‹ Histoire générale de l'église de Toulouse (volume 2)Chapitre 10 sur 21 · TKMPft LNTS&MKOLài&Sâ · texte numérisé non relu

TKMPft LNTS&MKOLài&Sâ

Oa a déjà vu dans le cours de cette histoire que la poésie

vulgaire ou provençale avait toujours été en grand honneur à Toulouse, sous la domination des comtes de cette ville et grâce k leur éclatante protection. Les truubadours toulousains, dont les noms ont été gardés avec soin dans nos annales, avaient laissé après eux des héritiers de leur goût pour la poésie et les règles auxquelles elle était déjà soumise.

« Au temps passé (1323), vivaient à Toulouse, dît un » ancien registre des Jeux Floraux, sept vaillants savants, » gentils et discrets seigneurs qui eurent ardent désir et » grande affection à trouver cette noble, excellente, mer- » veilleuse et vertueuse dame — la science — aûn qu'elle » leur donnât et ccnnmuniquât le gai sanoir de i^ire des » vers (dictar) et de composer des poëmes (dictais) en » roman, afin que, par eux, ils pussent produire et réciter » bonnes et louables sentences pour soutenir les saines » doctrines et les bons enseignements en Thonneur de Dieu

• et de sa glorieuse mère et de tous les saints du paradis; « pour détruire les ignorants et non savants, comprimer » les ious et sots poètes (ayniadors)^ vivre en joie et sus- > dite allégresse, et bannir colère et tristesse anémies » du gai savoir.

» Enfin les dits seigneurs, pour mieux trouver cette ver-* » tueuse dame — la science — exécutèrent leur ardent

• désir et louable affection, et transmirent leurs lettres aux » diverses parties du Languedoc afin que les subtils poètes » et troubadours vinssent au jour à eux assigné pour que » les dits sept seigneurs pusscut voir et ouïr leur savoir,

Tim IRTBBllftDUlIlS. 364

9 subtilité et bonnes opinions ; apprendre et trouver, les

» uns avec les autres, la dite noble, puissante et vertueuse » dame. Afin qu'ils fassent pins engagés à venir, ils pro- » mirent de donner un certain joyau (certajoyà) de fin or, » ainsi qu'il est plus clairement exprimé dans la lettre » dont la teneur suit :

« Aux honorables et aux preux, » Seignew^ amis et compagnons

» Auxquels est donné le savoir

» D'où ci'oU aux bons joie et plaisir^

» Sens et valeur et courtoisie,

• L'excellement gaie compagnie

» Des sept Troubadonrs de Tonlouse » Salut, et au^si vie joyeuse.

• Tonte notre plus grande attention » Et pensements avec, désirs

t Sont de chanter, de s'ébandir :

» C'est pourquoi voulons faire ouïr » De loin, de près, notre savoir.

Les sept troubadours donnent ici quelques enseignements sur la morale, et en particulier sur la conduite qne doivent tenir les poètes pour éviter Famour du jeu et la colère ; ils continuent :

TKMP» 15TBIUifllUIIIES.

in

i Ainsi ^ nous sept, suivant ie cours

Des troubadours qui sont passés, » Avons à notre volonté » Un lieu merveilleusement beau » Où sont portés maints dicts nouveaux » Presque à tout dimanche de Tan, » Et nous n'y souffrons rien de mal.

» £n enseignant, Pun reprend Tautre » Et le ramène de ses fautes i A ce que raison peut souilrir.

» Et pour plus et mieux avancer 9 Le savoir si riche et si cher»

i Nous TOUS mandons que, toute affaire » Et toute occupation cessant, » Au lieii serons, s'il plaît à Dieu, Au premier jour du mois de mai , » Ët de moitié serons plus gais • Si ce jour-là tous y voyons ; » Car nous n'avons d'autre plaisir i Que de célébrer le savoir.

» Et afin que mieux il soit fait, » Chacun faisant gentil ouvrage, » Disons que par droit jugement » A l'auteur du plus beau dictât » Mous donnerons une violette

TEMPS tMTBftHftDIAlEBS. 363

» De fm or pour marque d'honneur, » Ne regardant prix ni valeur » iSi rétat ou condition » De maître ni de serviteur,

» Mais seulement Fart de trouver.

• Et donc vous entendrez chanter » Et lire aussi de nos âictats, » Si y voyez dicts mal placés » Ou chose qui ne soit pas bien, » Vous les mettrez en droite voie, » Car nous suivons tous la raison.

» Hais, croyez-le, nous soutiendrons » L'objet fixé par la dispute.

Les troubadours, après avoir parlé dans quelques vers de cette dispute,' teroûneut ainsi leur lettre :

» En suppliant vous requérons » Qu'au jour que fixé nous avons, » Ici veniez si bien fournis

» De plaisants sons et de beaux dkts » Que le siècle en soit plus content I» Et soyons meilleurs à jongler ; » Que mente vieuuc en honneur; » Que le dieu à^amors vous assiste.

TElfPS INTUMiDlilUS.

VU

» Ceci fut écrit au verger

» Du dit lieu, au pied d'un laurier,

»» Dans le faubourg des Âugustines » A Toulouse, encor nos Yoisines, » Le mardi (n'avons pu devant) » Après la fêle de Toussaint, » En Pan de Hnoamation » Du Christ notre rédiemptiou » Mille trois cent vingt et trois.

» Et aliu que ne doutiez pas » Que nous ne tenions nos promesses, » A nos ici présentes lettres » Avons fait mettre notre scei » Pour gage de la vérité. »

Ces lettres, qui furent expédiées dans tout le Languedoc, portent les signatures suivantes : Bernard de Panassac^ damoiseau ; Guillaume de Lobra, bourgeois ; Bérenguier de Saint-Blancat et Pierre de Mejana-Serra, changeurs; Guillaume de Gontaut et Pierre Camus, marchands; maître Bernard Oth, notaire de la cour du viguier de Toulou-* se. Il est constant , d'après ces lettres, qu avant même Tannée 1323 il existait à Toulouse une compagnie de gais poètes qui avaient quelque lieu de réunion où ils lisaient leurs ouvrages, puisque les troubadours de 1323 déclarent qu ils ne font que marcher sur les traces de ceux qui les ont devancés.

TEMPS 1KTEAMÉ0U1BE& 365

Ces letUtiS nous appieuiient : 1° que nus troubadours avaient des séances littéraires à des jours fixes, presque toujours le dimauche ; 2* un lieu particulier destiné k ces séances, un beau verger situé près du couvent des augustines, non loin de la porte Neuve (aujourd'hui rue Basse du Rempart) ; S*" un scel ou sceau qui indique qu'ils jugeaient de quelques pièces de poésie, et accordaient des lettres testimoniales aux vainqueurs ; V que, celte année, ils accordèrent pour prix, et k leurs frais, une violette d'or : ce qui ne doit point porter à conclure qu'avant cette époque aucun prix n*ait été accordé ; qu'ils ouvrirent une lice publique et solennelle k laquelle ils invitèrent tous les poètes de la province, soit pour y présenter leurs ouvrages, soit pour y étudier les règles de la poésie provençale.

Nous laisserons un instant les sept troubadours attendre k Toulouse l'effet de leurs lettres scellées de leur grand sceau pour suivre Charles IV dans son voya^j^e. Ce prince arriva k Toulouse vers la lin du mois de janvier lo^^, accompagné de la reine son épouse, du roi de Bohême son beau-frère, de Cbarles comte de Valois son oncle, et de Sanche roi de Majorque. Il resta en cette ville six semaines entières, y donna des lettres de sauvegarde pour Tabbaye de Belleperche, et y reçut Amalric vicomte de Narbonne qui vint lui rendre compte des dépenses qu'il avait faites pour rarmement naval, armement qu'on fut obligé de suspend re k cause de la guerre qui allait éclater entre la France et l'Angleterre. Charles quitta Toulouse et revint en France par le Berri. A son retour k Paris, il y ût expédier des lettres en faveur des habitants de Toulouse, par lesquelles il leur accordait, en récompense de leur constante Udélité

366 TBMFS IMTBfiVtolàtEKS.

et de leur dévouemeat tant envers ses prédécesseurs qu'envers lui-même, le privilège d'acquérir, quoique non nobles, les biens deà nobles (excepté les liefs) sans payer ûnance.

Le roi ne put être témoin de la grande solennité Uttéraire qui eut lieu à Toulouse le l"" jour de mai et les deux jours suivants, par suite de llnvitatîon des sept troubadours. On vit donc arriver de toutes les parties du Languedoc en cette ville maints troubadours portant leurs CBuvres. Ils furent reçus par les sept illustres au verger des Augttstines, le jour de mai* L'assemblée était nombreuse et imposante ; on y voyait les seigneurs capitouls François Barrau, A2émar d'Âgremont, Arnaud de Castelnau , Bei'traiid de Morlas, chevaliers ; Guillaume Pagèze, damoiseau ; Hancip Mauran, seigneur de Hontrabe ; plusieurs bourgeois, hommes docLcs et savants. Le 1" jour de mai fut employé à la lecture des pièces ; le deuxième . jour, après avoir entendu la messe, on procéda k un examen attentif ; le troisième jour, on rendit le jugement public, et la violette d'or lut adjugée à M" Arnaud Vidal de Castelnaudary, qui , à cette occasion, fut créé docteur ea la gaie science k cause de la chanson nouvelle qu'il avait composée en rhonnear de Notre-Dame. Les capitouls furent si heureusement impressionnés par la solennité de ces jeux qu*il fut résolu que dorénavant le prix de la violette d'or serait payé sur les émoluments de la ville. Ainsi fut terminée cette solennité littéraire, qui nous montre d une manière authentique Forigine du consistoire ou académie du gcÀ savoir, devenue dans le siècle suivant Facadémie des Jeux Floraux. Nous parlerons plus bas des préceptes sur la poésie que Ut publier le gai consistoire*

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Nous avons dit que la guerre entre le roi de France et celui d'Angleterre était sur le point d'éclater. Elle éclata en ellet en 1324, et voici quelle en fut l'occasion. Le seigneur de Montpezat en Agenais ayant constmit une nouvelle bastide^ les gens du roi prétendirent qu'elle dépendait du roi de France ; Montpezat soutenait au contraire qu'elle dépendait du roi d'Angleterre. Les premiers la iirent adjuger au roi par arrêt du conseil suprême et y mirent garnison* Montpezat, avec le secours du sénéchal du roi d'Angleterre, la reprit, et fit passer la garnison française au m de lépée. Charles IV demanda réparation au roi d'Angleterre, qui différa de la donner: ce qui détermina le roi de France à envoyer en Aquitaine Charles de Valois, son oncle, à la tête d'une armée. Ce prince vint assiéger La Réole, devant laquelle se rendit toute la noblesse du pays. Toulouse y envoya un corps considérable de troupes ayant à leur tête deux capitouls. La Réole s'étant rendue,- le château de Montpezat fut pris et rasé. Le comte de Valois, après s'être rendu maître de toute la Gascogne, k l'exception de Bordeaux, Rayonne et Sainl^Sever, congédia son . armée, et revint en France, où il mourut l'année suivante. Dne trêve fut conclue entre les deux princes. Pendant cette trêve, Charles IV ht lever les subsides en Languedoc pour soutenir la reprise de la guerre, mais la paix fut faite en

L'année suivante (13:2G) offrit k Toulouse le plus bizarre et le plus singulier spectacle qui fût jamais. Le sieur d'Ëscalquens, capiloul, ayant voulu faire célébrer de son vivant ses obsèques, choisit pour le lieu de la scène la grande

église des dominicains, et invita ses confrères k s'y rendre.

36S TIIV8 UmUÉDlÂlBtt.

Le i% avril, ii se ût placer daos un cercueil, les mains jointes ; quarante cierges brûlaient autour ; on cbanta la messe etrolûce des morts, et le corps vivant fut porté eusaite auprès de Tautel principal. D*Escalquens s*étant levé du cercueil, se rendit, à son hôtel et ût servir le repas des funérailles aux capitouls.

Jean de Commioges, disent nos annales, n était pas à Toulouse au moment où eut lieu celle grotesque oérémorne ; mais à son retour, il assembla un synode provincial dans lequel Tafiaire fut examinée sous le point de vue du droit canonique. 11 fut décidé qu aucun ecclésiastique régulier ou séculier ne pourrait à Tavenir se prêter à de semblables exigences, sous peine d excommunication. Nous supposons que Jean de Comminges s^était absenté de Toulouse pour remplir, avec le maître des hospitaliers de Saint- Jean, une mission que le pape leur avait donnée, celle de rétablir la paix entre Guy dauphin de Vienne et Edouard comte de Savoie.

Ce prélat fut bientôt après élevé à la dignité de cardinal et nommé ensuite évêque de Préneste. 11 quitta alors Fadministration du diocèse de Toulouse, qui reçut pour archevêque Guillaume de Lauduii. Jean de Comminges eût été infailliblement porté sur le siège apostolique après la mort de Jean XXil, sll eût voulu accepter la condition qui lui M imposée, de ne jamais transporter la papauté d'Avignon à Rome. Il gouverna Téglise de Toulouse pendant onze ans. CéUiit mi prélat très magnifique. Il légua des fonds considérables pour qu'après sa mort, qui arriva à Avignon en 1348, on établît des chanoinesses de Saint-Etienne sous rinvocation des Onze Mille Vierges, voulant que le nombre

TEMPS INTËUilÉDiAltli^. iô9

en fût porté ii lUhin. cents, et qu elles suivissent la règle de Saiot-AugusUa ; il y établit aussi douze chaDoioes réguliers destinés à gouverner !e spirituel du monastère et fonda encore quatre chapellenies. La supérieure de cette maison, devait porter le titre d'abbesse et devait être crossée. Les ofEoes divins devant être perpétuellement célébrés dans Téglise da nou?eaa couvent, la commtinauié se partagea à cet effet en quatre chœurs de cinquante reli gieuses chacun. Enfin il enrichit cette maison de nombreuses reliques précieuses, entr autres, d'un os du bras de saint Pantaléon et d'une coupe faite par le saint lui-même, et ordonna que Ton appellerait d'un autre monastère quinze chanoinesses pour former celles de Saini-Pantaléon à la vie religieuse.

Les volontés de Jean de Comminges furent exécutées six ans après sa mort. £n 1554 on jeta les fondements du luonastëre, grâce aux libéralités d'une feoune opulente nommée

Nympbe de Struan, qui donna une superbe maison pour ragrandir. On reconnaît Navie pour première abbesse de Saint-Pantaléon. Cette maison des Onze Mille Vierges changea son nom en celui du saint dont elle possédait les reliques. Le Ycuêrable fondateur de ce monastère n était pas moins remarquable par sa science que par sa pieuse munificence. 11 cumposa plusieurs discours sur le mystère de la Passion et sur les fêtes des saints. Le trait de la vie qui a rapport à sa grave dispute en plein consistoire avec le cardinal de Périgord, au sujet de Télection de Tempereur, n'appartient pas à notre hisluire. Ca^i à tort qu'on a placé au nombre des conciles de Toulouse, sous le pontificat de Jean de Comiutiigob, et lauto-da-fé de 1519 et le synode de ir>2u. tn 54 .

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Un puissant seigneur du Toulousain, Arnaud de La Vie

(le Villemur, fut alors sur le point d'être la victime d uue terrible accusation. On avait découvert à Toulouse une société infernale d'empoisonneurs étrangers à la ville qui avait des ramifications assez étendues. Ces misérables, qui s adonnaient à la magie et a divers sortilèges, fabriquaient certaines images en cire sur lesquelles ils gravaient plusieurs caractères symboliques ou cabalistiques, et avaient juré la mort du roi el celle de plusieurs illustres personnages. La rencontre fortuite de ces signes ou symboles déterminait la perpétratiou du crime. Les gens du roi découvrirent ces empoisonneurs, qui furent envoyés à Paris et jetés dans les prisons du Chàtelet. Dans leurs interrogatoires, ils déclarèrent quHls n*avaient résolu d*attenter à la vie du monarque qu'à linstigation de quelques seigneurs, entr autres de celui de Villemur, qui était neveu du pape Jean XXII et conseiller du roi. Mais ces misérables confessèrent ensuite que c^était une accusation injuste ; alors le roi le déclara innocent. Ces empoisonneurs étaient telleiiierit multipliés dans la province que le pape s*était vu obligé de convoquer un concile k Avignon pour défendre, sous les plus graves peines, de vendre et d'acheter du poison.

Charles IV mourut au bois de Vincennes, le 51 janvier 1328. Philippe de Valois, son cousin germain, lui succéda. On assure que ce dernier prince tint ii Paris une assemblée de notables dans laquelle il fut question du rét2d)lissemeDt du prétendu parlement de Toulouse, afin d'épargner aux peuples de la province les dépenses qu'ils étaient obligés de fane en se rendant à Paris; que Bertrand abbé de Saint- Hilaire au diocèse de Carcassonne , Pierre Galvan chantre

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d'Orléaos et Raymond de Chalons, commissaires réformateurs, avaieiiL été chargés de tenir ce parlement; mais qu'il ' ne dura que six semaines, sur la plainte des évêques qui n'y avaient point été appelés.

Le pays toulousain produisit à cette époque des hommes également distingués par leur science et leur vertu. Raymond Requin, religieux dominicain, enseigna TEcriture sainte à Toulouse avec beaucoup d'éclat. Jean XXII, informé de son mérite, le nomma maître du sacré palais, le fit ensuite patriarche titulaire de Jérusalem et l'envoya dans rite de Chypre pour y gouverner cette Eglise. — Jacques Fournier, né à Saverdun, entra dès sa première jeunesse dans Tordre de Citeaux à Tabbaye de Rolbonne. Il fut suc^ cessivement abbé de Fontfroide, évôque de Pamiers, de Mirepoix, cardinal , et enfin pape sous le nom de Renoît XIL Quoiqu'il eut ûxé son séjour à Avignon, il s'occupa cependant de Rome, et fit reconstruire à grands frais la char^ pente de l'ancienne basilique de Saint-Pierre. Benoît XII évita avec soin le népotisme ; plusieurs grands seigneurs lui ayant demandé sa nièce en piariage, il préféra la donner à un marchand de Toulouse. Les deux époux ayant été le voir à Avignon, il les reçut avec beaucoup de bonté, mais ne leur accorda pour toute faveur que sa bénédiction* et le.^ irais de voyage. Aussi recommandable par sa science théologique que par son zèle pour la religion, il composa plusieurs ouvrages sur l'Ecriture sainte et des traités jnystiques. Dans la crainte que Tltalie ne devînt la proie des factions, il cuiiUnt les grands dans le devoir en les plaçant dans les différentes villes qu'ils possédaient en qualité de vicaires du siège apostoUque, et persuada aux Romains de

àli mm mmiiÉDiAiiBB.

ne plus coulier la dignité scnatoriate à des personnes royales, comme par le passé, mais de la garder pour euxmêmes» sous les auspices de i Eglise, Nous avons de ce pape, dont la mort inspira de justes et d^unanimes regrets, 1*" une épître dans laquelle il démontre que les âmes qui ont suffisamment payé leur dette à la justice diTîne pour la peine iempoieiie due au péché, jouissent de la vision béatifiqoe avant la résurrection dernière et le jugement géiièial ; 'È* une constitution sur la visite des monastères; S"" une constitution touchant la réforme des religieux augustins. Ce fut sous son pontiiicat que Pétrarque le célèbre poète reçut au Capitule de Rome la couronne de laurier. Benoît XII mourut k Avignon en 1342.

Le roi donna commission, dans le mois de février 1329, au sénéchal de Toulouse de recevoir le serment des capitouls et des habitants : ce qui fut exécuté. En même temps Guillaume de Laudun reçut du pape la mission spéciale de publier certains statuts dressés par les cardinaux-légats pour la réforma^ion de l'université de Toulouse. Ces cardinaux étaient Pierre de Palestrine et Gamelîn évéque d'Albano. l) apies ces nouveaux statuts, « les danses, les ban- » quels, les spectacles de comédiens ou d'histrions sont

» interdits aux étudiants lorsqu'ils prennent leurs degrés, » et le repas qu ils donnent à cette occasion est réglé à » quinze iiaiics do monnaie courante. Il est défendu aux » écoliers de tenir des en£smts sur les fonts. Us doivent » porter des habits uniformes, savoir : des chapes à man- » ches, et non des habits ronds et courts. •

Ces statuts furent assez mal observés, et eurent à peu près le sort qu'avaient eu ceux qu on avait déjà £aits au

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commencement de oe siècle. Nous savons, en effet, qu'en 1510 Pierre de Verdale, cbanome de Carcassounc, l ecleur de TuniversUé de Toulouse, en avait dressés. En 1514, Robert de La Tour, prieur de Rabaslens, de Tordre de Cluni, et recteur de la même université, avait aussi réglé le costume des écoliers : ils devaient porter une tunique ouverte, une subre^veste fermée, un -corset sans manches, un capuchon, des mitaines et des brodequins. Les professeurs réguliers pouvaient porter Thabit de leur ordre. On trouve dans ces statuts les noms de Bernard de Saint-Genez, licencié en run et Tautre droit : de Guillaume de Montlezun , docteur en décrets, abbé de Moutier-Neul de Poitiers, qui composa un commentaire sur les Clémentines et un sacramentaire.

En. 1324, Barthélémy Fiéchier, maître ès-arts et recteur

de ruiiiversitc do Toulouse , avait fait divers règlements dans lesquels il était statué que, le jour où le liencié prenait ses degrés, il ne pouvait se faire accompagner cbez lui que par deux trompettes et un tambours

A l'époque où nous' sommes, Tuniversité de celle ville possédait six docteurs régents en décrets et autant en lois, et plusieurs maîtres ès-arts. On trouve dans une requête présentée au recteur de Tuniversité, Pierre de Murisanio , chanoine du monastère de Saint-Antoine de Vienne, les % noms de plusieurs professeurs célèbres et notables écoliers, parmi lesquels on distingue dom Roderic abbé do Valladolid, dom Bérenger abbé de Saint-Michel de Fiavarit, Robeft de Foix, Pierre de Spères, Raymond d'Astarac, Hugues de Cardeiibac, Sicaixi de Montaut, Bernard de La* tour, et un grand nombre d'autres.

374 TBHK urtlRMÉDlAlRES.

S*il faut croire au récit de Bardin, un effrayant météore,

que le chroniqueur prend pour une comète, apparut toutà-coup à Toulouse, dans h nuit du samedi saint. Sa couleur était rouge et plombée ; la clarté qu'il répandait était semblable à des traits de flamme ; les quatre vents du ciel soufflèreiit avec violence ; la terre trembla, et quatorze maisons furent englouties ; le quartier de Pierre de Gameville, capitoul, eut beaucoup à souftVir. La frayeur s'emparait de tous les esprits, surtout lorsqu'on entendait de toutes parts retentir ces paroles : « Hurlez et faites pénitence, car le grand et terrible jour du Seigneur apjf^roche, > Ce météore demeura sur Thorizon pendant trente-huit nuits, depuis dix heures du soir jusqu à Taurore. Le peuple courait en foule aux églises ; on institua deux jours de jeûne par semaine, le mercredi et le vendredi. A la suite de cette apparition, une maladie épidémique exerça ses ravages et enleva plusieurs milliers d'babitaots. 11 est bien difficile d'admettre de pareils récits sur la seule autorité d'un historien qui n'indique pas ses sources.

L'inquisiteur de Toulouse soutint peu de temps après, en 1330, un procès contre Guillaume de Villars, juge d'appaux de cette ville. Quelques abus s'étant glissés dans l'e^Lercice de la Juridictiou ecclésiastique, le roi nomma ce ê magistrat pour les coriiger. Ce commissaire se fit d'abord

présenter les registres des cours ecclésiastiques et prétendit que ceux de Tlnquisition devaient lui être remis. LIqquisiteur refusa. Alors les portes de l'Inquisition lurent enfoncées et les registres enlevés. Plainte fut portée au pau^ lement de Paris par 1 inquisiteur, la procédure annulée, et le commissaire condamné aux dépens.

TESirS IMEaMEDUlRES. 37o

L*abbaye de Saint-Lanreot de Goujon perdit alors son abbesse, Gancioue de Laiocbe, qui, sur la ûn de sa vie, alla visiter le prieure de Sainte-Marguerite de Fontelle au diocèse de Lectoure. Julienne de Ciommiuges, illle de Bernard de Comminges seigneur de Forges, lui succéda. — Amélîus de LauUec, après avoir gouverné Tabbaye de Saint-Saturnin à Toulouse pendant sept ans, fut accusé par Gautier de la IS'euvilie^ viguier de Toulouse et gouverneur du château Narbonnais, par-devant le tribunal de Tlnquisilion, d'avoir avancé que les âmes humaines étaient mortelles de leur nature et immortelles seulement par la grâce de Dieu. Amélius plaida sa cause et tut absous. Le procureur général en appela au- parlement de Paris, qui confirma la sentence de Tinquisiteur. Jean XXII donna à AméUus la commission de rechercher les mineurs conventuels qui prétendaient avoir le privilège du saint-siége de recevoir indistinctement tous les legs et offrandes. Il lui fut ordonné que, lorsqu'il aurait en son pouvoir Gui , ûls du comte Frédérici, et les autres fauteurs de la révolte, il les traitât selon la rigueur des lois, ^ous trouvons ensuite Amélius k Avignon auprès du pape, travaillant à la vérification des miracles et au& informations de la vie de saint Nicolas de Tolentin. Il fut créé évêque de Castres, et eut pour successeur dans son abbaye Hugues de Roger.

Raymond de Montaigut , abbc de Mas-Garnier, mourut en 1323. Il est connu dans nos annales pour avoir lait une transaction avec Pons, abbé de Grand-Selve, au sujet des limites et des droits de son abbaye, il était très opulent et établît k ses frais, au Mas, la charge d*aumônier, à laquelle il assigna des revenus particuliers. Il eut pour successeur

TEMI'S INTEHMÉUIAl&ES.

Aymeric de Montaigut, religieux de Moissac. — Arnaud de Maris, Pierre de Foix et Araaud de Marasco occupèreol. successivement Tabbaye d*Eaunes. — Guillaume de Piret , abbé de Beaulieu au diocèse de Rhodez, fut nommé par Jean XXH abbé de Grand- SeWe ; il succédait à Pons Mauno. U gouverna cette abbaye pendant vingt ans. Arnaud de Calbert, abbé de Fontfroide, fut élu abbé de La Capelle, .et garda son abbaye un nombre égal d'années,

Léglise de Rieux fut alors successivement gouvernée par Uabastens, d abord évéque de i^amiers, ensuite de Léon en E$f)agne, et enfm de Rieux. Fait cardinal au titre de Sainte- Anastasic, il mourut eu io21, et eut pour successeur Bertrand de Pilefort. Celui-ci n*6ccupa le siège de Rîeux que quelques mois. Bertrand de Cardaillac gouverna très peu de temps cette Eglise, et fut transféré sur le sié^e de Cahors. Il eut pour successeur a Rieux* Jean de La Tissérandcrie, religieux mineur. Jean résidait à la cour romaine. Nous trouvons cependant un acte par lequel il céda à un prêtre de Tordre de Malte le rectorat de Saint-Sulpice de Lezat.

A cette époque on jeta à Feuillants les londeineats d'une nouvelle église, dont pn voit encore les restes. Raymond de Montlaur, Etienne, et un antre Raymond de Monllaur qui appartenait sans doute à la famille du précédent, abbés de ce monastère, réunirent d'abondantes aumônes pour terminer cet édifice.

A Boson de Salignac succéda, sur le siège de Comminges, Du Millario, qui peut-être appartenait à Tordre de saint Dominique, mais qui ne vint jamais dans son diocèse pour y être installé. A celui-ci succéda Scot de Linaris, chanoine de l église de Saint-Etienne de Toulouse. Nos annales

TIHPS IHmiÉDIilMS. 377

nous le montrent k Marseille assistant à la dégradation de

cinq religieux mineurs, et donuaut aux religieuses de Saint- Laurent dans son diocèse une partie des dîmes de Ssûnt- ' André. Guillaume de Larvu mouta, après lui , sur le siège de Comminges. Ce prélat assista en 1530 à la consécration de Téglise de Saint-Louis de Poissy, en présence du roi Philippe-le-Long et d'un grand nombre d'évéqdes du royaume. Sous son épiscopat, Arnaud de Mai quefave gouvernait rabbaye de Bonnefont, et Pierre Sicardi , docteur et professeur eu droit canon, celle de INizors. Ce denaer avait succédé à Arnaud de Falgar.

Toulouse Yit arriver en ce même temps dans ses murs

le plus célèbre poëte de son temps, Pétrarque, qui vint saluer la cité des troubadours. Il était né à Arezzo, en 1304. Après avoir passé les six premières années de sa vie auprès de sa mère dans la vallée d*Amo, près d*Ancise, il suivit son père à Pise et de là à Aviguoii. Clément V venait d'y fixer sa cour. Pétrarque continua ses études à Carpentras, sous Convennole. Il vit alors pour la première fois la fontaine de Vaucluse et ses sites enchanteurs. On rappliqua à rétude de la jurisprudence, qu'il dédaigna bientôt pour celle des lettres. A Bologne, il éprouva un irrésistible attrait pour la poésie. La lecture de Cicéron et de Virgile fidsait ses délices. Les premiers vers latins qu*ll composa forent sur la mort de sa mère, Eletta Canigiani. Son époux la suivit de près au tombeau. Pétrarque et Gérard son frère, privés de fortune, embrassèrent Fétat ecclésiastique. Pétrarque se Ma quelque temps à Avignon, où il continua de cultiver la poésie latine, mais il Fabandonna bientôt

IME&MÉUUiaES.

pour écrire des vers dans sa langue naturelle, et c*est par là qu*il est arrivé à Timmortalité.

Pétrarque trouva des protecteurs ; les grâces de sa figure ainsi que ses talents et sa sagesse lui attirèrent la contiance de Jac(iiies Colonne, jeune gentilhomme plein d'amabilité et (le vertu, à la iortuue duquel îl resta désormais attaché. On dit qtfà èette époque de sa vie, Pétrarque, le lundi de la semaine sainte 15!27, vit à Avignon, dans Téglise des religieuses de Sainte-Claire, une femme dont la robe verte était parsemée de violettes : c*était Laure, ûlle du chevalier Audibert de Noves et épouse de Hugues de Sade. Nous n'avons pas à parier ici des inlluences que la vue de cette femme exerça sur la vie du poète. Jacques Colonne, son ami, fut alors chargé par Jean XXII de pubUer.et d'afiicbcr à Rome une bulle fulminée par ce pape contre Tempereur Louis de Bavière. Colonne, ayant exécuté les ordres du pontife, fut promu, à son retour, k Tévécbé de Lombez. Le nouveau prélat pr'oposa k Pétrarque de raccompagner ; ils partirent, et àrnvèrent à Toulouse en 1330. Le poète italien y vit les sept troubadours qui venaient d'instituer les jeux du gai savoir : aussi les a-t-il célébrés dans Tun de ses charmants poèmes. Il trouva la noblesse du pays assemblée à Toulouse pour les noces de Pierre infant d'Aragon et de Jeanne, sœur de Gaston 11 comte de Foix. Ce dernier obtint alors du roi la permission d'enfermer dans le château de Foix. Jeanne d'Artois sa mère, comtesse douairière, à cause de son inconduite.

Levêque de Lombez et Pétrarque poursuivirent leur route et arrivèrent en cette ville. Le poète affirme qu'il passa là les plus Ijeaux jours de sa vie. Jacques G)lonne

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lai donna une prébende dans cette église. Le poète, doté d'un caQOûicat de Lombez, reviai en Italie, et pleura plus tard, dans des pages où respire ce qae la gratitude a de plus exquis, la mort de son protecteur.

Dans Vannée 1331, Toulouse fut agitée par un événement qui eut de l'uoestes suites» Le capitoul François de Gaure rencontra, le soir même du jour de Pâques, une troupe de gens armés : cetaient des écoliers de Tuoiversité qui , s'étant livrés au plaisir, parcouraient les rues en tumulte, et eu téte desquels étaient le vicomte de Lautrec et Bérenger. Le capitoul crut qu'il était de son devoir de larrèter. Bérenger mit lepée à la main ; mais il fut repoussé par Douât , Tun des écuyers du capitoul, qui continua sa marche vers le pré MmtardL Les écoliers le rencontrèrent de nouveau sur son passage : alors François de Gaure se saisit de l un des écoliers nommé Pozols, mais le relaxa bientôt, a la prière de Lautrec. Aussitôt après, ce dernier, par une damuable periidie, s écria à haute voix : Ambor f Ambor ! Firets ! Firets ! espèce de cri de guerre. Le capitoul fut aussitôt entouré, malgré la résistance qu'opposèrent le soldat du guet nommé Léglise et les deux écuyers qui raccompagnaient. Le soldat reçut à la tète une profonde blessure ; Bérenger coupa le nez et la mâchoire au capitoul , qui tomba évanoui, et la troupe prit la fuite.

Dès que les capitouls eurent appris ce triste événement, ils se mirent à la recherche des coupables. Bérenger fut arrêté dans la maison de la famille de Penne ; trois membres de cette tamille furent arrêtés avec lui, ainsi que plusieurs amis et domestiques : en tout, trente personnes. La plupart des prisonniers étaient clercs, c est ce qui détenmua

l'official de l'archevêque de Toulouse k les réclamer. On reovoya les prévenus, à Texceptioa de Béreuger et d'un membre de la famille de Penné. Deux jours après, la sentence lut rendue ; elle portait que Bérenger devait être attaché à la queue d*un cheyal et traîné devant )a maison de François de Gaure, où il aurait le poing coupé ; de là il devait être tratné sur la claie aux fourches patibulaires, où il aurait la tête tranchée ; son corps serait exposé et • ses biens confisqués. Bérenger ai)pela inutilement de cetie sentence devant le viguier, le sénéchal, et même le parlement de Paris : la sentence fut exécutée. Nous verrons plus bas les suites de cette affaire. '

Le roi , désirant porter remède à quelques abus qui s'étaient giissés dans la province, envoya pour commissaires dans la sénéchaussée de Toulouse Farchevéque de Reims et maître Haubert de Hangest. Les commissaires se saisirent, au nom du roi , du temporel de Tarchevéque de Toulouse, sous prétexte que ce prélat et ses gens s étaient emparés d'une partie des domaines royaux. Le prince crut devoir aussi favoriser Texercice de Tinquisition par Tarrêt suivant : « Philippe, par la grâce de Dieu roi des Fran- » çais : aux sénéchaux de Nîmes, de Tuuiuuse et de Car- » cassonne, à notre amé Sicard de Prohenques, clerc » licencié en droit et notre procureur général de la séné-

• chaussée de Toulouse, et à tous autres justiciers de la » province d'Occitanie, salut. Quoique nos prédécesseurs » et nous, dans Tintérêt de la foi, aient accordé au tribunal

• de rinquisitioii et à ses ofliciers droit et autorité sur les

• idolâtres, magiciens et hérétiques, parjures et impies, » comme l'exige ou peut l'exiger leur charge, cependant

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» Qos sénéchaux et nos ot'iîciers troublent les inquisiteurs » de la foi dans leur juridiction, d'oii il résulte plusieurs » plaintes. Voulant que ce tribunal jouisse de ses anciens » privilèges, mandons et ordonnons à tous et à tous de » lui laisser le plein exercice de ses droits à Toulouse. »

Le pape Jean XXH mourut k Avignon, le 4 décembre 1354. Avant sa mort, il accorda aux religieuses de Sainte- Claire d*AuteriTe au diocèse de Toulouse les mêmes droits et les mêmes privilèges dont jouissaient les clarisses de cette dernière ville. C'est ici le plus ancien monument relatif au monastère d'Auterive, dont la fondation doit être placée beaucoup plus haut. (Ce monastère a subsisté jusqu'à la révolution française, et on voit encore une partie de ses ruines.) Les cardinaux nommèrent, pour succéder à Jean XXil, Jacques Fournier de Saverdun, dont nous avons déjà i)arlé.

L'allaire de Bérenger fut alors poursuivie par les parents et les amis du coupable. L'universilé de Toulouse, qui prétendait avoir été lésée dans ses privilèges, leur prêta un puissant appui. Elle avait déjà porté ses plaintes au pape Jean, qui avait délégué Bertrand de Saint-Genez, doyen d'Angoulême, pour adresser aux capitouls et aux habitants de Toulouse un monitoire tendant à la réparation des torts faits à Tuniversité. Le commissaire apostolique arriva à Toulouse et se rendit au couvent des dominicains, où il ûxa sa demeure. Rubéi et Bérenger, capitouls délégués par leurs confrères, se rendirent auprès de Saint-Genez, lui déclarant que Tuniversité avait surpris la religion du pape, et demandant une enquête, qui leur fut refusée, iiin même temps le parlement de Paris avait été saisi de raffaire et

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avait assigac les capitouls. Ce pariemeut rendit, le 18 juillet 1335, Tarrêt suivant : « Mandons et ordonnons que le corps » de Bérenger soit levé des fourches et reudu à sa iamilk ^ pour être enterré avec les cérémonies de FEglise ; qu'il » îîera iundé une rente ou chapelle de 40 hvres de revenu » annuel pour faire prier, Dieu pour le repos de Tâme du • défunt ; qu'une somme de 4000 livres sera donnée à sa » famille pour le remboursement des frais par eux avan- » cés.... • Par le même arrêt, les capitouls. la ville et tous ses habitants étaient privés du droit de corps et de communauté, avec conliscation au proht du roi du» patrimoine de la ville.

Le 7 août , le roi confia lexécution de ce formidable arrél à Hugues d'Archiac, Guillaume Flotte, Etienne d'Albert qui fut pape sous le nom d'Innocent VI, et au sénéchal de Toulouse. Le chroniqueur Bardin nous a décrit dans le plus grand détail la pompe funèbre de Bérenger, où se trouvèrent les capitouls, tous les ordres de la ville, le clergé séculier et régulier, Tarchevéque en tète. Le corps du supplicié fut inhumé dans le cimetière de l'église de la Daurade. On compta jusqu'à trois mille écohers à ces obsèques.

' Les capitouls furent obligés de faire d'éclatantes l'éparations, soit à Tuniversité, soit au corps de Bérenger, soit à sa famille. Le surlendemain, les commissaires du roi deslituè-

' rent les capitouls et déléguèrent leurs fonctions au viguier de Toulouse.

Cependant plusieurs notables de la ville se rendirent à

Paris et proposèrent au roi le rétablissement du capitoulal moyennant finance^ Une somme de cinquante mille livres

tournois fut promise, acceptée, donnée, et le capitoulatfiit

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rétabli» quoique sur de uouveiles bases. Il lut , ea eUet, cooyeTiQ qu'il y aurait désormais douze capitouls, huit pour la cité et quatre pour le bourg.

On parlait beaucoup alors k Toulouse des prédications d UQ prêtre nommé Jeau d'Alta-Hipa (Aulerive\ né à Castres. Le 4 octobre i336, préchant à Véglise des Cordeliers, il prit un air inspiré et annonça Temprisonnement du roi Jean et sa mort en Angleterre, ainsi que celle du cardinal Raymond qui avait été évéque de Saint-Papoûl. On dit que cette dernière prophétie fut vérifiée par révènement peu de temps après. Ce personnage mourut en 1579, à làge de 86 ans. On affirme qu*au xvn« siècle, Alphonse d'Elbène archevêque d'Albi faisant démolir un bastion à Castres, on découvrît une table de pierre sur laquelle était gravée une inscription portant que frère Jean avait vu un livre de prophéties dans lequel on annonçait que dans deux cents ans la religion catholique serait profanée à Castres. ISous ne savons quelle foi il faut ajouter à ces récits et à ces découvertes.

Philippe de Valois entreprit à cette époque un voyage dans la province, soit pour y lever des subsides, soit pour visiter Benoît XH i Avignon. Arrivé à Toulouse, il y resta très peu de jours, et ny rendit qu'une ordonnance relative à rélection d*un lieu particulier pour les séances des commissaires royaux ; il continua sa route, mais fut bientôt obligé dinterrompre son voyage à cause de la guerre qu1l eut à soutenir contre le roi d'Angleterre. Ce ï^i pour appeler les bénédictions du ciel sur les armes du monarque, que, le lendemain de Pâques (21 avril 1557), on lit à Toulouse une procession générale qui eut des suites funes-

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les. La levée des subsides pour la guerre avait délermiaé les capitouls à dépoter vers Simon de Provigny sire Orguéri, maître des requêtes, Gallois de La Beaame, gouverneur en Languedoc, le damoiseau Aymeric de Casteloan, et Bernard Garaud, bourgeois. Ces députés traitèrent donc de la levée des subsides moyennant certaines conditions posées et acceptées. Ces subsides, pour les Toulousains, forent fixés à douze mille livres, payables en deux termes. Ces députes, de retour à Toulouse du siège de Madeillan où ils avaient trouvé les gens du roi, ordonnèrent la processsioa dont nous venons de parier. Le vicaire-général de Farebevëque regarda cette ordonnance des capitouls comnie abusive, et détendit au cleigé ainsi quaux ûdèles d'assister à cette cérémonie. Le vicaire général, cité par maître Simonis, refusa de comparaître et fut arrêté. L'archevêque en appela au roi , qui confia cette affaire à son gouvemaor. Nous en ignorons Tissue.

Guillaume de Laudun, archevêque de Toulouse, dota en 1340 son église cathédrale de la fondation de quatre prébendes canoniales qu'il désigna sous le nom de saint Dominique, en mémou e de Tordre auquel il appartenait avant sa promotion à Tépiscopat ; il consacra en même temps une chapelle de Saint-Etienne en i honneur de cet illustre patriarche. — Guillaume de Lobersan, prévôt de St-Etienne, mourut en 1540. 11 avait soutenu avec fermeté les droits du chapitre contre les envahissements de rarchevéqae an sujet de la juridiction, ce qui donna lieu à un diiïéreml qui fût heureusement terminé par les légats du pape. Guillaume de Lobersaa eut pour successeur Roger de Noër. Hugues Roger, (pii gouvernait toujours Tabbaye de

Saint-Saturnin, fut choisi pour arbitre entre Gaston tic Foix et Simon d*Ârquier qui se disputaient la possession du lieu de Lautrec. L abbé prononça en faveur de Gaston, à condition cependant qu'il payerait à Simon six mille livres. Nous trouYons ici Boniface de Durforl, prieur de la Dauiade, ayant une discussion assez vive avec un certain clerc nommu Guillaume des Bordes, au sujet des dîmes de Sainte- Livrade.

L'abbaye des chanoinesses de Saint-Saturnin avait à sa téte Gaucianne, qui demanda à Beraud, évéque d'Albi, la permission d'établir une maison de son ordre dans sa ville épiscopale. Cette maison fut appelée les Augustines de Sainte-Catherine, et fut remplacée plus tard par celle des ÂnnoQciades. Elle gouverna son abbaye jusqu'en 1341. — Hugues et Guarin furent successivement abbés d*Eaunes à cette époque. — La Gapeile ayant perdu en 1340 Arnaud de Galberti , son abbé, la dignité abbatiale demeura longtemps vacante dans cette maison, car ce n est que dix-sept ans plus tard que nous trouvons la suite de ses abbés.

Le diocèse de Toulouse vit selever en ce temps ua nouveau monastère de religieuses de Sainte-Claire à Lévigoac. £iies curent pour fondatrice Tiburge de riile-Jourdain comtesse d'Astarac. La série des abbesses de cette maison ne s'ouvre qu'au seizième siècle, par Antoinette de

MOQS.

Ce fut en 1340 que les Anglais entreprirent le siège de Condom. Pierre de La Palu, sénéchal de Toulouse, marcha au secours de cette place, et ordonna à tous les gouverneurs dès diverses sénéchaussées d'envoyer le plus tôt

possible toutes les milices disponibles, car il craignait beau-

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