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Vie d'Auguste, ch

LIVKE PREMIER.

travaux pour la marine et des dépôts de charbon de terre. II y avait, dans plusieurs localités des Apennins, des filons de minerais d'or et d'argent qu'elle exploitait aussi, et, auprès de Volaterra, des salines et des établissements thermaux d'eaux chaudrs et d'eaux sulfureuses. Les Étrusques, experts dans l'art de la fonte des métaux, ont peu brillé dans la sculpture; mais ils ont particulièrement excellé dans la peinture. Tout, chez eux, montre un esprit riche en créations nombreuses destinées à égayer et à embellir la vie1 : les vases en poterie, les bas-reliefs des urnes dans lesquels est représenté, avec une prédilection toute spéciale, le génie de la mort, Mantus; les jeux nationaux, religieux et dramatiques, avec leur signification accessoire d'expiation; les immenses cirques destinés à la course à chars; les théâtres sur lesquels on cultivait la musique, la danse et la gymnastique, qui servirent certainement de base populaire au drame sans doute imparfait ; les somptueuses cérémonies triomphales, célébrées surtout à la suite de succès militaires.

Les plus anciennes constructions étrusques étaient des bâtisses d'utilité matérielle, où le métier remplaçait l'art ; elles avaient pour objet la fertilisation du sol, l'encaissement des cours d'eau, le dessèchement des marais et de vallées inondées, travaux qui sont en dehors de notre sujet. En fait de constructions primitives, nous avons à nous occuper des enceintes et des portes de villes , dont il reste encore un assez grand nombre de vestiges. Le caractère de la construction des murs en pierre était indiqué par la nature et l'état du sol. Il s'agissait d'arriver au moins de déchet possible des matériaux; on employait alors la pierre à l'état brut, et on superposait de grands blocs en y intercalant des morceaux de moindre dimension; enfin, quand on commença la taille, on s'en tint autant que possible à la forme naturelle. Le secours du ciseau, toutefois, a été très-primitif, au moins pour les parements et les assises formant angles; au reste, plus les masses restaient brutes et plus la juxtaposition était imparfaite, plus il était nécessaire d'introduire de petites pierres pour former la liaison, et plus aussi les murs méritent-ils le nom de cyclopéens que Pausanias n'a donné qu'aux seules murailles de Tiryns et de Mykène, construites ainsi que nous venons de le décrire1.

1. Aussi Perse dit-il que le* Étrusques formèrent le noble noyau des Romain». Stemmate ijuod Thusc» ramvm mtUe$ime ducù. Satire III, v. 28. 1. Pausanias, 1. u, ch. xvi.

MURS ÉTRL'SQLKS. 577

C'est surtout chez les Étrusques qu'on rencontre des mure rustiques à la façon desquels le ciseau a très-peu contribué : c'est sur les sommets et les versants abrupts de l'Apennin que se trouvent ces constructions où la pierre calcaire s'offre en gros blocs irréguliers. La plaine du Latium et de l'Étrurie a sa loi particulière; le tuf tendre s'y trouve en couches régulières. Quand on l'employait en fortes masses, la construction régulière naissait de soi. Mais il ne manque pas non plus d'exemples d'emploi de pierre calcaire qu'on est allé chercher au loin dans la montagne, pierre plus dure employée alors pour des substructions, comme pour les murs d'enceinte de Pyrgoi, par exemple, sur le bord de la mer. Quant à la dureté et à la fracture entre la pierre calcaire et le tuf, le péperin sert d'intermédiaire. Quelque facile que soit la taille de cette pierre volcanique, elle a cepen-' dant été employée souvent de préférence dans sa forme irrégulière et brute où elle se trouvait dans la carrière. Les seuls murs en péperin sont ceux de Ferentum, d'Aricic, d'Empulum et d'Aurunca. La tendance à la construction horizontale est incomplètement pratiquée dans la montagne; mais dans la plaine, elle l'est d'une manière plus parfaite. Là, les pierres sont placées par longues assises horizontales, plus ou moins taillées, comme le montrent les murs gigantesques d'Aurunca et d'Olévano, de l'antique Cortone et de Kœsulap. Là aussi, la pose horizontale des pierres a lieu en lits réguliers selon la forme des matériaux; mais à cause de leur peu de dureté, le ciseau a été employé pour déterminer d'une manière plus absolue le caractère horizontal. On trouve à peine de grandes masses de tuf empilées, brutes ou peu taillées, mais bien avec une grande rusticité dans les joints ou juxtaposition. On voit aussi des masses sans ordre systématique dans les joints et d'une grande diversité dans les dimensions des blocs de pierre employés : tels sont les murs de Véji, d'Ardée et de Satricum, où il y a absence complète de mortier. — Mais autre chose est un principe qui détermine et règle la nature des matériaux bruts. Ce principe se manifeste quand la pénétration architectonique, reconnaissant dans la pierre le caractère inhérent de ses avantages pratiques comme forme, cherche à perfectionner en n'acceptant la forme que pour la plus grande utilité du but proposé. Ce caractère de Yutile est déduit ou emprunté de la construction de pierre irrégulière. Les pierres sont assemblées avec soin, accrochées les unes aux autres au moyen d'entailles artificielles, et produisent un ensemble

compact et difficile à détruire. Le plus grand nombre des villes d'Itaii. :t

lie, et parmi elles, celles des Aborigènes, comme Lista, par exemple, offrent ce système de construction, qui a été même en usage chez les Romains à l'époque de la bâtisse la plus parfaite en pierre de taille. Signia et Circeji, dont la fondation n'appartient pas à Tarquin, mais qui ont été certainement restaurées par lui, offrent tout le caractère d'une construction exécutée avec beaucoup d'art, quant aux joints. Le fondement de la voie Appienne entre Terracine et Fondi, et particulièrement la portion conservée sous le château de Saint-André, auprès d'Itri, offre en général de l'analogie, quant au style, avec les murs de Circeji et de Signia. D'autres fondements semblables s'aperçoivent aux voies Valériane, Salaricnne et Blandicnne.

C'est encore de cette façon que la construction en pierre de taille a été amenée à sa perfection; son principe est celui de la construction avec des masses régulières, qui n'est arrivée à sa perfection à Rome que par les Tarquins. Dans la pierre de taille, une apparence régulière des matériaux ne suflit pas, il faut encore une taille d'égale élévation pour les pierres formant chaque assise, en ne tenant aucun compte toutefois de leur longueur uniforme. C'est ce caractère rectangulaire qu'offrent les constructions existantes des Tarquins : le grand cloaque, le pulchrum litus et les murs du temple du Jupiter Capitolin. Là, la hauteur constante des pierres est de 0m 58, tandis que leur longueur varie beaucoup dans la même construction. Mais dans ces constructions, on n'a point encore songé à contrarier les joints, ainsi qu'on a eu soin de le pratiquer dans les murs de Rome bâtis par les Tarquins et Servius Tullius.

Le principe de la construction irrégulière arriva enfin à sa plus haute perfection systématique, quand on abandonna la pose par zones horizontales des pierres, quand le caractère polygonal se manifesta d'une manière plus indépendante dans toutes les directions des joints des murs. Dans ce cas, les pierres sont posées les unes contre les autres dans un angle de kb degrés, comme aux murs de Fondi, de Bovianum, de Signia et en quelques endroits d'Alba Fucencis. L'Qpus reticulatum des temps romains postérieurs en est, pour ainsi dire, une imitation; le développement systématique en revient également aux Romains.

La pierre calcaire, avec laquelle les murs de Cortone sont élevés, est taillée à face rectangulaire et posée en zones horizontales; quelques blocs ont 2ro 20 de longueur sur 0* 88 de hauteur. Les murs de

VOUTES

Perugia sont construits de la même façon, mais d'un appareil plus petit; il en est de même de ceux de Fabula* et de Volaterra. Ceux de Rusellx ont des pierres entièrement brutes et sont semblables aux précédents, ainsi que ceux de Populonia; Cosa en a qui sont composés d'un appareil polygonal brut. Saturnia a des murs formés de matériaux polygonaux taillés à vive arête. Le cbâteau de Viterbe, sous le Poggio du Dôme, offre une taille de pierre presque rectangulaire. A Ferenlum, les mure sont construits de pierres irrégulières de péperin, tandis que la contrée offre de la pierre calcaire. Falerii a des murs en tuf taillé en rectangles; les pierres en sont plus fortes que dans la colonie romaine établie dans la plaine (1" 30 sur 0" 65). A Csera», les pierres carrées en tuf des constructions primitives furent employées à la construction de la ville postérieure. Pyrgoi nous a laissé des restes de murs en pierres calcaires polygonales. ATarquinii, il y a des ruines de murs composées de pierres carrées. A Veji, les murs sont construits en parallélipipèdes d'inégales dimensions en tuf, dont les plus grands ont 3m 70 de longueur; il v existe un soubassement en briques destiné au nivellement du rocher.

Il y a un détail de construction qui est de la plus haute importance pour la technique architectonique, et qui n'est point dû au hasard ni aune invention spontanée; ce détail, né de la nécessité, et qui constitue un progrès, est le développement de lare et de la voûte. Ce progrès est dû au peuple primitif chez lequel s'est développé en premier, en Italie, l'art de la coupe des pierres. Le tuf tendre, qui est extrait en surfaces unies et en lits droits, devait engager par lui-même à la taille. C'était de plus la qualité tendre des matériaux qui a introduit des couvertures d'une seule pierre pour abriter des espaces spacieux» ainsi que cela pouvait être pratiqué dans la montagne au moyen de la pierre calcaire, ce qui devait forcément et naturellement conduire au développement de l'arc. Les portes castrales, avec arcs, de l'Aearnanie, qui sont très-primitives, la galerie de Tiryns, qui offre, semblet-il, des velléités d'arcs dans sa construction, et la porte d'Oeniada, montrent toutefois une sorte de représentation figurative dè la construction de l'arc, propre ^ la race primitive qui a constitué la plus ancienne population de la Grèce et de l'Italie.

L'on voit aussi des masses de maçonnerie en forme semi-circulaire ou affectant aux extrémités la courbe due au quart de cercle; dans plusieurs parties des murs d'Arpino et de Coré, où l'on découvre aussi

les traces de la construction primitive avec arcs, construction que l'on peut suivre jusqu'à sa première apparition dans les petites pierres posées autour d'une plus grande, de forme circulaire, qui se voient dans les murs d'Aurunca et d'Éburi.

Le premier arc d'Italie, pouvant être historiquement déterminé d'une manière positive, est le cloaque de Rome, œuvre desïarquins. Là, se trouve un canal souterrain dont le parcours forme une ligne brisée; il est voûté avec entrée et sortie surmontées d'un arc; la voûte du canal est formée de trois arcs concentriques qui se sont parfaitement maintenus jusqu'à nos jours. L'arc inférieur de ces trois arcs superposés a 0" 52 d'épaisseur : les deux autres 0m 54. Le diamètre intérieur de l'arc inférieur a 3" 14, et le sommet de l'arc est à une

élévation de lœ 23 au-dessus du niveau de l'eau Les arcs, comme le reste de la construction, sont entièrement en tuf. La sortie de ce canal dans le Tibre a environ h mètres d'élévation. Le seuil du fond du canal, du côté du fleuve, est situé à une hauteur assez considérable au-dessus du Tibre qui a en cet endroit km 60 de profondeur. En ligne droite le cloaque a environ 300 mètres de longueur.

Dans les murs de la ville inférieure de Tusculum, il existe une fontaine d'une forme rectangulaire oblongue. Elle a une voûte en ogive, construite en assises horizontales formant encorbellement : le canal

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