‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 143 sur 367 · Voûte d'arête romaine · texte numérisé non relu

Voûte d'arête romaine

que sur quatre points qui furent consolidés dans la suite par des piliers de grosseur et de forme diverses. Dans la voûte en berceau on

avait construit en dessous de la superficie courbe des arcs-doubleaux ou transversaux, d'un pilier à l'autre pour donner plus de solidité à la voûte. Ensuite on fit un progrès de plus ; on imita les arcs-doubleaux transversaux dans les arcs diagonaux, et ainsi, l'on eut dans la voûte d'arête les nervures en saillie dans le vide, sous la voûte. De cette manière on eut l'ossature de cette couverture, et ce squelette permettait de donner une très-petite épaisseur aux matériaux dont les quatre triangles de la voûte étaient formés. Cette dernière ne reposait donc en réalité que sur quatre points d'appui; elle pouvait se passer de murs, indispensables à la voûte en berceau. Le long des deux murs latéraux, l'on banda des arcs, nommés formerets, en dessous de la portion de voûte transversale. La voûte d'arête romaine imitée au moyen âge formait un carré, et au moyen des deux diagonales croisées, ce carré se composait de quatre triangles isoscèles. L'imitation de la voûte d'arête antique avait ses inconvénients; ce système commandait que les voûtes du centre eussent le double de profondeur de celles des collatéraux : il exigeait en outre des supports très-massifs. Ensuite cette voûte laissait encore un pilier intermédiaire sans usage et sans utilité pour la solidité de la couverture. Alors on ajouta en travers de la nef un arc qui passait par l'intersection des diagonales, de sorte que la voûte fut divisée en six triangles, deux grands et quatre plus petits, dont chacun formait la moitié des grands triangles primitifs. C'est ainsi que sont les voûtes des nefs de Saint-Étienne de Caen et de l'église de Creully. ABCD est le carré à voûter au moyen de deux demi-cylindres dont les courbes d'intersection AC, BD forment une ellipse ; afin que les arcs transversaux AB, EF et DC fussent de la même

hauteur que le sommet de l'ellipse AoC, il fallait que les arcs AB, EF, DC fussent des pleins cintres, ainsi que l'indique l'arc ponc-

VOUTES. m

tué DZC. Sur les côtés, on construisit deux petits arcs formerets plein cintre AoE, EoD de notre figure. Ainsi les crêtes des six voûtes ABG, AGE, BGF, EGD, GFC, GDC se trouvaient d'égale hauteur ou de niveau.

Mais toutes les voûtes romanes, quoique d'arête , ne sont pas construites avec des diagonales formant ellipse. Était-ce par ignorance de pouvoir tracer l'épure de l'ellipse? Toujours est-il qu'il y a des diagonales de voûtes carrées, qui ne sont point elliptiques, mais ovales ; l'ovale était plus aisé et moins savant à construire que l'ellipse. Dans cette forme des diagonales, les arcs sur les quatre faces AB, AD, DG et BC deviennent des arcs à tiers-point DgC, qui ont le centre de leurscourbes en oo. Les deux cercles Brin, nsrD, servent à construire l'ovale en question, avec trois centres en s, t et p : le point n sert de centre au rayon ¥n. Voilà un , premier procédé de construction de

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