talienif*f «erfAun^n, 1831. T
construites d'après le plan de la basilique antique, ayant toutefois une disposition centrale et particulière, permettant de placer au milieu du monument une coupole élevée et élégante, construite sur une partie cylindrique à l'intérieur, et prismatique (octogone) à l'extérieur, pendant les première et deuxième époques, qui sont aussi les plus belles. Les plus anciennes façades, depuis Constantin jusqu'à Justinien Ier, en 527, présentent une masse carrée, terminée à son sommet par une corniche en pierre ou marbre, souvent en brique, et forment des angles saillants et rentrants. Sur ces façades il n'y avait aucun fronton indiquant la pente du comble; car la charpente, alors comme plus tard, ne fut jamais employée par les Grecs pour couvrir les édifices; on. se servait seulement de terrasses et de dômes. Lue ou plusieurs portes donnaient accès dans ces églises; elles étaient généralement ornées de moulures très-refouillées, et le linteau se trouvait soulagé par un arc en décharge. Les façades latérales différaient peu des façades principales; elles avaient aussi une porte. Les absides, fréquemment au nombre de trois, étaient simples, et leur forme plus souvent demicirculaire que polygonale. Klles étaient percées d'une ou de plusieurs ouvertures. L'architecture de cette première époque ressemble encore parfaitement à son modèle, l'architecture chrétienne romaine primitive.
Dans la seconde époque du règne de Justinien 1er, en 527 jusqu'au Xe siècle, les dômes se multiplient et finissent par régner même audessus du porche. Le plan de la basilique romaine est maintenu, mais modifié. Les nefs augmentent en nombre , les piliers carrés remplacent les colonnes qui deviennent de plus en plus rares, les pendentifs se modifient et se varient. Les voûtes, se divisant par zones horizontalcs, se décorent de peintures. Les fenêtres ne sont plus placées que sur la partie cylindrique et perpendiculaire du dôme central, leur sommet pénètre encore dans la calotte sphérique. Dans cette seconde époque l'Architecture se développe dans un style plus riche et plus brillant que celui pratiqué en Italie après les guerres avec les Goths. Elle se modifia parles exigences nouvelles du culte, et surtout dans le plan des églises qui commençait à se compliquer toujours de plus en plus.
Dans la troisième époque enfin, du xr au xir siècle, le plan tend de nouveau à se rapprocher de celui des basiliques romaines. Dans les façades, les inclinaisons des toits sont indiquées par des frontons. Les tribunes des femmes ont disparu ; on leur réserve certaines parties des
nefs latérales. Alors arrivent aussi une profusion et une richesse extraordinaire d'ornements inconnus jusqu'alors. Des voûtes en berceau régnent sur toute la longueur de l'édifice. Cette époque conserva jusqu'à sa fin les caractères essentiels et le plan général de l'époque de Justinien, sans toutefois atteindre les dimensions, la magnificence, la solidité et l'exécution matérielle des monuments de la première époque.
Nous rangerons dans le premier âge l'ancienne métropolitaine d'Athènes, les églises des Incorporels, de Saint-Théodore, de Saint- Taxiarque, toutes trois dans la même ville *, et un autre petit sanctuaire situé non loin du mont Anchesme2, l'église de Saint-Luc, près de l'ancienne Styris, que Spon dit être bien bâtie en croix grecque avec un dôme médiocre au milieu \ Dans la seconde époque, l'église de Saint-Nicolas à Mistra, l'église de Samari près d'Androussa; dans la troisième, Saint-Nicodème, l'église de Kapnicarea à Athènes, la cathédrale de Mistra \
Au pied du mont Anchesme près d'Athènes, il existe une petite église sous l'invocation de saint Georges. Le plan de cette église a une apparence presque carrée à l'extérieur. A l'ouest, il y a un porche sur toute la largeur du monument, dans lequel on pénètre par trois arcades. Au premier étage s'élève une croix grecque, et l'intersection est couronnée par une lanterne octogone, dont chaque angle extérieur est orné d'une colonne avec chapiteau. Sur chaque angle extérieur formé par les huit compartiments du dôme s'élève une nervure ou formeret d'apparence courbe; ces nervures se réunissent au sommet de la coupole. Un arc plein cintre lie les colonnes de chaque face, qui ont une haute et étroite croisée également terminée par un arc plein cintre; la coupole à huit pans est couverte en tuiles. Les pans du toit suivent ceux de l'octogone. La largeur totale de ce petit sanctuaire est de 8n hl. Une autre petite église, également sous l'invocation de saint Georges, et non loin du monument de Thrasyllus, est encore plus petite ; elle n'a que '2m 19 de largeur, ce qui fait présumer à M. Woods5 que les églises chrétiennes grecques n'étaient destinées qu'aux prêtres, et non au peuple. A Athènes et dans les environs il y a beaucoup de ces petites églises. L'extrême exiguïté des sanctuaires
1. A. Couchaud, Èylixt byzantines, pl. 1, 2; pl. 8, *», 10; pl 16.
2. J. Woods, Ltlttrt, etc., t. II, p. -'70. — 3. Spon, Voyage, t. II, p. 77.
4. A. Couchaud, ÊglUe% byzantine*, pl. 27, 29, p. 11, 12, 13; pl. 11, lô, 20 à 23. *». .1. Wood», Letten of an Architert., vol. II, p. 27o.
grecs pourrait donner quelque vraisemblance, sinon une certaine vérité à cette assertion. L'ancienne met militai ne d'Alignés n'a que 7» 30 de largeur sur ÎO" 20 de profondeur; Saint-Philippe à Athènes S" 50 de largeur sur Um 70 de profondeur; l'église de la Vierge du grand monastère à Athènes 9 mètres de largeur sur 13 mètres de profondeur; l'église Saint-Jean à Athènes 10 mètres sur 12" 85 de profondeur; l'église des Incorporels à Athènes 6ro 55 de largeur sur 9B 10 de profondeur ; Saint-Théodore à Athènes 10 mètres de largeur sur llm50 de profondeur ; Saint-Nicodème à Athènes 11"" 90 de largeur sur 1G*20 de profondeur; l'église de Kapnicarea à Athènes 7" 75 de longueur sur 10» 30 de profondeur; Saint-Taxiarque à Athènes km 25 de largeur sur 6m80 de profondeur; l'église du monastère de Daphni près l'ancienne Eleusis, à 10 kilomètres d'Athènes, 13œ30 de largeur sur 181" 55 de profondeur y compris le porche ; l'église de la Vierge à Mistra 8 mètres de largeur sur 13m 85 de profondeur; l'église de Saint- Nicolas à Mistra 9m 75 de largeur sur 9" 90 de profondeur; l'église de Samari, près d'Androussa, 6m 50 de largeur sur 1 km 25 de profondeur, le porche compris ; une chapelle, près Androussa, 3° 70 de largeur sur 7 mètres de profondeur; l'église de Navarin 15"1 frO de largeur sur autant de profondeur, non compris le porche; l'église d'Osphino, sur la route de Navarin à Modon, 2m /»0 de largeur sur 5n,20 de profondeur; une église près de Modon, 6B60 de largeur sur 9m [j0 de profondeur ; celle du monastère du Vourcano en Messénie, 6m 85 de largeur sur llm 80 de profondeur. Toutes ces mesures sont prises dans l'œuvre, et sans compter la profondeur des chapelles ou absides.
La coutume des temps avancés du moyen Age, chez les Grecs, de surmonter de coupoles les parties adjacentes des églises, semblables à celles élevées sur la partie principale, ne fut pas un caprice du goût, mais bien un résultat amené par la nécessité. Dans plusieurs parties de l'empire d'Orient, les hautes futaies étaient rares, et pour celte raison la construction en bois devenait dispendieuse et même quelquefois impossible. En Sicile on voûte encore aujourd'hui les églises, comme à Procida, et, chez les habitants chrétiens de la Nubie, au moyen âge, nous voyons également qu'on couvrait de dômes et de voûtes les bâtiments les plus ordinaires.
DU STYLE BYZANTIN