Reliquaire de Piedra
(Intérieur d'un volet.) (Cliché Lacoste.)
enduit du cloître de San Isidoro del Campo (près de Séville). Il s'agit de figures de sainteté et d'ornements. Ceux-ci, de style mudéjar, se détachent sur des fonds ocre rouge, ocre jaune et indigo clair. Les armes du donateur ont permis de fixer à 1445 la date de ces fresques.
Vingt ans plus tard, l'art andalous a pour représentant Pedro de Côrdoba et Juan Sânchez de Castro, le véritable fondateur de l'école. Le premier est l'auteur d'une Incarnaciôn signée et datée de 1475, et le second a également signé le retable de Santa Lucia. Sânchez de Castro ignore la perspective, supplée par des légendes à l'expression des figures et connaît l'anatomie d'une manière insuffisante, mais on le sent doué. Pour apprécier ce que fût devenu un artiste de sa valeur si ses qualités se fussent développées dans un milieu favorable à leur épanouissement, il faut le comparer à Alfonso de Baena (fig. 399) et à Bartolomé Bermejo (fig. 400), deux de ses compatriotes et contemporains qui s'instruisirent à l'école de Dalmau.
Les tableaux signés soit Bartolomé Bermejo, soit Bartolomeus Rubeus (traduction
Fi(i. 3qi. — Rki.iquaire de Piedra.
{Extérieur d'un volet.)
(Cliché Lacoste.)
FiG 3q2. — La Visitation.
lM du Prado, n» 21-0-D.)
(Cliché Lacoste.)
des maîtres catalans, mais qu'ils domptèrent heureusement jamais.
Quelles conclusions comporte cette étude des primitifs espagnols ? D'une manière générale, leurs œuvres se reconnaissent à des formes grêles, à des contours accentués, a un abus de l'or, à une étude minutieuse des types et du costume, à un exposé dramatique de la légende, à une façon originale de représenter les épisodes de la vie, à un sentiment très religieux en même temps que très naturaliste. En outre, les écoles de chaque province offrent des caractères particuliers, apparents au début, mais dont l'intensité s'atténue aux approches et, surtout, au commencement du xvr s. (fig. 387).
Les Catalans affectionnent les tons transparents et harmonieux dans leur richesse, fût-elle excessive. Malgré leur
BERMEJO
latine du nom espagnol), sont-ils d un seul et même maître, et ces deux noms se confondent-ils avec celui du peintre qui, en 1490, signa et data la Piéta de la cathédrale de Barcelone Opus Bartholomei Vermeio Cordu" bensis ? Le tableau de Barcelone, le Saint Michel de la collection Warnher de Londres, qui se trouvait en 1900 dans une église de Tous, humble bourgade de la vallée du Yucar, la Sainte Face du musée épiscopal de Vich (fîg. 400) et celle de la collection de D. Pablo Bosch y Barrau de Madrid portent ces diverses signatures et ont des analogies indéniables. La couleur en est chaude, puissante, et tous dénotent un tempérament énergique, que purent assouplir le travail personnel et les conseils ne
Fig. 393. — La Circoncision.
(Musée du l'mdo. n" l'iSj-]).) (Clicliû I.aci'Stc.)
ESPAGNE
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FiG. 394. — Gallegos.
Le Portement de la Croix.
(Volet central, cathédrale de Zamora.) (Cliché Lacoste.)
tempérament artistique, les Castillans et les Andalous restent tristes, en raison des couleurs terreuses dont ils mésusent. Les Valenciens sont francs et énergiques ; ces qualités, jointes à une technique un peu sommaire, communiquent malheureusement quelque dureté à la peinture. Si Ion s'en tient à la composition, les Catalans et les Valenciens sont plus distingués ; les Castillans et les Andalous, plus réalistes.
Le Moyen Age est représenté en Espagne par une riche collection de manuscrits à figures.
Le Libro de los feudos des archives de la couronne d'Aragon (xiIF s.), une Bible datée de 1240 (B. N. de Madrid), le Breviario de Amor (B. de l'Escorial, XlII'^ s.) sont à noter. Mais la perle des manuscrits espagnols du Moyen Age est le Côdice de los cantares ^ loores de la Virgen Santa Maria, connu sous le titre de las Cànligas del rey Sabio. La bibliothèque de l'Escorial en possède deux exemplaires. L'un fut exécuté par Juan Gonzalez ; l'autre, le plus beau, dut être écrit et enluminé à Séville, entre 1275 et 1284 (fig.
401 a 403). En l'état actuel, il comporte 1226 miniatures. Elles ont la légèreté d'une aquarelle aux tons gais et harmonieux et s'enlèvent sur un fond très peu teinté.
L'Espagne chrétienne et musulmane du XIII' s. finissant revit dans ce manuscrit. C*est ainsi que
Fig. 395. — Antonio del Rincon
[Attr.). — Isabelle la Catholique.
(Musée de la Marine de Madrid.)
(Cliché lAtcoste.)
MAMSCRITS A FIGURES
l'architecture en est mudéjare, que l'ogive et le gable sy allient à lare de cercle outrepasse et que, dans l'illustration des cantiques LVI, XC,
CXXV, CLXXXVII, etc., apparaissent des inscriptions arabes et les formules sacramentelles de l'Islam.
A partir de la fin du Xlir s., les miniaturistes espagnols s'inspirent des manuscrits français. Sans quitter l'Escorial, on peut le constater dans le Codice de la Coronadon du XIV s. comme dans YHistoria Troyana exécutée pour don Pedro V^ de Castille (1 350 à 1 369) et imitée du Roman de Troie de Benoît de cette époque, l'école nationale n
Fio. Soj. — I. Adokaïion dks Magks
t triptyque de Daroca.f
(Musée Arcli. de Madrid.)
(Cliché Lac<jsle.)
FiG. 39O. — Les Rois catholiques