‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 73 sur 367 · MONUMENTS DE CEYLAN · texte numérisé non relu

MONUMENTS DE CEYLAN

ci pales dont deux surtout inspirent la plus grande- admiration par l'élégance de leur ordonnance et la richesse et la perfection de leur ornementation. La dernière caverne du fond, le lieu très-saint, a 16» 25 de longueur, 8m 22 de largeur et 8m 22 de hauteur. On y aperçoit dix figures de Bouddha, un Dhagob élégant de 3m65 d'élévation. Toutes les statues de ce temple, plus grandes que nature, sont peintes : les couleurs en sont vives. Les parois sont ornées d'une inûnité de représentations de Bouddha.

La seconde grotte, nommée Alout-Wiharé, séparée de la première en partie par le rocher et en partie par un portique de maçonnerie, a 27B 63 de longueur sur 2km 68 de largeur et 11 mètres de hauteur. On y a compté jusqu'à cinquante statues de Bouddha, dont une, de 9m H de longueur, est couchée sur un coussin. La physionomie de cette statue, d'une beauté extraordinaire, exprime une grande tranquillité ; elle semble étendre la bénédiction sur ceux qui en approchent. Le dieu est entouré de sept autres divinités de 3 mètres de hauteur. Toutes les divinités suivantes sont au moins de grandeur naturelle. Trois de ces statues ont des manteaux rouges, comme les Lamas du Thibet; les autres ont des robes jaunes. A l'extrémité occidentale de la grotte, est représenté le roi Kirtissirie, le dernier grand bienfaiteur de Damboulou.

Le troisième sanctuaire, nommé Maharaja-Wiharé, est probablement séparé du second par une muraille en pierre élevée par la main de l'homme ; son portique conduit à l'intérieur à travers une arcade élevée, sur les côtés de laquelle sont placées deux statues semblant faire le guet. La longueur de ce temple est de 58 mètres sur 27™ 63 de largeur et 13» 71 de hauteur. L'ensemble est éclairé par une inûnité de portes et de fenêtres pratiquées dans le roc. On y voit cinquante-trois statues et un magnifique Dhagob de 5B 68 d'élévation , décoré de sculptures. Sur ses côtés des figures de Bouddha reposent sur des enroulements et sont couronnées de têtes de serpents. Les statues de Bouddha sont placées au pourtour des parois intérieures; à l'extérieur on voit deux statues de rois, toutes deux de grandeur colossale. Indépendamment des quarante-six Bouddha , il y a là une statue de Mitré-Deo-Rajourouwo, sorte de messie qui doit dans l'avenir succéder à Gautama , et trois autres statues de divinités, Vischnou en robe bleue, Samen en robe jaune, Nata en robe blanche. Les deux statues de rois à l'extérieur sont celles de Wallagam-Bahou, le premier bienfaiteur de Damboulou, et de Nisankai, le dernier de ce lieu. Le

OlM LIVRE PREMIER.

premier porte un costume fort simple ; il a des oreilles pendantes, un serpent enlacé lui sert de collier ou de cravate* et les deux têtes de cet animal forment des boucles d'oreilles.

La quatrième caverne ou grotte, nommée Dewaa rajah Wiharé, à l'exécution de laquelle Vischnou a travaillé lui-même, dit la légende, est plus petite que les précédentes ; elle n'a que 22* 85 de longueur sur 6m39 de largeur et 8m 22 de hauteur; elle est tellement obscure qu'avec des torches même il fut difficile d'en découvrir les détails intérieurs. On y trouve aussi un Bouddha couché de 9m \k de longueur, et une idole de Vischnou, ce qui prouve l'influence des usurpateurs du Malabar.

Les auteurs de ces temples sont inconnus. Les prêtres racontent cependant que le troisième sanctuaire a été commencé par le roi Wallagam-Bahou, cent ans avant l'ère vulgaire', lorsque ce prince, chassé par l'invasion partie du Malabar, vint chercher un asile dans la province de Matélé. Vers la fin du xvie siècle de l'ère vulgaire, le roi Nisankai embellit le sanctuaire en y consacrant 600,000 pièces d'or.

Le second temple a dû être réparé, vers le milieu du xvm« siècle, par le roi Kirtissirie, qui embellit également le troisième.

Les temples indiens ont plusieurs noms, Sabhà, Pràsàda, palais ; Devàla, maison divine, ou Bhagavati, maison sacrée; c'est de ce dernier nom que vient notre mot pagode. Les pagodes sont les monuments les plus modernes de l'Inde ; elles sont en grand nombre; on en rencontre en tous les lieux de ce pays, et sur les côtes du Dekan il n'y a presque pas de village qui n'ait la sienne. La pagode a la forme de la pyramide ou de l'obélisque ; elle est bâtie par étages dont les dimensions deviennent plus petites à mesure qu'ils montent.

C'est dans la ville de Tanjorc qu'existe une des plus belles pagodes connues. Le peintre anglais Daniell a rendu ce monument dans son grand ouvrage sur l'Inde. Lord Valentia n'osa visiter l'intérieur de cet édifice. A l'entrée il vit le célèbre taureau en porphyre , qu'on compte parmi les sculptures les plus remarquables de l'Inde.

La pagode de Tanjore a 61 mètres d'élévation. Tous ses étages sont ornés de bas-reliefs et de statues. Sa base a les deux tiers de sa hauteur, k0 mètres environ. L'intérieur est massif, les croisées qu'on aperçoit à l'extérieur ne servent par conséquent que comme orne-

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