Il laissa à sa mort quaranle-deux millions de dettes
France (née en 1538, fille légitimée du Dauphin, depuis Henri II); cet hôtel fut terminé par Charles de Valois, duc d'Angoulême, mort en 1650. Il fut acheté en 1681 par Charles de Lamoignon. Par allusion au nom de Diane de France, les sculpteurs ont représenté, sur les murs et dans les frontons des façades, comme ils l'avaient fait pour Diane de Poitiers, des croissants, des cors de chasse, des tètes de cerfs et de chiens. Diane de France eut un des trois premiers carrosses qui ont circulé dans Paris. Les cours à porte cochère sur la rue commençaient à apparaître et devinrent à la mode. Elles étaient commodes pour la sortie et l'entrée des voitures, qui étaient en assez grand nombre sous Louis XIV. — L'hôtel Lamoignon ne mancj^ue pas d'un caractère original.
Sous le règne éphémère de François II, on voit s'étendre l'influence des Guises et de Catherine sur les affaires publiques ; cette influence devint plus forte encore sous Charles IX et Henri III, et on ne peut plus nuisiljle aux arts.
Si le règne de Henri I\, dont le noble esprit embrassait le salut du peuple français, avait eu une plus longue durée," s'il n'avait été obligé de lutter contre le tumulte des partis, en dépit de son mépris pour tout ce qui pouvait favoriser le luxe sous le règne de ce premier des Bourbons, disons-nous, les sciences et les arts auraient pu sans doute arriver à un brillant et élégant épanouissement, s'ils n'eussent sul)i déjà une décadence relative, «c Accoutumés, dit un auteur du dix-huitième siècle, à ne voir dans Henri IV que le héros et le conquérant de son royaume, ou bien entraîné par ce penchant si doux, qui nous fait adorer le bon roi (et certes, c'est la plus belle partie de sa gloire), l'ami des lettres et des arts nous a échappé. Éblouis du règne de Louis XIV, nous jetons un œil de pitié sur tout ce qui l'a précédé'. On peut dire sans encourir de démenti c^ue la plupart des hommes qui ont brillé par leur supériorité en tous genres sous Louis XIII et Louis Xl\, s'étaient formés par l'influence et l'action de la Renaissance et sous le sceptre de Henri 1\, lui-même d'une grande supériorité d'esprit.
Jacques Androuet du Cerceau fut plus graveur qu'architecte. Si le chœur de l'église de Montargis, qu'on lui attribue, est vraiment de lui, ce n'est qu'un triste monument. La gravure avait sans doute
1. Brizardj De VAmour de Henri IV pour les lettres, 1785, in-18.
absorbé tout son temps ot il n'a pu se perfectionner dans l'architecture. Il n'en est point moins vrai que son ouvrage des « plus excellents bâtiments de France » est on ne peut plus précieux pour l'histoire de l'architecture de la Renaissance. Les autres ouvrages de Jacques nous le font connaître comme un artiste d'un goût médiocre. Jean Androuet du Cerceau, petit-fils de Jacques, architecte de Louis XIII, construisit l'hôtel de Sully (rue Saint-Antoine, n" 143, à Paris),
La grande galerie des Tuileries ', au bord de la Seine (détruite sous le second empire), commencée sous Charles IX, vers 1567, "ne méritait d'être nommée que pour mémoire, car elle était d'un style pauvre, nu et vulgaire. Il n'en est point ainsi de la partie qui s'étend du pavillon Lesdiguières à la pelite galerie du Louvre. Cette portion est encore conçue dans l'esprit et dans le style de la Renaissance lleurio, une réminiscence de la primitive Renaissance, mais sans autant d'originalité et de charme. Elle a été commencée en 1566 par Pierre Ghambiges, architecte, qui la conçut dans un style florentin un peu abâtardi et trop francisé.
Nous avons dit que sous les derniers Valois, l'architecture de la Renaissance avait déjà subi un déclin; les architectes, tout en suivant les règles fixées par des artistes de talent, se sont permis des écarts fâcheux et tombèrent dans un arbitraire anarchique qu'ils prirent pour de la richesse et de la pompe, arbitraire qui n'aboutit qu'à ne devenir enfin qu'un simple et plat décor du mur, où le génie architectural fait totalement défaut, par l'absence de mouvement.
Pendant les dernières guerres civiles du seizième siècle et sous le règne de Henri IV, il s'est naturellement manifesté un temps d'arrêt dans la construction de tous genres, ce qui était naturel. On n'élevait surtout plus d'églises ni de chapelles, peu d'hôtels et encore plus rarement des châteaux.
On ne saurait trop le répéter que la renaissance des idées de la civilisation de l'antiquité, aidée par la science naissante qui s'éleva en Italie, ébranla la représentation qu'on s'était faite du monde au moyen âge, la présomption illusoire que ce monde n'existait que pour la terre et le genre humain. Au seizième siècle on en était enfin arrivé au principe de laliberté dans l'étude de la Rible, dans l'indépendance de ce qui constituait la foi ainsi que dans celle de la con-