‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 174 sur 367 · PLAN DES ÉGLISES · texte numérisé non relu

PLAN DES ÉGLISES

Jement peu saillants ; trois ou cinq chapelles ne rayonnent que rarement autour de l'abside. Au xme siècle le chœur s'allonge vers l'orient; il devient polygonal à sa terminaison, et chaque pan est orné d'une chapelle également polygonale. Les nombres trois, cinq et sept dominent dans les différentes parties de l'église. Mais ce n'était pas le caprice ni le hasard qui firent naître l'emploi de ces nombres. La forme de l'ogive a pour base la géométrie. Les éléments de cette science déterminèrent aussi les autres parties des monuments du système à ogive. L'ordonnance générale du plan était soumise à des proportions et à des lois dans lesquelles entraient les surfaces et les 'corps solides. Les architectes du xiup siècle ont fait un emploi particulier du carré et de sa diagonale, du cube, de sa dingonale et de ses cotés, dont la base carrée, adoptée comme mètre, mesure par excellence, placée à l'intersection des quatre bras de la croix, donnait les proportions des différentes parties du monument. Le déploiement des six faces du cube produit la croix latine. La

croix orientale n'adopte que cinq côtés; l'unité, la racine d__J du carré, n'était reportée que trois fois sur la longueur — et la largeur de l'ensemble, et le carré du centre se

comptait deux fois. Dans la croix occidentale, au con- Croix Utlno traire, plus fidèle à l'antique forme allongée de la basilique, on voit les six côtés du cube ; l'unité se trouvait quatre fois sur la longueur et trois fois sur la largeur, en comptant deux fois le carré central, ce qui donne le nombre sept. Les quatre unités de longueur ne sont cependant pas absolues dans les églises d'Occident. On trouve souvent des monuments où l'unité est contenue cinq, six fois, et môme au delà.

II existait dans le plan des monuments une unité absolue formée géométriquement, et sur laquelle se basaient la quantité ainsi que la disposition de toutes les parties principales et secondaires. Cette unité se découvre dans le nombre des côtés donnés à la terminaison orientale du chœur; en admettant toutefois que le monument n'ait point subi de changements depuis sa fondation. Si, antérieurement au xnr siècle, le chœur est circulaire, i! reçoit a l'extérieur une forme polygonale, qui se compose d'autant de côtés que le nombre-type offre d'unités. Mais dans la suite, afin qu'il y eût une parfaite concordance entre le nombre de pans de l'abside et le nombre contenu dans l'unité, on finit par adopter la terminaison polygonale pour l'extrémité orientale du chœur. Elle fut alors toujours formée par des polygones pou-

LIVKE SECOISD

vant s'inscrire dans le cercle, dont le diamètre donne le carré primitif, , le type absolu, dont un des côtés est aussi la mesure de la largeur de la nef.

C'est de cette manière que furent conçues les diverses terminaisons du chœur, qui offrent toutes, soit la moitié du pentagone, soit la moitié de l'hexagone, soit la moitié de l'heptagone, soit la moitié de l'octogone, etc. L'octogone donne une forme à trois pans, composée de trois cotés de ce polygone (figure 338). A droite et à gauche il a deux côtés, qui appartiennent, il est vrai, encore à la prolongation du chœur*, mais qui ne font pas partie de sa clôture à l'orient. La terminaison à trois pans est la plus usitée, et on la remarque dans

•J4i. Ml. u;.

un très-grand nombre d'églises, à Snint-Ouen de Rouen et à Notre- Dame de l'Épine, prèsChàlons, par exemple. La terminaison à trois pans est également produite par la moitié de l'hexagone [figure 339). La terminaison décagonaleou à cinq pans est produite par la moitié ou cinq faces de la figure à dix côtés égaux (figure 3£|0). Il n'y a que de rares exemples de la terminaison à quatre pans, formés également de quatre côlés du décagone ou figure à dix côtés égaux, ayant un angle sur l'axe central de l'église. Mais alors, au centre, l'angle empêche d'y placer une fenêtre, d'un si bel effet dans le crépuscule mystérieux du rez-de-chaussée de l'abside. L'église de Morienval a un chœur terminé par quatre pans. Le chœur oriental du dôme de Naumbourg a également cette forme (figure 3^1). La terminaison a

Page 1