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CHAPITRE II

AUCllITECTUUE DU DIX-SEI'TIÈME SIÈCLE.

La première pierre (le l'hôtel de ville d'AugsLourg, le monument le plus considérable du dix-septième siècle en Allemagne, fut posée en 1615. Elle Holl, né à Augsbourg en 1573, en fut l'architecte. En 1618 on on posa la couverture, et pour donner un aspect de fermeté, pres([ue héroïque, on ajouta de chaque côté une tour octogonale ([ui s'élevait de 9"',^0 au-dessus de la partie carrée. L'édilicc a 46 mètres de façade, 47'", 70 de profondeur au levant, à l'ouest il a 55 mètres d'élévation. La porte d'entrée, de 6"", 30 de hauteur, a 3™, 75 da largeur ; elle est en marbre rouge poli et llanquée de deux colonnes en marbre blanc, au-dessus desc[uelles s'élève un balcon. Entre ces colonnes, ou lit sur une plaque de marbre noir l'inscription suivante : Publicu Goxsilio, Public.e Saluti, mdc xx. Au-dessus des vantaux de la porte, deux griffons supportent le blason de la ville. Dans la partie supérieure centrale de la façade principale, on voyait primitivement un aigle colossal en bronze. La toiture de l'édifice, celle des tours ainsi que celle des balcons, sont en cuivre. La terminaison des tours a un aspect oriental; elle est en forme d'oignon qui finit en pointe. L'exiguïté de l'espace a obligé l'architecte de donner une grande élévation aux fenêtres ))our éclairer convenablement les salles intérieures. La grande salle du premier étage, nommée salon doré, est remarc[uable par ses dimensions : elle a 34"',50 de longueur, 18'",20 de largeur et 16'", 30 d'élévation : elle est éclairée par cinquante-deux fenêtres. Le plafond de cette salle est plat et uniquement supporté par les murs ; il est orné de riches sculptures dorées, d'où vient la dénomination de salon doré. Le charpentier de l'édifice était Jean Mûller ; les maîtres menuisiers

ARCHITECTURE DU DIX-SEPTIEME SIÈCLE. kOb

étaient Laurent Bair et Bonacker, et la sculpture est due à Christophe Murmann, qui, comme coopérateurs de l'œuvre, méritent d'être nommés.

Elie Holl hâtit aussi l'Arsenal, orné de statues eu bronze cl première œuvre de cet architecte. Il construisit également dans sa ville natale la maison des Bouchers, qui ne manque pas de belles proportions et de beaux profils dans les moulures. Cet architecte, de renommée de son temps, mourut (^n 1636. Il fut victime des passions religieuses. Lors de la réaction catholique de 1630, il perdit ses fonctions d'architecte de la ville et sa foi'tune. A la reprise d'Augsbourg par les Suédois, ses fonctions lui furent rendues, mais il mourut pauvre.

L'architecture du dix-septième siècle en Allemagne, sans types nationaux antérieurs, y a été pratiquée avec divagation. Une imagination déréglée, sans aucune méthode, sans frein, sans tentative d'épuration, avec absence absolue de talent architectural, mais fautas- / tique, aboutissant au difforme — caractérise en général cette architecture qui s'y est universellement étendue. Les grandes règles trouvées et fixées par les Grecs, imitées à Rome, appliquées ensuite avec quelque succès au retour des croisades dans l'architecture romane, tant ecclésiastique que civile, avec retour enfin dans la Renaissance italienne — ces grandes règles du beau en architecture, ont été lettres closes povu^ les architectes d'outre-Rhin pendant le dix-septième siècle. Ayant épuisé les formes en les ravalant avec une grande aberration, le mauvais goût s'imposa à la majeure partie des monuments, pour aljoutir enfin au dix-huitième siècle et se noyer dans le style Pompadour, jus((u'à ce que le classique reparut à la fin de cette époque.

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