BURGOS
(fig. 348).
FiG. 342. — Séville. — Alcazar.
Salon de los Embajadores.
(Cliché Lacoste.)
terrible famine
Les sculptures de la cathédrale de Burgos, — en particulier celles de la porte du Sarmental (fig. 350) et de la porte de la Coroneria, situées aux extrémités du transept, — sont contemporaines de celles de la cathédrale de Léon et se rattachent aux écoles de l'Ile-de- France. Mais elles aussi portent le sceau de l'Espagne.
Maintenant, que faut-il penser des statues du cloître représentant un roi, une reine et cinq infants ? Sont-elles les portraits d'AlonsoX (1252-1284), de sa femme Violante et de leurs cinq fils ? Tout tend à le prouver.
Un autre portrait, celui du fondateur de la cathédrale, l'évéque Maurice, mort en 1 328, se trouve une première fois sur la colonne qui divise la porte du Sarmental (fîg. 350) et une seconde dans le chœur. Cette dernière statue est un gisant de cuivre doré, en partie émaillé. Bien que d'un siècle plus moderne que les devants d'autels de Silos (fig. 273) et de San Miguel in Excelsis, elle les rappelle par la nature et la coloration des émaux, comme par l'importance décorative du métal. Seuls, en effet, le manipule, le coussin où repose la tête du prélat, les semis de la tunique et de la chasuble sont en émail champlevé.
La remarque faite à propos de la statue princière de Léon s'applique à quatre monuments polychromes incrustés dans les murs de la cathédrale Vieille de Salamanque.
Le tombeau du chantre Aparicio(7 1270) a déjà été donné comme un bel ,..,.,
I j , - 1 10. 646. — Seville. — Casa de Pilai os.
exemple de style tune- (ciiché Lacoste.)
ESPAGNE
FiG. 344. — l.Es Rois Mages.
(l'orledu cloître de la cathédrale de
Tarragonc.) (Cliché de l'auteur.)
ralre mudéjar (p. 165). L'entablement se compose d'une frise noire brodée d'arabesques d'or et d'une corniche alvéolée empruntée, semblet-il, au palais d'un prince musulman.
Si, de Salamanque, on se dirige vers l'Est, on rencontre sur la route, à Estella, l'église du San Sepulcro, dont le tympan (fig. 351), toute proportion gardée, peut être mis en parallèle avec ceux des cathédrales de Léon et de Burgos,
En raison de ses dimensions exceptionnelles et de son style, il faut également comprendre dans la statuaire en bas-relief et rattacher à l'école castillane le précieux diptyque d'ivoire peint et doré de l'Escorial (fîg. 352), connu sous le nom de Lihro de la Pasiôn (vers 1 300).
Les différences de style signalées entre l'architecture de la Castille et celle de l' Aragon persistent dans la sculpture des XllF et Xiv« s. Les statues placées sur la façade de la cathédrale de Tarragone n'ont pas la même origine (fîg. 353). Un premier groupe comprend les images des neuf apôtres, commandées en 1278 à Maître Bartolomépar l'archevêque Olivella ; le second, les trois derniers apôtres et les neuf prophètes, que maître Jayme Castayls fit en 1 376. Bien qu'exécutés à un siècle de distance, les uns et les autres sont lourds et présentent des caractères communs. Ils paraissent sortir d'ateliers catalans. En revanche, la Vierge gracieuse, élégante, placée devant le meneau central (fig. 354), rappelle, à tous égards, la Vierge Dorée du portail méridional de la cathédrale d'Amiens. Assurément, ce sont encore des œuvres françaises que le tombeau si intéressant de l'archevêque Juan d'Aragon, fils de Jaime 11, qui mourut en 1334 et fut inhumé
Img. 345. — Statue