ET I.EUR FAMILLE
(Musée du Prado.)
(Cliché Lacoste.)
Sainte-Maure. Pourtant, même à avait pas abdiqué. Quelques-unes de ses œuvres se signalent, c'est peut-être la raison de leur saveur, — par le dédain des modèles étrangers et l'ignorance de leurs auteurs.
L'infiltration flamande se produisit dans le domaine des manuscrits à la'méme date que dans les autres arts, mais elle fut limitée, et de nombreux miniaturistes continuèrent à suivre leur inspiration. Les manuscrits de style flamand se rattachent à l'école de Guillaume Vrélant et ont pour caractéristique la recherche de la douceur des traits alliée à une exécution minutieuse. Tel se présente le Livre d'heures de Juana Henriquez, mère de Ferdinand
ESPAGNE
FiG. 398. — Saint Dominique.
(Saiilo Domingo de Silos,
â Daroca.) (Musée Arch. de Madrid.)
le Catholique (fig. 404). On ne constate pas de progrès chez les auteurs de miniatures de style national. Ils dessinent mal ; ils opposent des visages longs, des traits tirés, des yeux caves à des corps trop ramassés. Puis la couleur est lourde et triste. Les décors où les miniaturistes français et flamands emploient des notes vives et claires ; l'artiste espagnol les transpose en noir et or, noir et gris, noir et blanc. Il semble ne travailler que pour des familles en grand deuil.
On approche du xvi*^^ s. Au style de l'école de Vrélant se mêle le style de l'école ganto-brugeoise des Bening.
Le goût italien se manifeste aussi vers le milieu du XVP s., mais il se décèle plutôt dans certains détails que dans l'ensemble. Au surplus, les œuvres où on le rencontre sont très rares à cette époque.
La grande majorité des manuscrits dont il vient d'être fait mention furent exécutés dans le Nord. L'école de peinture de Séville, qui préludait à ses glorieuses destinées avec le magnifique exemplaire des Cdntigas del rey Sabio (fîg. 401 à 403), se distingue par un coloris éclatant et par l'emploi de formules mudéjares. Les enlumineurs avaient sûrement sous leurs yeux des manuscrits persans et, s'ils ne les imitaient pas, subissaient leur influence et celle du milieu ambiant.
Menuiserie. — Les menuiseries d'art se classent en menuiseries fixées aux murs, (portes, fenêtres, escaliers, lambris, balustrades) et en menuiseries d'ameublement , — tables, lits, sièges, crédences, coffres, pupitres, prie-
D. 11 1 V\c,. 3uQ. — Ai.KONso Dic Bakna.
leu, stalles de cœur. m^„,,.„, ,;, sa.nt Mk.>.n. iFrafr^^cnt.)
Dans la première ca- (San cui^at dci vaiics.) (cuciic riiomasj
STALLLS DE CHŒUR
FiG. 400. — Bartolomé Bermejo.
Sainte Face.
(Musée de Vich.l (Cliché de railleur.)
tégorie se placent les portes, traitées souvent avec beaucoup de luxe.
Néanmoins, il est probable que les vantaux s'ajustaient aux baies d'une façon bien défectueuse, car, devant elles tombaient des antepuertas formées d'un matelas très mince recouvert de cuir de Cordoue. Le même cuir servait à confectionner des paravents indispensables pour compléter avec les antepuertas une défense contre les courants d'air dans des appartements mal clos et où les cheminées étaient remplacées par des braseros (bassins de métal garnis de charbons).
Le mobilier ne se distingue guère du mobilier français. Cependant les sièges et les tables ne devaient pas
être d'un usage général, puisque, à l'imitation des musulmans, Pedro I (1 350-1 369) s'asseyait encore sur des coussins et des tapis.
Le musée archéologique de Madrid possède une stalle à trois places qui garde des traces de rehauts rouges (fig. 405). Ce meuble provient d'un couvent de religieuses (Gradafes, prov. de Léon) et paraît remonter au XIII s. Il serait ainsi l'aïeul des magnifiques boiseries des cathédrales et des églises abbatiales.
Taillées dans des bois très durs, les stalles gothiques de l'Espagne sont parfois des merveilles de goût et des prodiges d'exécution.
Quelques précisions vont être
données sur les plus belles d'entre
nlM(i. 401. — Las (>Antioas del es Z,' , (-. y^i - '^'^^ Saiîio. (Hibl. de rEscorial.)
Seo (le Saragosse. — Chêne icuchc Lacoste.)
ESPAGNE
atmdureç\»9tteftmti
FiG. 402. — Las CAntigas. (Détail d'une page.) (Cliché Lacoste./
de Flandre. Commencées en 1 4 1 2 et sculptées par les Mores Ali Arrondi, Muza et Chamar, à qui succédèrent, en 1 446, Juan Navarre et les frères Antonio et Francisco Gomar,
Cathédrale de Barcelone. — Stalles très élégantes, exécutées en 1453 par Matias Bonafé (fig.
406). Les dossiers décorés d'armoiries peintes sont l'œuvre d'artistes allemands : Michel Loquer et son élève Jean Frédéric. Les écus rappellent le chapitre de la Toison d'Or célébré le 5 Mars 1 5 1 9 par Charles- Quint et où les rois de Danemark et de Pologne reçurent le collier. Cathédrale de Séville. — Œuvre de Nufro Sânchez et de Dancart
(1475-1479). La chaise archiépiscopale — très restaurée — est de Dancart. Les dossiers sont ornés de marqueteries géométriques de style mudéjar.
Chartreuse de Miraflores (près de Burgos).
— Noyer foncé. Sorties de l'atelier de Martin Sanchez (1486-1489).
Santa Maria de Nàjera. — Dues à Andrés et Nicolas (1495. M. de Valladolid).
Cathédrale de Burgos,
Vu;. 4ui. - I.AS (vANTIGAS. Cl- 1"" T 1
i Détail dune page./ — bculpteespar hehpede
rciiciw i.ac<,sie.) Borgoîia ( 1 499- 1512).