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RETABLE DE LA CATHEDRALE DE SEVILLE

FiG. 3Ô5. — Descente de Croix.

(Cathédrale de Palencia.)

(Cliché de Fauteur.)

achevé les stalles. Dancart entreprit le retable du maitreautel. Il eut pour continuateurs ses disciples, Marco et Bernardo Francisco et Bernardino de Ortega. A côté de leurs noms, on relève celui de Andrés de Covcurrubias, qui peignit et damassa les premières statues durant l'année 1519. Au cours du siècle employé à terminer cet immense retable, tous les architectes, sculpteurs, peintres et doreurs en réputation dans le Sud de l'Espagne furent appelés à y travailler. Le résultat ne répond pas à l'effort. Cet amoncellement de dorures, de peintures et de sculptures, qui

des dalles de l'église s'élève jusqu à la voûte, déconcerte plutôt qu'il ne charme. Il y a un défaut manifeste d'homogénéité et de proportion entre l'ensemble de l'œuvre et chacun de ses éléments.

Pendant que les élèves de Dancart sculptaient le retable de la cathédrale, Pedro Millân, un disciple de Nufro Sanchez, s élevait bien au-dessus de ses confrères. On ignore la date de sa naissance. On sait seulement que, des 1 505, il avait terminé, pour le ciborium de la cathédrale, des statues qui périrent le 28 Décembre 1512, quand 8 effondra la coupole. A Séville, les médaillons qui ornent la ix)rte principale de Santa Paula, les statues en terre cuite qui ^''o- ^'^^^ — <-'"- "'- ^iloé. — Sainte décorent, a l'extérieur, les deux ^'';'-] ]'\ \'^'';°^, "^ ]-^,?Tu ''''^7'

(Alltel de Santa Ana. (.alh. de Hurgos.)

portes de la cathédrale connues (ciiché ix-vy.)

ESPAGNE

SOUS le nom del Nacimiento (fig. 373) etdel BautismoÇfig. 374), les bas-reliefs incrustés dans leurs tympans ogivaux, une Vierge en terre cuite peinte, placée dans la chapelle de Nuestra Senora del Pilar (fig. 375), portent tous, gravée en caractères gothiques,^ la signature du grand artiste et sont parmi ses plus belles œuvres. D'une manière générale, Pedro Millan a le tempérament d'un artiste élevé dans la tradition flamande introduite en Bourgogne à la fin du X1V« s. Il semble que Claus Sluter se soit levé d'entre les morts pour revivre à Séville.

Ecole catalane. — A dater de la réunion de l'Aragon et de la Sicile, sous le règne d'AlonsoIII (1285-1291), l'influence de l'Italie, nulle sur l'architecture, qui jouissait d'une possession d'état ancienne et solide, réagit au contraire sur la peinture. La durée de ce premier contact fut d'autant plus courte et son intensité d'autant plus faible qu'on s'éloigne davantage de la côte orientale.

Puis, de grands peintres tels que les Florentins Gherardo Starnina et Dello, les Flamands Alemany et Jean Van Eyck vinrent en Espagne. Il en résulta une période de flottement qui permit à la France, à la Bourgogne et au Comtat Venaissin de dominer sous le règne de Juan T' (1387-1395), après son mariage avec la fille du duc de Bar, et à l'Italie, à Sienne en particulier, de rentrer en faveur avec le roi Martin (1395-1410), dont la jeunesse s'était passée en Sicile. Finalement, au milieu du XV s., les arts des Flandres et de l'Allemagne rhénane exercèrent quelque temps une action prépondérante.

Ferrer de Bassa, qui, au cours du XlV' s., décora le monastère royal de Pedrâlvez, a toute l'allure d'un glorieux précurseur, mais le véritable fondateur de la nouvelle école fut Luis Borrassa (1366- ? 1424). Le retable authentique de San Llorens de

Fig. 367. — GiL de Siloé et Diego DE LA Cruz. — Retable

DU Crucifiement.

(Chartreuse de Mirajlores.)

LUIS BORRASSA. BENITO MARTORELL

FiG. 368. — GiL DE SiLoÉ. — Tombeau

DE DON Juan II et de dona Isabel

(Chartreuse de Mirajlores.)

(Cliché Lévy.)

Morunys ( 14 1 5) du musée de Vich permet d'attribuer à ce peintre les Pentecostés (Descente du Saint-Esprit sur la V ierge et les apôtres) de Manresa et de Santa Ursula de Cardona. où l'on trouve la même Vierge, les mêmes apôtres et les mêmes fonds dorés perces d une belle éclaircie de ciel azuré. Comme les artistes de son époque, Borrassà recula d'abord devant la représentation des ombres, il l'affronta dans la Pentecostés de Santa Ana de Barcelone. Les retables de Todos los Santos (fig. 376) et de Santa Clara, (San Cugat del Vallès) répondent à l'apogée de son talent ; celui de San Juan Bautista (fig. 377) appartient à son école, s'il

n'est pas de lui.

Après la mort de Borrassà, Benito Martorell hérita de sa renommée. On sait qu'il avait étudié à Florence et qu'il était de retour à Barcelone à l'époque dAlfonsoV (1416-1458). Son œuvre la plus ancienne est le retable de San Nicolas de Bari (Manresa, Catalogne). On cite encore de lui les magnifiques retables de la Transfiguracion (Salle capit. de la cath, de Barcelone) et de San Marcos (fig.

380). Le dessin est correct ; la composition, pondérée; le geste, Fig. 369. - Gii. de Siloé. - Tombeau juste avec une tendance à l'exade Jcan de Padili.a. .• i\/r .11 -, •

(Muue de liurfros.) geration. Martorell connaît mieux

{Cliché Uvy.f quc Borrassâ la perspective cai85

ESPAGNE

FiG. 370. — Tombeau de dona Beatrix

Pacheco. (Église du Parral, Ségovie.)

(Cliché de V auteur.)

valière et rend mieux les pieds et les mains que ne le faisaient ses devanciers. Martorell vivait a l'heure où triomphait l'œuvre de Bruneleschi.

Aussi bien, ceux de ses émules qui avaient fréquenté comme lui les ateliers italiens reproduisent-ils les monuments de la Renaissance italienne, bien que l'architecture nationale fût encore gothique. Toutefois, les miniaturistes français, qui, dès la fin du XW s, s'étudiaient à reproduire les villes, les accidents du sol, la végétation, les fleurs, et à mettre chaque objet et chaque personnage à son véritable plan, restèrent en grand honneur. Pour s'en convaincre, on comparera le Saint Georges delà collection Vidal Ferrer de Barcelone (fig. 379) avec la représentation du même saint par l'auteur des Heures du Maréchal de Boucicaut (Col. André, Paris) remontant à 1402 environ (fig. 378). La copie espagnole est flagrante. Même cavalier noir monté sur un cheval blanc, même position du cheval, même attitude du saint, même jeune femme somptueusement vêtue et accompagnée de l'Agneau, même château dans le lointain, même dragon transpercé par le vainqueur. A ce sujet, je ferai observer que l'on a peut-être exagéré l'action qu'exercèrent en Catalogue à cette époque les écoles italiennes et notamment celle de Sienne. Bien que leur influence ait été considérable, celle de la France ne doit pas être négligée.

Fkj. 371. — EvK. Juiu-;

DE la cathédkai.k d'Albi.

(Cliché de rauteur.)

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