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EMPEREURS ICONOCLASTES

C'est pendant cette époque encore que le Panthéon de Rome, bâti par Agrippa sous le règne d'Auguste, fut converti en église chrétienne. L'empereur Phocas (il régnait de 602 à 610) fit hommage de cet édifice, avec toutes les statues anciennes qu'il contenait, au pape Boniface IV, et celui-ci le mit sous l'invocation de la vierge Marie et des martyrs'. C'est cette église remarquable qu'on nomme aujourd'hui encore Chiesa-della-Rotonda.

Après Justinien, plusieurs empereurs tentèrent de maintenir la splendeur de la capitale en élevant de nouveaux monuments publics. Mais des guerres et des malheurs divers affaiblirent l'empire, et les arts furent de nouveau plongés dans une léthargie profonde. Sous l'empereur Justin II, au milieu du vi° siècle, l'empire d'Orient perdit l'Italie, et des irruptions faites par les Avares bouleversèrent l'État. En 618, sous Héraclius, les Avares et les Perses inquiétèrent môme la capitale. En 690 les Arabes ûrent trembler l'empereur, et Constantinople fut assiégée pendant sept années. Pour surcroît de malheurs la capitale et les villes des provinces, exposées continuellement à des séditions populaires, étaient souvent la proie des flammes ; et ces incendies ont sans doute fait disparaître une foule de monuments remarquables pour l'étude archéologique.

L'empereur Léon III, surnommé Isaure, suscita, en 726, la guerre des Iconoclastes, par un édit défendant l'adoration des images. Cet édit occasionna des émeutes, des révolutions pendant lesquelles les monuments d'art furent en proie à de fréquentes destructions. Léon perdit les seules possessions qui lui restaient en Italie, pendant que les Arabes et les Bulgares inquiétaient sans cesse l'empire grec. Ce ne fut que vers l'année 797 que l'impératrice Irène, après avoir fait crever les yeux à son propre fils, Constantin VI Porphyrogénète , rétablit la paix dans l'empire en faisant cesser en partie la guerre des Iconoclastes. L'impératrice Théodora ne réussit qu'en 8£|2 à étouffer entièrement cette guerre funeste aux idées religieuses et aux arts.

Pendant le règne des empereurs iconoclastes, les tableaux et les mosaïques représentant des sujets religieux à ligures furent interdits dans les monuments du culte. Il est probable que les artistes n'osèrent représenter des figures humaines dans les chapiteaux des monuments et autres parties ornées de sculptures. De là sans doute cette invention si variée d'êtres fantastiques que nous apercevons dès le vin* siècle

1. Anastatii lib. Pontif., p. 238. — Voyer ainsi Red* Ven., 1. il, cb. v.

aux monuments méridionaux de l'Europe, principalement à ceux des provinces soumises à l'influence de l'empire d'Orient. Les sculpteurs byzantins, placés pour ainsi dire, comme les artistes arabes, sous le poids d'un code qui défendait la représentation de la figure humaine pour les sujets exposés dans les églises, se jetèrent sur le règne végétal. De là cette multiplicité et cette diversité de combinaisons de feuillages et d'entrelacs. Le commerce avec les Arabes et l'Asie leur apprit à connaître les riches étoffes de l'Orient. La cour de Byzanee, dans son luxe effréné, apporta une richesse extraordinaire dans les costumes et les ornements. Les galons d'or surtout ont dû être employés avec profusion. C'est de là peut-être que viennent ces dessins si variés et si nombreux que nous voyons aux tailloirs des chapiteaux et aux cordons des monuments dès le vine siècle, et qui représentent des galons pliés et repliés sur eux-mêmes en carrés, en losanges, en rectangles, en cercles, en étoiles, se dessinant enfin en mille figures variées et différentes. On copia en Occident ces dessins jusqu'à la fin du xir siècle, quand d'autres idées amenèrent aussi une autre ornementation.

On voit par le coup d'oeil général et rapide que nous venons de jeter sur l'architecture byzantine, que les monuments chrétiens, en Grèce, sont peu nombreux. Nous aurons à étudier l'influence que l'architecture byzantine a eue dans d'autres pays, en Italie et dans les contrées qui l'avoisinent, en France, en Allemagne et même en Angleterre, où le plein cintre et Icsornemcnts de l'Orient semblent se reproduire à profusion. Jusqu'aux croisades, tous ces pays étaient presque barbares ; ils ont pu créer cependant jusqu'à un certain point un nouveau style d'architecture. Ils ne se contentèrent point d'imiter plus ou moins heureusement les monuments des siècles passés, ceux de Rome surtout.

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