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TOMBEAU DE L'ARCHEVEQUE FERNÀNDEZ DE LUNA

dans la même cathédrale (fig. 355),

et les deux monuments royaux que

renferme l'eglise de Santas Creus.

Bien au-dessus des figures de

Jayme Castayls, se place le Salnt-

Sepulcre de Perpignan (fig. 356),

un beau groupe polychrome (la pem-

ture plus moderne que la sculpture)

que nous a lègue le Roussillon. Mais

le chef-d'œuvre de l'école catalane

au XVI' s. est le monument de Lope

Fernândez de Luna, archevêque de

Saragosse (v 1 382) qui occupe la

chapelle funéraire de style mudéjar

construite dans la cathédrale du

vivant même du prélat (fig. 357).

Coiffé de la mitre, vêtu de la cape,

le pontife est allongé dans l'attitude

des figures gisantes. La tête repose

sur un coussin aux broderies, fidèlement reproduites. Le visage

modelé par un maître est empreint d'une béatitude céleste. Sur la frise

du mausolée et autour de la niche dont il tient le milieu, des moines

pleurent un bienfaiteur. Chaque personnage est traité avec simplicité, sans raideur ni abandon. Des statues assises occupent les

angles et l'emportent peut-être sur les autres par la noblesse de la

forme et la vigueur du sentiment exprimé.

Bien que le tombeau de l'archevêque de Saragosse ressemble

beaucoup à celui de Philippe le Hardi, mort en 1404 (Jean de

Marville pour le dessin, Claus Sluter pour la sculpture), il n'en est pas une copie, les dates s'y opposent, mais il est imité de tombeaux français à pleurants d'une époque

t- IG. 347. — Le Paradis. (Calh. de Léon.) (Cliché de l'auteur.) antérieure. Doit-

ESPAGNE

on l'attribuer à Père Morague (de Barcelone), qui, vers 1380, avait fait pour l'archevêque la célèbre custodia du corporal de Daroca (fig. 410, 411)? Rien ne s'y oppose. En tout cas, l' Aragon avait noué des relations avec la Bourgogne et, sous l'influence des écoles du Nord, les sculpteurs avaient accompli des progrès si rapides qu'un Catalan, Jean (Juan) de la Huerta, né à Daroca, fut choisi pour exécuter le tombeau de Jean sans Peur ("f 1419) et de sa femme la duchesse Marguerite de Bavière.

Les causes de la première floraison de la sculpture catalane se déduiront de l'étude de la peinture.

Dès maintenant, on peut constater

Fig. 34g. — Cathédrale de Léon.

Sépulcre d'Ordono II.

(Cliché Lacoste.)

Fig. 348. — Cathédrale de Léon.

Tombeau de l'évêque

Manrique de Lara.

(Cliché de l'auteur.)

ses heureux effets et citer des noms illustres dans le domaine des arts plastiques. Ce sont Guillem de la Mota et Père Johan de Vallfogona (m/., p. 1 75) ; c'est Jordi Johan, son père ou son frère, également connu sous le nom de Maestre Jordi, Maestre de images; c'est un second Père Johan.

De Jordi Johan on a le monument de l'mfante Juana, comtesse d'Ampurias, que Pedro IV commanda en 1386, et l'archange Raphaël qui couronne la belle porte de la Casa Consistorial (fig. 305), et du second Père Johan, le saint Georges et les gargouilles de la porte de la Diputaciô à

FlG

?5o. — BcHGOS. — Cathédrale.

Porte du Sarmental.

(Cliché de V auteur.)

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