des pilastres du rez-de-chaussée, d'autres pilastres de moindre largeur. Entre les arcades et dans l'axe des pilastres il y a des médaillons, où l'on voit alternativement deux F

couronnés et une salamandre également surmontée de cet emlDlème. Mais là où se terminent les cinq arcades du règne de François I*"", l'architecte a eu soin de faire placer dans un chapiteau les initiales de Henri IV et de Marie de Médicis. La médiocrité du style dans la sculpture des chapiteaux des quatre arcades de gauche trahit le caractère émoussé et morne qui distingue l'art du temps de François F' de celui de Henri IV, caractère amplifié encore au dix-septième siècle.

Cette façade a certainement été conçue par un a-rchitecte français, dans un style peut-être non aussi correct que celui du projet de Serlio', mais elle a toutefois un aspect de grandeur qui rappelle quelques monuments du quinzième siècle de Brunelleschi et d'Alberti élevés à Florence et ailleurs, et surtout la face latérale de l'église de Saint-François de Rimini bâtie par le dernier de ces architectes. L'architecte qui éleva cette façade était im Français qui ne se plia pas comme Serlio et Vignole aux règles élucuhrées par Vitruve; il est cependant impossible de se soustraire à l'effet puissant, grandiose et agréable que produit cette architecture. La façade sur le parterre ressemble à celle de la cour du Donjon, mais elle est beaucoup plus simple; elle n'a qu'une rangée d'arcades et le soubassement est percé de petites fenêtres. Ces arcades sont à plein cintre, leurs pieds droits sont décorés de pilastres, dont la rangée inférieure supporte la corniche, tandis que les pilastres du premier étage n'aboutissent qu'à l'imposte, sur lequel s'élèvent les arcs.

La chapelle de Saint-Saturnin est une des anciennes constructions du château, élevée après la porte dorée. Elle se compose d'un rez-dechaussée et d'un étage. L'architecte utilisa les vieux murs du bas de la chapelle du douzième siècle. Les contreforts furent renforcés et ornés suivant le style de l'époque. Au rez-de-chaussée il y a de forts pilastres de 5", 70 de hauteur dont les chapiteaux portent l'initiale de François F' entrelacée du cordon de Saint-François. Au premier les pilastres sont remplacés par d'élégantes colonnes aux chapiteaux composites : ces colonnes, de 3'", 36 de hauteur, base et chapiteau compris, ont déjà le renflement classique au tiers de leur hauteur. Au-dessus il y a une architrave de 0'",33 bien accusée, une haute frise de 0'°,68 unie et enfin une corniche de 55 centimètres de hau-

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