LE MAITRE DE TAROUCA
Fig. 695. — Christovâo
FiGUIEREDO. — CORRÈA VAINQUEUR DES MoRES.
(Musée de Lisbonne.)
que Henri
le Navigateur mourut en 1460, 1 on est conduit à placer Texécution du triptyque entre ces deux dates.
L école du Nord, qui se constituait à la même époque que l'école de Lisbonne, est-elle aussi magnifiquement représentée. Vers 1510, le Maître de Tarouca peint pour Téglise de cette ville un Saint Pierre et un Saint Michel d'un réalisme puissant. Il a pour élevé Vasco Fernandez dit Grào Vasco.
Grâo Vasco serait né à Vizeu, dans un moulin qu'exploitait son père, et aurait été envoyé en Italie par Manoel I ^ Bien qu on ait trouvé des documents anciens où figurent des peintres nommés Vasco, Velasco, Velascus (Velâsquez ' en espagnol), l'artiste ne parait pas mentionné d'une manière formelle avant 1 630. Le Calvaire, une réplique du Saint Pierre du Maître de Tarouca, la Pentecôte, le Martyre de saint Sébastien, le Baptême du 353 __
Fig. 6q6. — Mariage
DE LA Vierge.
(Musée de Lisbonne)
(Cliché de railleur.)
PORTUGAL
FiG. 697. — La ViERc.r:,
l'Enfant Jésus
et deux anges.
(Musée de Lisbonne.)
Christ avec une admirable tête de Christ et le Saint Pierre (cath. de Vizeu), attribués a Grào Vasco, sont parmi les plus belles pemtures du XVl»^^ s. commençant (fig. 687). La tête de l'apôtre, la tiare, les ornements, les scènes secondaires, les tours gothiques de Rome semblent l'œuvre d'un pemtre flamand ; les détails du trône rappellent par leurs formes classiques la Renaissance française mtroduite en Portugal par Nicolas Chatranais et Jean de Rouen, mais le modèle est indigène et dénote que cette œuvre, bien peu connue malgré sa magnificence, fut elle aussi exécutée en Portugal.
Le Fons Vitœ de Porto (2 m. 25 sur 2 m. 70) pose, à son tour, un problème dont la solution n'a pas été donnée (fig. 688). Jésus crucifié s'immolant pour
la rédemption des hommes, la Vierge anéantie par la douleur,
son beau visage inondé de larmes, ses vêtements vert foncé, les
étoffes pourpres où saint Jean s'enveloppe, jusqu'au ciel tragique,
jusqu'au paysage, sont d'un très
grand maître. De même aussi les
portraits de Manoel F' (1495-
1 52 1 ), de Dona Maria, sa seconde
femme, et de leurs nombreux enfants agenouillés au pied de la
Croix. Quel fut ce maitre ? On
ne saurait songer à Hubert Van
Eyck, ni à Memling, dont on a
proposé les noms, ni même à
Grào Vasco. Le style de l'auteur
du Fons Vitœ est trop différent du
leur. Puis, les portraits royaux
furent peints entre 1515 et 1520
et, à cette époque, les Van Eyck
et Memling étaient morts. Le seul
p)oint hors de doute, c'est que
l'artiste avait été élevé dans un
Fig. 698. — Cauvai-H() Santa Gâtai. ina.
(Musée dit l'rado ) (Clichc Laco-ile.}