L'UNITÉ DANS LES ÉDIFICES
cinq pans peut aussi être produite par le dodécagone ou polygone à douze faces. Mais alors on n'employa que cinq de ses côtés {figure 3^2). La terminaison à sept pans est produite par la moitié du polygone à quatorze côtés, ou de l'heptagone doublé {figure 343).
Le chœur se prolonge tantôt immédiatement hors de la partie orientale de l'église, tantôt il est entouré d'un collatéral qui se dirige sur l'axe des bas côtés de la nef ; le chevet, de la même largeur que la nef principale, semble n'en être que la prolongation. Le collatéral qui règne autour du chœur est ordinairement formé du même nombre de côtés que celui qui règne dans la terminaison de l'abside ou sanctuaire. Quelquefois» cependant, ce collatéral a plus de côtés que le chœur proprement dît, quoiqu'ils soient formés tous deux du même polygone.
Le nombre de côtés de la terminaison du chœur indique l'unité fondamentale du monument. Si elle a trois pans, formés de l'octogone, le nombre huit domine aussi dans d'autres parties de l'édifice. Quatre ou huit piliers sont placés de chaque côté de la nef. La longueur totale de l'église sera de huit unités, ou la nef seule en aura quatre. La terminaison du chœur du dôme de Meissen, de Saint-Étienne de Vienne, de la cathédrale de Chàlons-sur-Marne, est formée de l'octogone. Si les trois pans du chœur sont construits de la moitié de l'hexagone, alors aussi le nombre six domine dans d'autres parties de l'église. Le dôme de Fribourg-en-Brisgau, où l'extérieur du collatéral, composé de douze pans et d'autant de chapelles, est formé du dodécagone, en est un exemple. Si le chœur a cinq pans, comme à Notre-Dame de Reims, on retrouvera ce nombre encore ailleurs. Cinq ou dix piliers se verront dans la nef, comme à Notre-Dame de Rouen, Notre-Dame de Paris, au dôme de Magdebourg, à celui d'Ulm et à l'église de Sainte-Élisabcth de Marbourg. Il y a cinq pans au chevet de Notre-Dame de Noyon ; il y a aussi cinq chapelles et dix travées dans la nef. Le chœur de l'église de Saint-Quentin est terminé à cinq pans; il y a cinq chapelles rayonnantes et cinq piliers dans la nef. Les cinq pans du chœur du dôme de Cologne sont formés du dodécagone ; les sept pans du collatéral sur lesquels s'appuient les chapelles sont également sept faces du polygone à douze angles, dont les deux derniers, à l'occident, sont placés sur l'axe de la rangée de colonnes qui forme les collatéraux. Le chœur d'Amiens est à sept pans. Sept chapelles rayonnent autour de ce chœur; il y a sept travées dans la nef. Le chœur de Saint-Pierre de Beau vais, celui de Notre-Dame de Chartres ont sept pans. Sept
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chapelles entourent le collatéral du chevet de la cathédrale de Beauvais. 11 en est de même à la cathédrale de Chartres, où l'on voit encore sept travées dans la nef.
La plupart des églises n'ont qu'un choeur situé à l'Orient. Leurs auteurs sont restés fidèles au plan de la basilique. 11 y a des édifices sacrés qui ont cependant deux absides, une au levant, l'autre au couchant. En France, la cathédrale actuelle de Nevers, dont le plan forme une longue basilique, a une abside à chaque extrémité. Il en est de même de la cathédrale de Verdun. En Allemagne, Saint-Sébalde à Nuremberg, le dôme de Mayence, l'église abbatiale de Laach, le dôme de Bamberg, celui de Worms ont également deux absides. Les églises à chœur oriental s'appellent Eopylx; celles qui ont une abside occidentale se nomment Eolholx '.
On trouve dans beaucoup d'églises antérieures au xm* siècle une ou plusieurs chapelles souterraines, des cryptes, ordinairement situées sous le chœur. L'origine de cet usage est fort ancienne et remonte jusqu'aux premiers siècles de l'église chrétienne. Ces souterrains ou cryptes se nomment aussi Confessions. Elles devaient sans doute rappeler les époques de persécution où les chrétiens, pour se soustraire aux persécutions, étaient forcés de célébrer les cérémonies dans les catacombes, sur les tombeaux des martyrs élevés dans les églises; on pratiqua sous l'autel un caveau ou petit souterrain dans lequel furent déposés les ossements des croyants morts pour la foi.
Ces confessions ou cryptes nécessitaient un exhaussement du sol de l'église sous lequel elles étaient pratiquées ; c'est de là que vient quelquefois cette élévation extraordinaire du sol du chœur au-dessus de celui de la nef, comme à Saint-Denis près Paris, à Saint-Géréon à Cologne, à San-Miniato près Florence, à la cathédrale de Canterbury, à la cathédrale de Spire, à l'église d'Ainay de Lyon. Les voûtes à plein cintre de ces cry ptes sont presque toujours supportées par des colonnes, rarement par des piliers carrés. A partir du xiir siècle, les églises n'ont plus ces souterrains.
Dans quelques parties de la France, surtout dans le Midi, et en
1. Voyea Léo Allatius, de Ecries. Occid. et Orient, perp. con$tn*ione, lib. l, c. 6, $ 16-17. — Les constitutions apostoliques prescrivaient déjà la forme carrée pour les églises : « D'abord il faut que le vameau soit de forme oblongue, et tourné vers le levant; quant aux autres parties, les dépendances doivent être également orientées vers le levant, et chacune doit ressembler à un vaisseau, * Conttitut. A\xu{., lib. u, c. 57.