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IM.MACULKI: CON'CEPTION

(Cathédrale de Séville.}

(CJiché de V auteur.)

ESPAGNE

FiG. 5o6. — MONTANÉS.

Saint Bruno. (Cath. de Cadix.) (Cliché La eus te.)

les auteurs d'un grand nombre de statues de bronze et de médailles à l'effigie des souverams.

Leur émule, Juan de Arfe (1523- 1603), était le petit-fils d'un célèbre orfèvre allemand, Enrique de Arfe, qui était venu en Espagne dans les dernières années du XV s. Bien que Juan de Arfe ne prît que le titre modeste de escultor de plata y oro, il brilla d'un vif éclat à côté des Léoni.

Le sculpteur d'or et d'argent a fondé sa renommée sur des custodias (monstrances), — il en fit deux pour Valladolid, d'autres pour les cathédrales de Burgos, d'Avila, de Séville et de Santiago de Compostela, — et sur un Saint Michel terrassant le démon

(fig. 500).

Comme statuaire, l'œuvre capitale de Juan de Arfe est la figure orante de Don Cristobal de Rojas y Sandoval, archevêque de Séville (fig. 501). La mort surprit l'artiste avant que la figure ne fût coulée. Aussi bien, la fonte en fut-elle surveillée par Lesme Fernândez del Moral, sous la direction de Pompeo Léoni. Cette circonstance a donné lieu à des confusions qu'il importe de dissiper, car il s'agit d un chef-d'œuvre.

D'autres sculpteurs d'argent, Vergara el Viejo, Cristobal de Andino, Antonio Suarez et Juan de Benavente jouirent, à côté de Arfe, d'une juste célébrité {inf., p. 285). Le constater, c'est faire leur éloge.

Le véritable émule de Gregorio Hernândez fut, dans le Sud, Juan Martinez Montaiiés (Alcalâ la Real, prov. de Jaén^ vers 1 564 — Séville, 1649). Sa première œuvre bien . 25G

FiG. 507. -- Alonso Cano.

SoLEDAo. (Santa Aiia, Grenade)

(Cliché de Vautcur.)

/. MARTISEZ MONT ANES

datée remonte à 1607. Quand il l'exécuta, il devait avoir plus de quarante ans. Les caractères dominants de sa personnalité artistique sont la foi et la sincérité. A ce point de vue, il se

rapproche de Gregono Hernândez. Nul, plus que lui, n'a le respect de la vérité, ni un sentiment plus vif de la convenance, de la noblesse et de l'esthétique qu'exige l'association de l'idéalisme chrétien à la reproduction des formes humaines. Il est l'honneur de l'école ; il élève la sculpture polychrome espagnole à un haut degré de splendeur; il plane dans les mêmes régions que Vélasquez et Murillo, ses admirateurs et ses frères par le génie.

Montanés (fig. 538) employa deux années (1610-1612) à composer et à tailler le magnifique retable et les statues que les hiéronymites avaient commandées pour leur monastère de San Isidoro del Campo, situé à Santiponce, dans les environs de Séville. Le Saint Jérôme, qui égale en beauté plastique le chefd'œuvre de Torngiano (fig. 483), se détache sur un paysage aux tons assourdis (fig. 302). Les chairs semblent peintes sur un vieil ivoire dont on aurait ménagé par endroits la patine dorée.

Le Crucifix des Calices, exécuté par le maître dans la belle période de sa vie artistique (1614), est peut-être la suprême image du divm supplicié (fig.

503). La polychromie en fut confiée à Pacheco, qui la traita dans la manière

FiG. 5o8. — Alonso Cano.

Chef de saint Jean-Baptiste.

(San Juan de Dios, Grenade.)

(Cliché Linares.)

Fig. 509. — Alonso Cano.

Sainte Anne, la Viekge

ET le Divin Enfant.

(Cathédrale, de (îreiiadc.)

((Jiché de Vauleur.)

FiG. 5io. — Pedro RoldAn. — Saint

SÉPULCRE. (Retable de la Caridad,

Grenade.)

(Cliché Beauchy.)

de San Pedro de Vergara (pro. basque).

Il était réservé à Montanés, tout en recueillant l'héritage de ses devanciers, de donner une représentation idéale de Marie conçue sans péché. Sa première Concepcion {Immaculée Conception) date de 1 630. Marie médite sur le mystère de sa naissance ; aucune pensée funèbre ne l'en distrait ni ne l'attriste (fig. 505). Montaiïés, sans accentuer les formes féminines à la manière de Torrigiano {sup., p. 244; fig. 484), avait cependant choisi pour modèle une Andalouse dans tout 1 éclat de sa beauté. Si les lignes du corps sont chastement atténuées, elles n'en donnent pas moins une grâce particulière aux plis de la robe et du manteau. Tel est le thème que le maître variera dans les détails, mais auquel il restera fidèle et que les peintres et les sculpteurs reproduiront si souvent après lui.

Le retable et le Saint Bruno (fig. 506) de la cathédrale de Cadix (1641) sont les

mate qu'il préconisait. Elle est très poussée, très harmonieuse et fait grand honneur au peintre dont elle est l'œuvre (/n/., p. 262-263).

Ce fut en 1619 que Montanés conçut l'idée de ces Christs Tout-Puissants (fig. 504), de ces Christs de la Passion et de ces Christs Agonisants, à qui sa piété et son talent donnèrent une expression si douloureuse.

Le premier en date fut exécuté pour la célèbre confrérie du Cristo del Gran Poder. Le second (1623), connu sous le nom de Senor de la Pasion, appartient au couvent de la Merced Calzada de Séville. Le dernier est à l'église

l'^Kî. 5ii. — Pedro

Mena. — Sain i e Mahie-

Madkikine.

(\'isitaciùn, Madrid.)

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