‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 173 sur 367 · PLAN DES ÉGLISES · texte numérisé non relu

PLAN DES ÉGLISES

proques, et le caraclère qui s'ensuit pour les formes, ainsi que les fenêtres, renferment les exigences premières, d'après lesquelles a été déterminée la disposition esthétique de l'extérieur. Il faut prendre ensuite en considération la disposition de la forme pyramidale des toits, qui, indépendamment de son caractèjxï ascendant, se communique puissamment au reste de l'extérieur du monument. Le soubassement • se compose d'une plinthe élevée, couronnée d'une ou de plusieurs moulures simples; il contourne les trois faces des contre-forts, en régnant tout le long du monument et donne à l'édifice une base robuste et solide. Des corniches de couronnement, avec de fortes saillies et de profondes gorges placées sous les toits, terminent vers le haut toutes les surfaces de maçonnerie. Les membres de ces corniches sont tout à fait originaux; ils ne sont plus autant que dans l'architecture à plein cintre des réminiscences de l'antique. Des éléments tirés de la géométrie leur servent de base. Ces corniches se composent de larges filets ou listeaux, de membres qui ne présentent pas une opposition, ainsi que l'échiné et le tore, ni une pression réciproque. Les grands et les petits filets sont taillés en chanfrein vers le haut, et ce biseau est en harmonie avec la ligne du toit; il rentre dans le système général, système vertical qui sert en outre à l'écoulement des eaux dans les pays septentrionaux. Sous ces filets il y a des talons ou gueules profondes et creuses, tantôt petites, tantôt plus fortes, et dont le profil offre une vie et un mouvement qui tend encore à l'élévation, et qui se trouve en rapport avec le principe des voûtes de la structure générale.

Nous avons déjà parlé plusieurs fois du plan des églises, et plus particulièrement à propos de la basilique romaine et des monuments de l'empire d'Orient. Nous avons vu comment les traditions romaines et le culte catholique déterminèrent la forme des monuments religieux, et fixèrent les règles qui devaient satisfaire les exigences du rit. Lorsque Constantin embrassa la religion chrétienne et en fit celle de l'État, le culte extérieur des chrétiens, pratiqué jusqu'alors en secret et dans des lieux cachés, demandait un exercice public. On mit à leur disposition, tant à Rome que dans les provinces, les édifices qui avaient servi jusqu'alors à rendre la justice, les basiliques qui étaient tout à fait propres à l'exercice des cérémonies du culte chrétien. Mais à Constantinople , où il n'y avait point ou peu de monuments pareils, on songea, comme nous l'avons dit plus haut, à construire des monuments particuliers pour l'exercice du culte. Cette circonstance donna naissance à la forme de la croix à quatre bras égaux enfermés dans un carré parfait. Dès

le milieu du n* siècle, le signe de la croix était d'un usage fréquent parmi les chrétiens'. Une autre forme qui se rapporte à la croix est celle de la lettre tau, T; on aimait à l'employer. Son usage et sa signification dégénérèrent même en jeux puérils3. La signification de la croix s'est maintenue pendant toute la durée du moyen âge. Dans le sermon d'inauguration de l'église Saint-Sauveur d'Aniane, du commencement du txe siècle, il est dit : Dominiez crucis figura, quam in • sancli Salvatoris aula per sut fabricant depinxit*. Et d'une autre église il est dit encore : In dextro cornu ecclcsve, qux in modum crucis constructa est ; et : In medio ccclesix , qux est instar crucis constructa *. Ce dernier édifice est de l'an 83G environ.

Du mélange de la forme de la basilique antique avec la croix à quatre branches égales des monuments de l'empire d'Orient , est né le plan des églises du moyen âge-, plan universellement suivi et appliqué, à peu d'exceptions près, dans tous les monuments destinés au culte. La disposition du dedans détermine l'apparence du dehors: l'intérieur présente trois grandes divisions, trois nefs, quelquefois cinq, répétées au portail ou façade occidentale.

La croix est devenue la forme dominante des églises, et ce n'est que rarement qu'on rencontre des monuments postérieurs au x* siècle dans lesquels on n'ait pas suivi le plan simple et grandiose de la basilique latine. Quelques édifices romains et circulaires ont servi cependant de modèles à certaines églises rondes ou polygonales, comme celles de Kieux-Mérinville, de Notre-Dame d'Aix-la-Chapelle et autres.

On donna la forme octogone aux baptistères, qui étaient isolés anciennement ; à ceux de Constantin à Rome, de Saint-Jean-in-Fonte de Ravenne, de la cathédrale de Parenzo en Istric, de la cathédrale de Cila-Nuova en Istrie, à ceux de Florence, de Volterre, de Torcello, de Fosca, de Saint-Sauveur de Pise, de Parme, de Pistoja, de Montmorillon, etc. Mais cette disposition n'a pas été de longue durée et paraît n'avoir pas dominé en France.

Jusqu'au xur* siècle le plan de la basilique est employé dans sa forme primitive. L'hémicycle oriental au centre est flanqué seulement de deux ou de quatre absides latérales. Les transsepts sont généra-

1. Tertull., de Coron, mil., c. m. — Voyez aussi Constit., VIII, c. xn. — Chrysoutome, Uom. Opp., 1. 1, p. 571.

2. Voyez. Nota» var. ail Paul. Nolan , n. CXVIII, p. 898. — SMùnttr, einubilwr. jc. 1H35, p. 69 71.

3. Mabillon, Acla SS. lientd., t. IV, I, p. 214. — 4. Id., p. 516.

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