Berly, Renaissance, etc., vol
3. Voyez le 3= volume de T. des Réaux, p. 400, et Église Saint-Eustache à Paris, par Victor Caillât et Leroux de Lincy.
4. Moniteur des Architectes de 1863 et 1864. —V Intérieur, le moyeu dr/c monumental et archéologique, planche 410. La Façade projetée, Marot. pi. 121.
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grande et riche construction parfaitement appropriée au style de l'intérieur de rédifice. Quatre piliers butants divisaient la façade en trois travées. Au centre s'ouvrait une vaste porte d'entrée à voussures ornées, accompagnée de niches et de pilastres; les voussures étaient enrichies de personnages. Les deux autres travées étaient destinées à servirde base à deux tours. Mais cette amorce de portail a été démolie avec les chapelles qui en dépendaient. Les architectes Mansard de Jouy et Moreau ont construit le portail actuel, dont personne ne conteste la médiocrité. Les travaux, commencés en 1754, furent interrompus après la construction du premier ordre dorique actuel : ils ne furent repris qu'en 1772.
L'intérieur de Saint-Eus tache est imposant par la hardiesse de ses piliers et leur grande élévation : ils sont carrés, flanqués de fines colonnettes et de pilastres interrompus dans leur hauteur par de petites niches et des chapiteaux, le tout non sans quelques réminiscences du dernier style ogival. On est vivement frappé par l'aspect des grandes proportions du vaisseau et surtout par la hauteur colossale des voûtes'.
La Renaissance a laissé son souvenir dans la cathédrale de Noyon département de l'Oise. On y voit une chapelle au sud de la nef et dite Notre-Dame de Bon-Secours, assez bien conservée et avec une décoration complète. Cette décoration, conçue dans l'esprit du quinzième siècle et exécutée probablement vers 1520, est sans légèreté et a toute la maladresse des œuvres de décadence. Cette chapelle a été bâtie par l'évèque Charles de Hangest, neveu du célèbre archevêque de Rouen Georges d'Amboise. L'épiscopat de Charles de Hangest dura de 1501 à 1525.
Du côté du sud de la cathédrale de Noyon, on voit des vestiges de construction de la même date c{ue la chapelle dont nous venons de
1. Le 16 décembre 1844, le feu prit aux orgues par la négligence des ouvriers qui les réparaient. Il était trois heures lorsque l'auteur de ce livre passait et qu'il s'aperçut des progrès de l'incendie; l'église était déserte. Alors il s'adressa à un sergent, chef du poste; il se fit connaître comme architecte du gouvernemeni, et ce sergent, voyant le danger, se mit sous ses ordres. Les chaises, les paillassons furent transportés dans la rue, des chaînes furent établies sur les escaliers quand les pompiers arrivèrent conduits par un sous-officier qui, ayant conscience du danger, perdit la tête. A force d'eau, montée dans les combles par l'ordre de celui (jui écrit ces lignes, les flammes furent presque é'.eintes, quand arriva un lieutenant de pompiers qui continua l'entier achèvement de l'extinction de l'incendie.
parler. On y remarque une grande lucarne splendidement ornée, dont la sculpture peut nous donner une idée de la richesse qui régnait dans le palais épiscopal dont elle faisait partie, et que Charles de Hangest avait fait élever.
Nous ne pouvons passer sous silence une pittoresque maison située sur la place de la Pucelle, à Rouen, nommée Hôtel du Bourglheroulde. Commencée vers la fin du ({uinzième siècle par Guillaume Leroux, deuxième du nom, seigneur du Bourgtheroulde qui vivait en 1486, ce bâtiment fut terminé par Gruillaume Leroux, son fils, abbé d'Aumale et du Val-Richer et qui fut employé à la négociation du concordat de l'année 1516. Cuillaume Leroux, deuxième du nom, un des quinze conseillers laïques appelés à l'échiquier perpétuel de Rouen, lors de sa création en 1499, éleva le corps de bâtiment sur la place et ceux de la cour, côtés du nord et de l'ouest. Guillaume Leroux, troisième du nom, acheva l'œuvre de son père et fut l'auteur de l'élégante et gracieuse galerie qui se présente à gauche en entrant dans la cour.
La façade sur la place est fort simple : elle n'est ornée que d'une décoration formée de lignes et de surfaces : les ornements végétaux y sont rares et ne s'aperçoivent qu'au cordon qui sépare le rez-dechaussée du premier étage, à l'encorbellement de la tourelle d'angle ainsi qu'aux aiguilles et au couromiement des clochetons. La grande porte d'entrée, construite en arc surbaissé, et couronnée d'un tympan aigu curviligne et concave, orné de feuillages frisés eu guise de crochets, renfermait un écusson aux armes de la famille Leroux, d'azur au chevron d'argent accompagné de trois têtes de léopard d'or, deux et un, La façade sur la place, plus moderne que celle du fond de la cour, reproduit sur les pilastres de la porle deux médaillons en sculpture représentant François L"" et Henri \Ill d'Angleterre.
La façade du fond de la cour est beaucoup plus élevée que la précédente et infiniment plus ornée. P]lle a environ 12™, 25 d'élévation tandis que celle de la rue n'a que 7'", 70 jusqu'à la naissance du toit moderne. Le corps de bâtiment principal, situé au fond d'une cour presque carrée, a un rez-de-chaussée et un étage ; il est percé de quatre hautes et étroites fenêtres, terminées carrément au sommet. Au-dessus des fenêtres s'élèvent deux lucarnes richement ornées, couronnées d'une ogive et d'un tympan très aigu, curviligne concave,
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flanqué de chaque côté de clochetons à pinacle élancé, de plusieurs étages, liés au sommet à l'aiguille du tympan par une gracieuse petite galerie à jour formée d'arcades. A gauche cette façade est terminée par une tourelle hexagonale avec contreforts sur les arêtes; cette haute et étroite tourelle est très richement décorée de remarquables basreliefs. Cette surcharge de sculptures qui couvrent des surfaces restreintes, ne se nuisent pas les unes les autres, elles n'enlèvent pas non plus l'action de l'œil sur l'ensemble et sur les détails. Les fenêtres ohlongues eu hauteur de la tourelle se terminent au sommet par un arc déprimé ou à coussinets arrondis. N'étaient les salamandres sculptées sur le mur de la façade, le style général de ce corps de bâtiments le ferait croire de la fin du règne de Louis XI; il semble encore être tout à fait du moyen âge, de la dernière période du gothique fleuri et flamboyant.
Quant à la galerie de l'est, elle a été élevée par Guillaume Leroux III, abbé d'Aumale et du Val Richer : elle est entièrement dans le style secondaire de la Renaissance. Comme elle représente sur ses hasreliefs supérieurs l'entrevue de François I" avec Henri \Ill d'Angleterre et qui eut lieu en juin 1520, elle ne peut avoir une date plus ancienne. Elle s'élève d'équerre avec le bâtiment du fond sur un soubassement uni, divisé en six parties égales par sept pilastres qui se prolongent verticalement jusqu'au toit. Au-dessus de ce soubassement règne une partie pleine ornée de magnifiques arabesques : cette partie est couronnée d'un gros cordon à moulures saillantes : un peu en retraite sur cette partie, s'en élève une autre ornée de cinq bas-reliefs historiques, les deux de gauche représentent le cortège du roi d'Angleterre, celui du milieu la rencontre des deux rois, et les deux bas -reliefs de droite font voir le cortège du roi de France : plus à droite encore est placée la porte d'entrée. Audessus des bas-reliefs en question règne une frise gracieuse, séparée des reliefs par un cordon mince et orné. Entre les pilastres, continuées sur l'axe de ceux du bas déjà nommés, on voit six arcades à arcs surbaissés à clef magnifiquement encadrés et dont le tableau est orné avec goût de demi-balustres engagés dans l'épaisseur du mur. Les pilastres qui séparent entre elles les arcades ou baies, ont une ornementation ])articulièreracnt belle. Vient alors une frise ornée de rinceaux couronnée d'une corniche à oves et modillons. Au-dessus, entre la continuation des pilastres du bas, il y a six bas-reliefs re-
présentant des sujets symboliques et mystiques, trop frustes pour pouvoir les expliquer.
Cet hôtel est presque un monument votif en l'honneur de François I'"" ^
L'élégante et gracieuse façade de l'hôtel de ville de Beaugency -, qui date de l'année 1526, mérite encore une attention particulière de l'architecte et de l'historien antiquaire. Elle est due k Charles Viart, l'architecte de l'hôtel de ville d'Orléans et peut-être de l'aile du château de Blois, élevé par Louis XII.
La façade présente au rez-de-chaussée une porte à plein cintre, surmontée d'une Laie géminée et placée entre deux grandes arcades surbaissées, de largeurs inégales, dans les champs triangulaires desquelles sont placés quatre médaillons encadrant des bustes. L'étage est orné de six pilastres et percé de trois larges fenêtres à croisillons ; dans leurs allèges l'architecte a pratiqué six compartiments ornés du blason du cardiueal de Longueville, de François, comte de Dunois, son père, du duc de Longueville, son frère, et enfin de la salamandre de François I". Au-dessus des fenêtres règne une belle corniche à coquilles et à modillons en forme de consoles. Aux deux extrémités de l'édifice elle se projette en encorbellement pour former des culs-de-lampe, bases de tourelles maintenant abattues et qui paraissent avoir été terminées par une balustrade à jour, aujourd'hui détruite. Les bases des meneaux et des piedsdroits des arcades, à redents multiples, sont la seule réminiscence du style ogival que l'on aperçoit dans l'ornementation de cette charmante façade et très habilement traitée.
Cette coquette façade a certaines analogies avec celle de l'hôtel do ville d'Orléans; nous avons déjà dit que toutes deux étaient du même architecte.
En fait de belle architecture de la Renaissance, du plus pur et du meilleur goût, nous citerons au palais archiépiscopal de Sens, l'élégante aile du règne de François I''"", et une seconde dite de Henri II terminée en l'année 1557, d'un très bel eifel, mais un peu moins riche que la précédente. Ce fut l'archevêque Etienne Poncher qui, vers