Fuseaux. 300. - Pointes de diamants
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aperçoit dans les chapiteaux, sur les tailloirs, dans les cordons, et quelquefois comme médaillons isolés. Avec le xie siècle paraissent les clefs de voûte, d'abord simples, ensuite ornées.
L'architecture romane des %* et xi* siècles qui a encore une apparence écrasée, lourde et massive, quoique déjà en progrès, se développe au xii* siècle : elle devient plus majestueuse et plus élancée, plus élégante, plus proportionnée dans les diverses parties qui la composent, plus harmonieuse dans son ensemble, et enfin plus légère et plus délicate. Le plan des monuments offre moins de massifs de maçonnerie, les vides se multiplient et s'agrandissent. Dans les élévations, les parties horizontales, telles que les soubassements, les corniches, les cordons, les frises, diminuent et disparaissent de plus en plus. Llles commencent à être coupées par des avant-corps peu saillants et des retraites peu profondes. La ligne perpendiculaire commence à prédominer et à attirer l'attention. Les portes se haussent, les nefs s'élèvent, les fenêtres, encore sans meneaux ou subdivisions géométriques, s'élancent ; nous voyons apparaître des clochers d'une grande hauteur, mais la pyramide polygonale qui les surmonte reste encore peu élevée; elle se ressent toujours de l'influence antique du système horizontal.
La première croisade, décidée au concile de Clermont en 1095, avait eu lieu. Au retour des croisés, l'Occident acquit une connaissance plus étendue de l'Orient. Parmi les Francs qui visitèrent la Grèce et l'Asie Mineure, quelques-uns apprirent à connaître dans les couvents les trésors de la littérature grecque et les monuments de l'Architecture antique. Le xu* siècle fut témoin d'un grand mouvement intellectuel en Occident , auquel trois hommes remarquables contribuèrent particulièrement. Le premier est d'abord Pierre Abailard, né en 1079 à Palais en Bretagne, patrie du célèbre Pelasge, contradicteur d'Augustin. Abailard fut le défenseur de la science ; il avait pour principe qu'il ne fallait croire que ce que l'on avait compris. Le second, Bernard de Clairvaux, était né en Bourgogne en 1091 ; défenseur fanatique et passionné du despotisme sacerdotal, il soutenait, d'accord avec l'Église, qu'il fallait la foi pour pouvoir comprendre; il voulait en outre qu'on écartât d'une manière absolue la compréhension du domaine de la religion. Le troisième de ces hommes, enfin, fut Suger, né en 1081 dans les environs de Saint-Omer. Esprit universel, homme d'État, plein de sagesse et de jugement, ami sincère de la monarchie, actif défenseur des institutions politiques tradition-