‹ Histoire générale de l'architecture Moyen ageChapitre 95 sur 367 · Lnlia · texte numérisé non relu

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2. Voyez, dans Saltenberg, la traduction allemande de l'ouvrage de Paul le Silencieux, par F. Kortùm.

troisième fois sous la figure d'un eunuque enveloppe* d'un vêtement resplendissant de blancheur, il conduisit les mulets du trésor dans un souterrain voûté, et là il les chargea de quatre-vingts fois cent pièces d'or, qu'ils apportèrent à l'empereur; celui-ci reconnut dans cette caravane si riche en or, et si inattendue, la main miraculeuse de l'ange.

C'était donc un ange qui avait donné le plan, le nom et Y argent pour la construction de cette merveille du moyen âge. L'empereur encourageait les travailleurs par sa présence, et au lieu de prendre, suivant l'usage oriental , un moment de repos après ses repas, il allait visiter les ouvriers pour accélérer les travaux, qui le furent encore en outre par l'argent que Justinien leur donnait avec une grande munificence. Lorsqu'il venait visiter les œuvres, il était vêtu d'une robe de toile, la tête ceinte d'un mouchoir, et il tenait une canne à la main.

Le mortier employé dans la maçonnerie de Sainte-Sophie était préparé, dit-on, avec de l'eau d'orge; les pierres de fondation furent cimentées avec une matière argileuse, également préparée à l'eau d'orge^ Lorsque les murailles furent élevées de deux coudées audessus du sol, on avait déjà dépensé 452 quintaux d'or. Les piliers étaient liés à l'intérieur et à l'extérieur par des liens en fer et enduits intérieurement de chaux préparée à l'huile, avec une espèce de stuc, imitant le marbre de diverses couleurs. Les poteries pour la voûte de la coupole, qui est encore aujourd'hui l'étonnement des hommes de l'art et des curieux par sa hardiesse et sa légèreté, étaient confectionnées d'une argile légère , extraite dans l'île de Rhodes. Ces poteries étaient tellement légères, que douze d'entre elles ne pesaient que le poids d'une brique ordinaire. Le moule leur imprimait les paroles suivantes : C'est Dieu qui Va fondée, et elle ne sera pas ébranlée. Dieu la protégera dans l'aurore.

Lorsque la niche, en forme de coquille, du côté de l'Orient, fut terminée, niche dans laquelle devait être placé l'autel , il s'éleva entre l'empereur et les architectes une dissension sur la manière dont serait éclairé ce lieu , s'il devait l'être par une ou deux fenêtres voûtées et ouvertes (âvjù;). Alors l'ange reparut encore devant Justinien, mais cette fois dans la pourpre impériale et en souliers rouges. 11 dit à l'empereur que la lumière devait pénétrer dans l'édifice et tomber sur l'autel par trois fenêtres, en l'honneur du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

On avait passé sept années et demie à la préparation des matériaux

qui devaient servir à la construction de Sainte-Sophie, qui dura ellemême huit années et demie, de façon qu'on mit seize années à élever ce monument remarquable. Lorsqu'il fut entièrement achevé et orné de tous les vases et ustensiles sacrés, l'empereur s'y rendit dans un char à quatre chevaux, le soir de Noël de l'année 538. On tua mille bœufs, mille moutons, six cents cerfs, mille porcs, dix mille poules, et, pendant trois heures, on distribua trente mille mesures de grain aux pauvres de la ville. L'empereur, accompagné du patriarche Eutychius entra dans l'église, et, se précipitant seul depuis l'entrée jusqu'à l'autel , il s'écria dans un transport d'allégresse et d'admiration : Que Dieu soit loué, il m'a juge digne de terminer un tel ouvrage! Je t'ai surpasse, 6 Salomon !

En 558 , un tremblement de terre renversa la partie orientale de Sainte-Sophie. Les architectes attribuèrent cet accident à l'enlèvement trop précipité des échafaudages lors de la terminaison des derniers travaux. On reconstruisit la partie ruinée en briques fabriquées dans l'île de Rhodes, et on lui donna quinze pieds d'élévation de moins qu'auparavant. L'échafaudage en outre resta sous l'œuvre pendant une année entière. Ensuite, rapportent naïvement 'les auteurs, on remplit l'église d'eau à hauteur de huit coudées, et on y jeta toutes les pièces de charpente ayant servi à échafauder, afin, dit-on encore,

de ne pas ébranler le monument comme la première fois par le choc d(! ces pièces tombant d'une certaine élévation sur le sol. Le plan de Sainte -Sophie est celui de la basilique : il est cependant moins oblong que ceux des basiliques romaines; il ressemble par sa forme générale aux basiliques de Fano et surtout d'Otricoli près Rome1. Au centre s'élève sur quatre énormes

M». - S***»* de ConsLntinop.c. P^" la F*»**

Xo;). Elle est tellement surbaissée, qu'elle n'a d'élévation qu'un sixième de son diamètre, qui est de 35 mètres. Le sommet de cette coupole est à Clœ,26 au-dessus du sol de l'église. A l'orient et à l'occident de cette coupole principale se

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