‹ Histoire générale de l'artChapitre 118 sur 222 · VÉLASQUEZ · texte numérisé non relu

VÉLASQUEZ

(Musée du Prado.)

— Las Hilanderas.

(Cliché Hachette.)

et le plus beau de la série (1628-1629).

L'année même où il terminait les Buveurs, Vélasquez, cédant aux conseils de Rubens, partait pour l'Italie. Les grands peintres vénitiens lui révélèrent son propre génie. Il sent l'importance de la lumière, il la distribue, la ménage par gradations infiniment délicates. C'est à cette seconde manière qu'appartiennent les portraits (il se fit aider pour les portraits équestres des souverains) de Dona Maria, reine de Hongrie; de Philippe III (fig. 530), de Dona Margarita de Austria (fig. 531), de Philippe IV (fig. 532), de Dona Isahel de Borbon, de YInfant Baltasar Carlos {iig. 533 et pi. III), de l'/nfanta Dona Maria Teresa de Austria (fig. 534), du Comte-Duc JOlivares(^g. 529), deY Amiral PulidoPareja, du Duc François de Modene et d^ Innocent X. Toute une société y apparaît aussi nettement accusée que dans les comédies de Calderôn : Philippe IV pâle, émacié, rejeton maladif d'une race mourante, les reines, les infantes graves et tristes, sentant sur elles les yeux redoutables de la camarera mayor,\e comte-duc insolent, vaniteux et superbe. Seule, la jeunesse du prince Baltasar connaît le sourire.

Veut-il distraire Philippe IV, que laissait inconsolable la mort de son fils, l'infant Baltasar Carlos (1646), Vélasquez peint les bouffons, les nains dont le monarque aimait à s'entourer. Tel est ^^^ 540. - VK.AsguKz. - las meninas. le talent de l'artiste qu'en (cuché iiachcitc.)

\"ÉLASQL'EZ. — Le Prince Baltazar Carlos (Madrid. Musée du t'rado)

Planchk m.

VÉLASQUr.Z

FiG. 541. — Alonso (".ano

Le Christ mort.

(Musée du Prado.)

(Cliché Hachette. J

dépit de leur dégénérescence physique ou morale aucun d'eux nest antipathique.

Demandet-jl son inspiration à la mythologie, il nous montre le peuple robuste dans Mercurio y Argos ou dans les forgerons de la Fragua Je l ulcano {Forge de Vulcain, fig. 535). et la femme resplendissante de jeunesse dans la Venus del Espejo (Vénus au Miroir, fîg. 536) que l'on a eu l'imprudence d attribuer à son gendre, Martinez del Mazo. L'année 1647 est signalée par la Redicion de Breda ou las Lanzas (fig. 537). La composition, le dessin, la couleur, les personnages, le paysage, le ciel, les accessoires sont également admirables. La Redicion d? Breda est le chef-d'œuvre de la peinture d'histoire et la manifestation la plus haute du génie de \ elasquez. Le marquis de Spinola pense, parle, et l'on se penche pour mieux entendre les paroles courtoises avec lesquelles il accueille Justin de Nassau, le gouverneur de la place conquise.

Une seconde fois, le maître se dirige vers l'Italie. A son retour, en 1 65 1 , le roi lui concède la haute charge d'aposentador (maréchal-fourrier du palais). Les occupations que lui occasionnent ses nouvelles fonctions n interrompent pas le cours de sa vie artistique. Le Sculpteur Montanis (fîg. 538), admirable portrait où le grand peintre de l'Espagne a immortalisé les traits de son grand sculpteur, XInfanta Margarita, ï Infant Felipe Prospero, enfin, en 1 556,

Fig. 542. — Alonso Cano.

La Vierge et son Divin

Enfant.

(Musée du Prado.)

(Cliché Hachette.)

FiG. 543. — MuRiLLO. — Saint

Antoine en extase.

(Musée de Se vil le.)

(Cliché Aiidersdii.)

ESPAGNE

las Hilanderas {les Pileuses, fig. 539) et las Meninas {les Filles d'honneur, fig. 540) caractérisent la troisième manière de Vélasquez, désignée en Espagne sous le nom de manera ahreviado {simplifiée). Pressé par le temps, a-t-on dit, mais plutôt servi par une vision merveilleuse et une mam qui ne trahit jamais la pensée, Vélasquez peint du premier jet. Les ombres ne sont que frottées, les lumières seules sont traitées en pleine pâte ; il néglige les accidents et les détails secondaires pour ne s'attacher qu'aux traits essentiels, et la synthèse est tellement sûre, la virtuosité si souveraine que ses peintures simplifiées donnent l'impression de morceaux finis et poussés. Au point de vue de la technique, Vélasquez est le plus grand peintre que le monde ait connu. J'ajouterai que la Fortune ne se lassa jamais de lui sourire.

Il connut toutes les joies du triomphe et ignora les déboires des débuts difficiles comme les tristesses d'une fin délaissée {inf., p. 283). Vélasquez n'eut pas de continuateurs. Parmi les peintres qui grandirent auprès de lui, Ton signale Juan Bautista Martinez del Mazo (1615-1 667), qu'il affectionna jusqu'à lui donner sa fille et dont il compléta une vue de Saragosse ; Juan Pareja (1606-1670), un mulâtre qu il affranchit, et Juan Car-

reno de Miranda (1614-1685), un i''*- ^44. - Sainte Ki.isahi tu

artiste attache a la Chambre de '^'^""'^ ']'■ ^l^TT'

. , . . (Min^éc du nrado.)

Charles il et qui reproduisit sou- (cuciic i..u-ostc.)

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