ÉDIFICES PLATÉRESQUES. VALENCE, SÉVI LIE
un donjon du Moyen Age. En revanche, l'intérieur est d'une grande richesse. Le Salon dorado ou salle des Cortes, notamment, semble détaché du palais des Doges (fig. 464).
Le plafond a grands caissons ornés de clefs pendantes s'appuie sur une élégante galerie par l'intermédiaire d'une corniche et d'arcades groupées deux par deux en forme dajimeces.
Les consoles qui soutiennent la galerie, la balustrade, les colonnettes, les arcs, la corniche, exécutés en bois comme les caissons, sont couverts comme eux d'excellentes sculptures de style italien. Au-dessous de la galerie, des fresques vernies représentent l'Assemblée des Etats et portent la date de 1592. Elles sont en majorité de Peralta et de Cristobal Zaririena. Celle qui est consacrée au Bras Mililar et qui comprend quarante figures est signée des trois lettres F. R. F., qui répondent, croit-on, à : Francisco Ribalta fecit.
Séville. — UAyuntamiento (Hôtel de Ville), érigé d'après les plans de Diego de Riano, maîtremajeur de la cathédrale (1526- 1564), est malheureusement inachevé. La façade sur la place de la Constituciôn (fig. 466) mérite d'être mise en parallèle avec les meilleures œuvres de la seconde Renaissance française (1534- 1572). Comme Pierre Lescot, comme Jean Goujon, comme Philibert Delorme, Diego de Riano recherche les partis symétriques, recourt aux ordres superposés, couples de pilastres pseudoioniques au rez-de-chaussée et de colonnes corinthiennes au premier
Fig. 461. — Skgovie.
Maison de Jlan Buavo.
(Cliché de r auteur.)
FiG. 462. — Tolède. — Hôpital Santa Cruz.
(Cliché de V auteur.)
ESPAGNE
étage, — adopte les stylobates élevés, profile des moulures en forte saillie.
Monuments divers. — Les belles œuvres de style platéresque sont si nombreuses qu'il a fallu se borner à celles qui en caractérisent le mieux les multiples aspects. Quelques autres méritent au moins une mention : à Barcelone, le palais des Comtes et l'escalier du palais Dalmases ; à Sigùenza, le palais des marquis de Arce; au palais d'Alcalâ de Henares, les fenêtres du rez-de-chaussée (fig. 467) ; à Estella, dans la Rua de San Pedro, plusieurs maisons qui s'échelonnent du XV« au XVP s. ; à Ciudad Rodrigo, une curieuse porte d'angle (fig. 468) ; àMérida, un temple romain accommodé en maison d'habitation vers le milieu du XVF s. ; partout, des demeures armoriées portées sur arcades
(fig. 469).
Les arts platéresques ne restèrent pas confinés en Espagne. Le Portugal les adopta dès la fin du XV'^ s. Charles-Qumt les transporta dans ses domaines germaniques. On reconnaît leur influence aux châteaux de Schalburg et de Heidelberg. Ce que les écoles
du Nord ajoutent, c'est le comble aux pentes raides où glisse la neige, c'est le pignon des vieilles habitations du Moyen Age. Avec le grand empereur, la Renaissance espagnole pénétra également dans les Flandres, où elle a laissé notamment les hôtels de ville de Leyde et d'Anvers et le palais de Malines.
l'iG. 4G3. — Saha(;oss[... — i'ALAi.s Auciiio. En France, l'influence
FiG. 464. — Valence. — Audiencia.
Salon Dorado.
(Cliclié Lévy.)