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DE FAÏENCES

(Cliché de l'a u tett r.)

suppression fréquente des deux absidioles et la présence d'un clocher-minaret (fig. 337) dont les dispositions générales et la décoration sont calquées sur celles de la Giralda (fig. 276).

A la fin du Xll s., un architecte tolédan, nommé Djalubi, fut appelé à Séville par le fondateur de la mosquée, Abou Yakoûb Yoùsouf, de la dynastie des Almohades, et chargé de construire le palais qui, après des reprises et des adjonctions, est devenu TAlcazar actuel.

Les modifications les plus importantes furent l'œuvre de Pedro F' (1350- 1369), de Enrique III (1390-1407), de Juan II (1407-1454), d'Isabelle la Catholique (1474-1504) et de Charles- Quint (1505-1558), qui voulut y célébrer son mariage avec dona Isabel de Portugal.

Le plan de l'Alcazar est très simple. Il se déroule autour des portiques d'une cour rectangulaire, le patio de las Doncellas (fig. 340), et comporte des galeries, des pièces carrées et un petit patio supplémentaire, le patio Je las MuHecas {des Poupées, fig. 341), qui facilite la distribution. La porte extérieure franchie, l'on entre dans la cour de la Monteria ; puis l'on suit une longue galerie, et l'on atteint la cour d'honneur. Alors, à gauche, se présente la façade mudéjare, oii s'ouvre un portail somptueux (fig. 339). Sous un auvent très saillant, soutenu par des solives délicatement travaillées et réhaussées de filets d'or et de couleur, se déploie une frise formée de stalactites que supportent d'élégantes colonnetles. Dans les espaces ménagés entre chacune d'elles.

Ton a inscrit en caractère coufique un compliment de bienvenue : Vos sou-

FiG. 335. — Saragosse.

Tour tenchée.

FlG. 336. — GUADAI.AJARA.

Patio du Palais de l'Infantado.

((Cliché Lacoste.)

ESPAGNE

haits soient exaucés ! et plus bas, sur une autre frise : Le bonheur, la paix, la gloire, la félicité parfaites (soient votre lot). Toute la partie moyenne et le soubassement du portail ont été repris ou refaits par Pedro V^ en 1 364, comme en témoigne une inscription, — celle-ci en caractères gothiques, — gravée après coup sur le linteau de pierre qui encadre la frise d'émail.

La pureté du style andalous ne doit pas surprendre: les travaux furent confiés à des maîtres et à des ouvriers mores que Yoûsouf T' Abd el Haddjad envoya de Grenade à la demande du roi. Quant à l'auvent et aux litres supérieures, ils semblent

appartenir, sauf les restaurations, à la construction primitive. Du

moins, de belles répliques en existent à Fez (Portail de la Mosquée

des Andalous, 1207 de J.-C), à

Marrakech, à Mekinès, à Tanger et

à Tétouan, dans les édifices construits par des musulmans venus

d'Espagne durant la domination des

Almohades ou après la prise de

Séville. A l'intérieur, les arcades

polylobées, les merveilleuses dentelles

des tympans, les alicatados (lambris

de faïence) des patios de las Don-

cellas et de las Munecas (fig. 340,

341) furent ouvrés dans les mêmes conditions que le portail.

Les triples arcades de la célèbre salle de los Embajadores (fig.

342) présentent des courbes outrepassées et des voussoirs alternativement lisses et ornés qui rappellent

FiG. 337. — SÉVILLE. — San

Marcos.

(Cliché Ilauscry Mcncl.)

SCL'LPTL'RIC GOTHIQUE

Fui. 338. — CoRDOUE. — Cathédrale.

Chapelle Villaviciosa.

(Cliché Molina.)

par leur style la mosquée de Cordoue. 11 s'agit d'une survivance de formes et de décors analogue a celle qui a été signalée dans les royaumes chrétiens (p. 69, 1 33). Le reste de la salle est mudéjar, y compris la coupole de cèdre qui porte sous la rosace centrale l'mscription suivante, en caractères gothiques : Le maître des œuvres du roi {Juan If), D. Diego Ruiz, me fit. Le travail fut achevé en 1427.

Séville possède encore un monument mudéjar célèbre :

la Casa de Pilatos (fig. 343) construite au XVl" s. pour les ducs d'Alcala et qui fut longtemps considérée comme une

restitution de la maison de Pilate, à Jérusalem. Au point de vue décoratif, elle offre un mélange harmonieux de motifs musulmans,

gothiques et platéresques. Mais elle intéresse surtout parce qu'elle réalise le rêve de ces seigneurs de vieille souche chrétienne, qui, dans un pays conquis par la Renaissance itahenne, avaient des retours de tendresse pour les arts musulmans.

Durant la période gothique, comme durant la période précédente, la sculpture espagnole fut liée à l'architecture religieuse et subit, mais avec un retard très accusé, l'influence persistante des écoles qui fleurissaient au Nord des Pyrénées. C'est ainsi que les chapiteaux du cloître de la cathédrale de Tarragone sont encore de style roman (fig. 344).

D'autre part, le portail central de la

iG. 33y. — Skville. — Alcazar.

Porte intérieure.

(Cliché Lacoste.)

ESPAGNE

FiG. 34Q. — SÉviLLE. — Alcazar. Patio

DE LAS DONCELLAS.

{Cliché Lacoste.)

cathédrale de Léon est entouré de statues fort intéressantes (fig.

346) et comporte dans les tympans un basrelief, le Jugement dernier, dont certaines figures, notamment celles des élus (fig. 347), ont la grâce des meilleures œuvres françaises de la période gothique. Et cependant, si leurs auteurs furent hantés par le souvenir des sculptures des cathédrales de Chartres et de Bourges, le costume et le type des personnages offrent des caractères ethniques qui inclinent à penser que les artiste*- étaient des Espagnols instruits par des maîtres français ou des Français fixés depuis longtemps en Espagne. Une remarque analogue s'applique à une excellente statue détachée d'un tombeau princier et que signalent la fermeté de l'exécution et la simplification du modelé en harmonie avec la dureté masculine du type castillan (fig. 345). Elle vaut aussi par l'intégrité de la polychromie, dont l'unique altération réside dans la fanure inévitable que présentent les vieilles peintures sur pierre.

Deux monuments funéraires de la cathédrale sollicitent encore l'attention. L'un, adossé à la Capilla Mayor, est le tombeau d'Ordono II (913-923), exécuté au XV« s. (fig. 349) ; l'autre, dans la chapelle de la Concepciôn, renferme le corps de l'évéque Manrique de Lara, fondateur de la cathédrale. Ce dernier est décoré d'un bas-relief où l'artiste a commémoré

K 1- .^-l i" J • ^ £ •. FlO. 341. — SÉVILLE. — AlCAZAK.

les distributions de vivres raites par ^i ,, .

, -11'-- 1 Patio de las Munecas.

les soins de leveque durant une (CUché uauser y Menet.)

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