‹ Histoire générale de l'architectureChapitre 87 sur 108 · Montaigne, Essais, U\ . l, eh. xlix · texte numérisé non relu

Montaigne, Essais, U\ . l, eh. xlix

Les arts chômèrent naturellement pendant la Révolution, occupée à se défendre contre les ennemis de l'intérieur et les princes féodaux de l'étranger : ensuite elle eut à travailler à l'organisation de la société nouvelle, qui remplaçait le régime féodal qu'elle venait de détruire. Les vieilles idées et les vieilles traditions étaient encore trop vivaces pour ouvrir une ère nouvelle et donner un essor spontané, nouveau aux arts du dessin. Cependant la Convention nationale n'oublia pas de les rappeler à l'existence ^ David fut le restaurateur de la peinture d'histoire, Carie Vernet excellait à peindre les batailles. Géricault et Prudhon furent ses contemporains, et le génie révolutionnaire se montra dans un des chefs-d'œuvre de la music[uepar l'hymne éternel de la Marseillaise de Rouget de Lisle. Mais le moment n'était pas favorable aux couvres d'architecture. Pendant le règne de Louis XV, C. N. Ledoux créa le style qui se maintint jusqu'à l'Empire. Malgré ses écarts en architecture, il a fait école : la plus grande partie de ses œuvres a disparu, et dernièrement encore ses barrières de Paris ont été démolies. La barrière de la ^'illettc seule est restée. Les colonnes triomphales de la barrière du Trône sont de cet architecte champenois, mort en 1806 cà l'âge de soixante dix ans^.

Les vieilles institutions aristocratiques fondées par l'absolutisme, supprimées par la Convention, furent rétablies par des intrigants de médiocre talent, et les vieilles traditions furent rééditées. L'académie choisit ses membres clans les professeurs de l'école des Beaux-Arts, et comme nous l'avons dit, la vieille routine avec ses préférences recommença de plus belle à agir. Les professeurs inculquèrent avec ténacité aux élèves, rendus dociles par la perspective de mentions, de médailles et de prix de Rome, surtout de travaux publics dans l'avenir, les vieux et faux principes de Vitruve, le mauvais goût de Vignole et de Scamozzi; alors parurent comme résultat de l'enseignement académic[ue classique, les quelques monuments élevés sous l'Empire, la Restauration et le gouvernement de Juillet, et, comme regain en partie, ceux du second Empire, monuments muets, sans vie et seulement prétentieux, ne ])ouvant admettre même la critique, l'analyse. Pour sujets de concours on donnait des palais antiques, des thermes, des arcs de triomphe gigantesques et autres inutilités

1. Voyez Le Vandalisme révolutionnaire, Fondations lillérnires, scienlifiqucs et artistiques de la Convention, par Eugène Despois. Paris, 1868. 1 vol. iii-18.

2. Ses i)riiicii)aux ouvrages sont graves dans les Annales du Musée par Landon.

actuelles. Tout cela se perpétua longtemps, mais eut aussi une fin forcée par les cris de l'opinion puLlique. L'Académie et l'école des Beaux-Arts n'eurent pas l'à-propos de proposer au concours des projets d'architecture d'utilité pratique demandés par les exigences des temps modernes. L'habileté dans l'emploi du compas et de l'équerre dut donc subvenir à la pauvreté de conception et k la science historique. Les professeurs, dans leur ignorance de l'histoire, ne s'occupaient naturellement pas de l'enseigner à leurs élèves, qui dans l'ignorance, de leur côté, de la description et du but des créations architecturales du passé, commirent des fautes monstrueuses dans leurs compositions.

« Nous ne croyons pas qu'on puisse demander à notre siècle d'avoir une architecture qui lui soit propre, a dit un auteur moderne, c'est-à-dire un système de construction entièrement neuf, spécial, individuel, et qui se distingue de tous ceux qui l'ont précédé. L'architecture est un art qui reproduit trop fidèlement l'état des mœurs et de la société pour que de notre époque effacée et sans relief il puisse sortir une empreinte nettement caractérisée. Ce privilège n'appartient qu'aux siècles où tout un peuple semble soumis à une même croyance, animé d'une môme pensée, agité par une même passion. C'est alors qu'on voit s'opérer les grandes révolutions dans l'art de bâtir. Mais le doute, le scepticisme, l'indifférence ne peuvent rien engendrer et ne laissent sur le sol qu'une trace insensible et périssable. »

« Il faut donc nous résigner de bonne grâce. Selon toute apparence, nous ne ferons pas école et nous ne produirons, comme type de notre époque, aucune de ces innovations architectoniqucs qui caractérisent les grands siècles de l'art. Ce ne sera pas, comme beaucoup de personnes le pensent, parce que toutes les formes imaginables ayant été employées, il nous serait impossible d'en trouver de nouvelles. J'avoue qu'après l'arcliitecture horizontale des Égyptiens et des Grrecs, après le plein cintre des Romains, le fer à cheval des Arabes, l'ogive de nos cathédrales et l'anse de panier de la Renaissance, il semble difficile de trouver une forme entièrement neuve et distincte : toutefois ce n'est pas là, selon nous, le véritable obstacle qui nous arrête; car soyez bien certains que s'il se manifestait dans la société un de ces grands faits que l'architecture a la propriété de réfléchir, une forme nouvelle apparaîtrait aussitôt. Mais nous le répétons, nous no

sommes pas dans les conditions voulues pour l'aire éclore ces grandes et belles nouveautés '. »

« N'est-ce pas une chose frappante dans l'histoire de l'art que l'incapacité de notre temps, si occupé de bâtisses, à faire revivre l'architecture? On cherche en vain dans toutes les constructions récentes, une trace d'inspiration originale: nous ne voyons pas s'élever sur notre sol autre chose que de simples ou prétentieux pastiches. Il n'y a de sincérité et de nouveauté possible dans l'architecture contemporaine qu'à l'occasion des gares de chemins de fer et des palais de cristal. JJ architecture de verre est la seule qui appartienne à notre époque -. »

Malgré les dispendieux et indigents monuments élevés depuis cinquante ans, les livres illustrés à grands frais et souvent sans goût, les expositions annuelles, l'immense quantité de romans médiocres et grivois, les vers à rimes mais dénués de poésie, les courses de chevaux, l'amour pour le théâtre, jusc[u'à applaudir les histrions, et d'un théâtre, Dieu sait de quelle médiocrité, nous vivons à une époque exceptionnelle d'aliaissement intellectuel et moral, d'absence de génie, de décadence considérable du goût en toutes choses, sans en excepter les égards sociaux, la politesse qui étaient le patrimoine de nos ancêtres, depuis des siècles. Nos manières sont devenues grossières, la langue s'ingénie à trouver des mots, des expressions communes et qui en vingt-cinq ans n'ont pas médiocrement contribué à déformer la langue de la Bruyère et de Rousseau. Cette décadence a commencé vers la fin du règne de Louis-Philippe ; elle a continué d'augmenter considérablement sous le second Empire.

Si, à notre époque décolorée, les arts sont en décadence, s'ils manquent de sujets d'inspiration, si l'élégance de la forme s'est momentanément éclipsée, cette absence dans le goût s'est également manifestée dans les costumes de notre époque, et surtout dans ceux des femmes qui semblent avoir été inventés pour dissimuler les grâces et le charme de la plus gracieuse création de la nature, représentée en Grèce par l'Aphrodite anadyomène, origine autrement belle que

1. Des Monuments de Paris, par L. Vitet. Revue française, mars 1838. Fragments et mélanges, par L. Vilet. Paris, 1845, t. I, pages 279 et suivantes.

2. Questions d'art et de morale, par M. Victor de Laprade. Édition de 1861, p- 52.

celle donnée à Eve par Jéliovali, la triste et incomplète conception du monotliéisme juif.

A la suite du décret voté par la Convention le 8 août 1793, à l'instigation du grand artiste David, il n'y eut donc momentanément plus d'académies en France ; elles chômèrent pendant plus de deux années. Alors, le 25 octobre 1795, le Directoire fonda l'Institut, l'Académie française ne fut pas représentée. « Elle était morte tout entière, excepté son impopularité, si profonde encore et si tenace, qu'on osait à peine prononcer son nom. » L'Institut se composait de trois classes dont la dernière formait celle de la littérature et des beaux-arts; sous le rapport de ces derniers, on n'y voit pas un seul membre d'une capacité, d'un talent transcendants, mais des talents fanés, des renommées de ministères. « En 1800, Lucien Bonaparte, ministre de l'intérieur, songea pourtant ta la réla])lir : à ce sujet, il lit sonder Suard et Morellet, qui accueillirent cette ouverture avec la joie la plus vive, et qui promirent leur concours au ministre. Lucien voulait qu'on put lui faire le compliment d'avoir été le restaurateur de l'Académie française; il voulait pouvoir s'en vanter lui-même. Par un simple arrêté du 22 janvier 1803, Bonaparte supprimait la classe des sciences morales et politiques et divisait le corps académique en quatre classes, dont la quatrième fut celle des beaux-arts. Quant à l'art, cette réorganisation réactionnaiïe n'eut naturellement aucune influence heureuse : on était retourné à la vieille routine; elle ne fit donc, au contraire, que produire des caricatures, des pastiches, des œuvres hybrides. Gréée sous le Directoire, protégée par un despote, la direction des arts, destinée, comme sous Louis XIV, à la glorification de ce despote, retourna entièrement au vieux style éreinté en architecture, à l'antique, mais à l'antique de convention, burlesque et glacial. Le projet d'un monument commémoratif sur la place de la Bastille, en 1800, sous la ligure d'un éléphant, témoigne d'une mode passagère pour l'orientalisme. L'Institut avait visité l'Egypte; il fut un mur élevé pour arrêter le progrès, la marche des artistes consciencieux, inspirés par le mouvement de leur temps. Prudhon et Géricault, comme grands peintres, se distinguèrent vraiment seuls dans l'art à eux contem})orain.

L'Empire et ses guerres furent défavoraldes aux arts. iSapoléon ne s'en servait par occasion que pour glorifier ses victoires; les arts n'a-

vaient aucun attrait pour lui et il n'en fut pas le Mécène. De Boulogne, le 4 messidor an XIII i23 juin 1805^, il écrivait à Fouché : « Je vous prie de me faire connaître ce que c'est qu'une pièce de Don Juan, qu'on veut donner à l'Opéra , et sur laquelle on m'a demandé l'autorisation de la dépense. Je désire connaître votre opinion sur cette pièce sous le rapport de l'esprit public ». Il y avait cependant dix-huit ans que cet opéra de Mozart était joué sur toutes les scènes des capitales de l'étranger.

Il n'était pas plus fort en histoire qu'en musique. Voici ce que le ministre de la police, par ordre de l'empereur, écrivait à Lemontey, d'un esprit équivoque, en date de Berlin, 12 novemljre 1806 : « L'empereur désire, monsieur, que les éléments de l'histoire de France, par M. i'ahhé Millot, soient continués jusqu'à nos jours. Je lui ai proposé de vous charger de cet ouvrage, et Sa Majesté consent à vous donner cette marque honorable de sa confiance. Je vous invite à la justifier promptement en consacrant tout votre zèle et tous vos talents à cet important travail. »

Napoléon ne se servait des sciences et des arts que dans son intérêt et pour diriger l'esprit public : ce n'était qu'enfantin. En 1804, il voulut achever le Louvre; une partie seulement, le corps de bâtiment au nord qui devait joindre le Louvre aux Tuileries, fut exécutée sous la direction de Percier et Fontaine. L'arc de triomphe de la place du Carrousel, dédié à la gloire des armées françaises, a été commencé en 1806, également sur les dessins de Percier et Fontaine; le premier de ces artistes, n'était qu'un halùle dessinateur et le second qu'un constructeur, qu'un entrepreneur de bâtisses. Tous deux, par leur position officielle, ont eu une malheureuse et fatale influence sur l'architecture de leur époque. Dans la même année Bergeret éleva la colonne triomphale de bronze de la place Vendôme ; cette colonne, que surmonte une statue de Napoléon, immortalise les exploits de la grande armée pendant la campagne de 1805. Le plan de la Madeleine, commencée en 1807, est de Pierre "\'ignon ; Napoléon voulait en faire le temple de la Gloire. Sous la Restauration le temple fut transformé en église; le monument l'ut achevé par Huvé, pour cette dernière destination, (ju'il ne rem-

plit que fort imparfaitemenf, malgré sa magnilicence extérieure, les dorures, les sculptures et les peintures dont il est orné avec profusion à l'intérieur. L'arc de triomphe de l'Étoile, commencé en 1806 par Ghalgrin (mort en 1811), continué par Goust, ne fut terminé que sous Louis-Philippe, par Huot et Blouet en 1836; mais très modifié par ces deux artistes. Cet édifice est froid avec une certaine chauveté, mais sévère et non maniéré. En 1807, Célerier construisit le théâtre des Variétés. Dans cette même année, fut élevé sur les dessins de Poyet et contre un palais commencé par Grirardini en 1722, pour la duchesse de Bourbon, le péristyle du Corps-Législatif, en face du pont de la Concorde et qu'on y voit aujourd'hui. En 1808 fut commencée la Bourse de Paris, dont l'aichitecte était Brongniart : elle a été terminée en 1826 par LaLarre; sa charpente en fer' attira dans le temps l'attention des constructeurs. Le but de l'édifice est indiqué par le péristyle corinthien qui entoure le monument, tandis que l'intérieur est d'une sécheresse et d'une platitude malheureuses malgré son ordonnance en partie pittoresque.

Si, sous l'Empire, Percier et P'ontaine ont légèrement modifié par l'élément décoratif la froideur et l'insipidité de ce qui passait pour le classique, comme le montre en outre l'escalier du Louvre, il n'en fut pas ainsi des créations architecturales en petit nombre sous la Restauration, qui devinrent grossières, lourdes et monotones sous l'infiuence des bâtisseurs, membres de l'Institut. La chapelle expiatoire de la rue de l'Arcade, inspirée en partie par quelques œuvres de L. B. Alberti, date de 1821, est encore l'œuvre de Percier et Fontaine. Les murs, d'une nudité désespérante, font tous les frais de cette construction muette, sans âme et sans vie. En 1823, le Bas commença à élever l'église de Notre-Dame de Lorette, terminée en 1836. Petite et frivole, dorée, peinte, sculptée et pomponnée plus encore que la Madeleine, cette église a quelque mérite quant à son intérieur, qui n'a cependant rien de bien original. L'extérieur, surtout le portail, est d'une nudité désagréable. En 1827 Lepère et Hittorf construisirent l'église de Saint-Vincent de Paul avec sa façade d'une certaine coquetterie, La colonne de juillet 1830, sur la place delà Bastille, a été élevée sur les dessins de l'architecte Alavoine; le génie qui la couronne est de Dumont.

L En 1811, la cliarpente du comble delà halle au blé, déiruitc par un incendie, fui remplacée par une cliarpente en ier recouverte de cuivre étamé.

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Après la Rovolution do 1830, Diiban et Lacornée, s'inspirant du style de la Renaissance, lui firent des emprunts quelquefois heureux qu'on aperçoit dans une partie du palais des Beaux-Arts et au palais du quai d'Orsay. Le vieux classique est modéré dans le caractère de ces monuments, l'ornementation en est sobre et également modérée et non baroquement éclatante. La façade du palais des Beaux- Arts du quai Malaquais, manc[ue d'élégance quoique due au goût de Duban, dessinateur d'un grand talent, mais médiocre constructeur. En 1836 Huvé et Guerchy bâtirent le théâtre Yentadour, d'une architecture équivoc[ue. Ce monument vient d'être adapté au service d'unj compagnie financière.

Jusqu'en 1820 environ, les architectes éternisaient avec plus ou moins de modifications le style d'architecture abâtardi de la fin du dix-septième siècle qu'on peut nommer style à pilastres. Avec la Restauration les romans de A\'alter Scott arrivèrent en France. On s'éprit pour les sujets tirés du moyen âge par cet auteur; les descriptions pittoresques du romancier écossais enthousiasmèrent les imaginations en peine d'aliment. Quelques bribes de la littérature allemande, inspirée par des travaux sérieux sur le passé chevaleresque d'outre-Rhin, ainsi que les études sur nos monuments de Normandie par ci[uelques architectes anglais, vinrent ajouter à l'engouement pour le moyen âge, et l'admiration outrée pour cette époque devint une mode. Mais faute de science historique on se plongea par méprise dans une autre époque, celle des règnes de François I"" et de Henri II, c'est-à-dire dans la Renaissance. On était fatigué des arts de l'Empire, en architecture de ce vieux style éreinté, académique et officiel, avec ses éternelles colonnes et ses indispensables frontons. Dans la révolution c[ui allait s'opérer dans les arts, la peinture ouvrit d'abord la voie. La masse de ceux qui pratiquaient l'architecture sans en avoir le sentiment, fut tout à fait réfractaire au mouvement d'esprit c|ui s'opérait et qu'on est convenu de nommer romantisme, diamétralement opposé au classique tel qu'on l'avait étudié et pratiqué jusqu'alors. L'école des Beaux-Arts n'admettait pas d'innovation dont elle ne possédait point le pouvoir d'action parce que ses professeurs, tout membres de l'Institut qu'ils étaient, en ignoraient l'ascendant et les éléments. Les architectes c|ui dirigeaient la jeunesse fréquentant cette école s'élevaient avec dépit, avec aigreur contre les idées et les conceptions de nombre d'artistes d'un ca-

ractère courageux et indépendant qui, eux, de leur côté, se raillaient à chaque occasion de l'impuissance avérée de création originale, et surtout des jugements rendus sur les œuvres de leurs élèves par les professeurs siégeant au palais des Beaux-Arts *.

Le public prit le parti des novateurs, ennuyé qu'il était de l'art soi-disant classique. Non satisfait encore des réparations et de l'aclièvement des monuments publics de Paris, le gouvernement de Juillet conçut encore le projet de la restauration des monuments les plus remarquables du moyen âge français. De jeunes architectes ardents de caractère, enthousiastes, se mirent, non sans peines et sans difficultés, à étudier riiistoire, le style et la construction de nos cathédrales, de nos églises et de nos monuments civils de l'époque en question. La mode du gothique s'imposa d'elle-même, mais elle ne fut que passagère. Les quelques constructions nouvelles dans le style gothique rigoureux, en désaccord avec nos mœurs modernes et de plus d'une dépense considérable, restèrent isolées et ne constituèrent en aucune manière une Renaissance effective de ce style en France^ Le gothique ■■ passa de mode en quelques années parce qu'on s'aperçut qu'il était surtout trop dispendieux. Mais les nombreuses et

1. Dans le volume de son Histoire de France^ iiUitiiié Renaissance, 1855, Michelet s'est occupé de la question du mouvement qu'ont suiji les arts en Franco vers 1828, et surtout en 1830. On y trouvera des renseignements intéressants sur ce qui se passa alors.

Dans son livre Du prêtre, de la femme, de la famille, de 1845, dans une note de la page 180, il dit : « Dans ce même volume » {Histoire de Franee, 1833) « j'ai commis une grave erreur (à propos de Grégoire VII), j'ai dit que jamais dés hommes mariés n'auraient pu élever ces monuments sublimes, cette iléche de Strasbourg, etc. Jl se trouve, tout au contraire, que les architectes des églises gothiques étaient des laïques, le [plus souvent mariés. Celui de Strasbourg, Erwin de Steinbach eut une fille célèbre. Sabina, qui elle-même était artiste. »

En 1843 nous prouvâmes le premier dans notre Manuel de l'histoire de l'architecture, etc., t. II, que de tout temps il y eut des architecles laïques et mariés au moyen âge. Michelet, en écrivant en 1845, ne connut sans doute pas notre livre publié deux ans plus tôt.

Dans la polémique qui s'éleva entre l'Institut et les esprits indépendants, Laviron, jeune savant distingué, a écrit contre rAcadémie des beaux-arts, qui lit tenir la plume par Raoul Uochette.

Nous renvoyons le lecleur aux deux réponses que Laviron fit dans la Revue Nouvelle, t. XI, 2'= année. 1846, et l'année suivante.

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