‹ Histoire générale de l'architectureChapitre 79 sur 108 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Le r^gne de Louis XIV, analysé et examiné avec impartialité et indépendance, diffère de ce que beaucoup d'historiens en ont fait. On y voit, à côté d'une grandeur boursouflée et bourgeoise, une petitesse réelle, des mesquineries infinies, des immoralités irritantes, des vices effrontés commis insolemment à la face du publie, les choses les plus sacrées prostituées de la manière la plus ignoble, la plus basse, les choses les plus viles honorées et sanctifiées par l'État et l'Église, la morale la plus vulgaire foulée aux joieds, la licence la plus effrénée érigée en règle de conduite par la cour.

Il ne pouvait en être autrement sous le règne d'un roi que l'esprit dominateur de sa mère, Anne d'Autriche, l'ambition du cardinal Mazarin, avaient laissé croupir au plus bas degré de la culture intellectuelle pendant sa jeunesse. Il avait fréquenté les salons de la comtesse de Soissons (Olympe Mancini), seconde nièce du cardinal Mazarin: il y avait formé son esprit, son caractère et même ses mœurs. Il y avait acquis cette affabilité extérieure de manières et ce penchant pour la galanterie qu'il alliait à la majesté royale et à ses dévotions automatiques. Ce fut dans la société de la comtesse de Soissons que Louis XIV, enveloppé dans les intrigues et les petites aventures, conçut ce dégoût invincible cpi'il montra plus tard pour tout ce qui se faisait remarquer par le génie, le talent, les sentiments et l'instruction, et ce qui, par conséquent, pouvait aussi menacer de l'éclipser. « Malheureux dans ses choix, aimant les sots, souffrant les talents, craignant l'esprit, » c'est sous ces traits que Montesquieu nous peint Louis XIV. Ce roi était par-dessus tout orgueilleux. C'était un prince sans instruction, sans jugement naturel, sans idée

des devoirs d'un souverain, sans maximes gouvernementales vraies

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