‹ Histoire générale de l'église de Toulouse (volume 2)Chapitre 11 sur 21 · III 5.H · texte numérisé non relu

III 5.H

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coup que ies Anglais ne iis^eut une irruption sur Toulouse. Déjà, au mois de septembre, Jean de Marigny, é?èque de Beau vais, lieutenant du roi en Languedoc, avait ordonné ia levée des subsides , dans la sénéchaussée de Toulouse, à concurrence de trente-trois inillo livres. Cette levée devait être faite par les soins de Guillaume du Vernet, Ëlienne du Pont et André de Gimilly. Ce fut peut-être pour favoriser Faction de ces commissaires que Louis de Poitiers duc de Dinois et de Valentinois, capitaine générai du Languedoc, arriva à Toulouse, et entra en ville par la' porte du château Narbonnais. Avant d aller plus luin, il lit le serment solennel de conserver tous les privilèges des inquisiteurs et ceux de la cité. Pendanl ^uu séjour, le prince demeura au château Narbonnais.

Le 17 mars 1542, Gausberl Duval, ancien archevêque d'Arles, et à lepoque que nous parcourons archevêque de Narbonne, funda dans Tuniversité de Toulouse un collège pour douze écoliers, dont deux devaient être de la paroisse de Saint-Pierre d'Emzac en Querci, lieu de sa naissance; deux, dianoines de Téglise d'Arles ; deux autres, prêtres, devant dire la messe alternativement tous les dimanches. Il acheta pour ce collège une maison et des jardins appelés de Versins, dans la rue Valade. Ce collège de Narbonne était situé vis-k-vis du couvent des capucins, aujourd'hui place de rArtillerie.

Une trêve avait été conclue entre ies rois de France et

d*Ângleterre. Pierre de La Palu , sénéchal de Toulouse, vint alors à Bozet dans le Toulousain, et y disposa de quelques biens confisqués à Gaillac en Albigeois en faveur de Vital de Nogaret, procureur du roi de la sénéchaussée de

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Toulouse, pour le récompenser de ses services. De leur côté» le comte de Valentinois et révéiiue de Beauvaîs don"nèrent à Toulouse des lettres de noblesse en faveur de Joubert de Ribayrac, pendaQt que Rbbert seigneur de Cbarni, conseiller du roi , rendait des arrêts dans le consistoire de la nouvelle salle royale de Toulouse. Nous supposons que cette salle avait été construite au château Narbonnais, auprès duquel on éleva une nouvelle église pour le service de ce palais, et dont les restes existent encore de nos jours (place , de la Monnaie). Ces constructions diverses marchaient de pair avec celle des nouveaux remparts de la ville, que Von commença à bâtir du côté de ce château.

Nous trouvons dans nos annales divers actes qui proiivent la présence à Toulouse de l evêque de Beauvais et du dac de Valentinois pendant là trêve. Ainsi , en 1341, le premier nomma en cette ville un commissaire pour la recherche des biens vendus aux nobles et aux gens d'églisé, alla de recueillir de 1 argent pour la guerre, la trêve devant expirer à la Saint-Jean. On assure qu*il fit exécuter plusieurs criminels condamnés à mort par les capitouls, malgré leur appel au parlement, qui lui suscita une querelle, assoupie plus tard par le roi. Quant au duc, il coaixrma à Toulouse les coutumes de la ville de Réalmont en AIbi* geois.

L*évêque dé Beauvais, rappelé par le roi, avait fondé

dans le diocèse de Saint-Papoul une bastide à laquelle il donna son nom^ Ce prélat fut remplacé à Toulouse par Agout de Baux, créé sénéchal de cette ville parle roi, qui anoblit aussi, en 1343, Arnaud et Guillaume Daffîs, habitants de Toulouse, et donna commission de poursuivre avec

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vigueur les pillards qui infestaient toute cette sénéchaussée. La trêve entre les rois de France et d'Anglet^iTc fut alors prorogée.

Gaston II de Poix venait de mourir à Séville, dans un âge peu avancé. . Par son testament, il avait choisi sa sépulture à Bolbonne, où son corps fut transporté et inhumé à côté de ceux de ses ancêtres. 11 laissa la tutelle de Gaston IH, surnommé Phébas li cause de sa beauté, à Eléonore de Comminges, sa veuve. Le 5 décembre, cette princesse était à Toulouse, où elle reçut quittance d*un habitant de Burgos en Espagne pour diverses sommes qui lui étaient dues. Phébus épousa plus tard Agnès de Navarre, fille de Phihppe IH roi de Navarre et de Jeanne de France.

Guillaume de Laudun, archevêque de Toulouse, ne pouvait plus supporter, à cause de soir grand âge, le poids de son administration pastorale. Avant de quitter son si^e, il porta ses plaintes au pape au sujet des vexations sans nombre dont TEglise de Toulouse était Tobjet de la part des gens de la sénéchaussée, et supplia le pape d'avertir le roi de tout ce qui se pa^t dans son diocèse. C*est dans les lettres que Home adressa à ce sujet au roi que le pontifev suprême retrace Téloge de Guillaume de Laudun, qu'il nous représente comme un boiiime plein de mérites et d'une science éminente. Privé de la vue, Guillaume abdiqua rarchevéché de Toulouse, en iôiij, on faveur de Raymond de Vis ou de Canillac, chanoine et prévôt de Téglise de Magueioniic. Il mourut quelques années après (1552) à Avignon. On lui attribue plusieurs sermons. Il gouverna l'Eglise de Toulouse pendant quinze ans.

Edouard, roi d'Angleterre, ayant manifesté le dessein de

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rompre la trêve, le roi de France fit partir pour ta provioce son ûls aioé, Jean duc de Normandie» avec lautorité de lieutenant-général. Dans le cours de son voyage, le prince passa à Toulouse et à Buzet, et parcourut toute la province. En môme temps Edouard fit partir des ports d'Angleterre Henri de Lancastre comte de Derby avec une nombreuse flotte et une forte armée. Ce seigneur résolut d'assiéger d^abord Bergerac, où commandait Bertrand de nile*Jourdain, dont la baronie fut étevée alors au titre de comté. — Bergerac fut pris malgré les efforts du comte de rnie, qui se relira à La Réole. Plusieurs places tombèrent au pouvoir des Anglais : Langon, Beaumont-de-Lomagne , etc. La ville de rille-Jourdain fut aussi assiégée et se soumit. La plupart des seigneurs du pays furent tués ou £sdts prisonniers par les Anglais devant Auberoche. Au nombre de ces derniers se trouva Ber^^rand de ruie. A cette nouvelle, le roi nomma Pierre de Bourbon son lieutenant en Languedoc , sous les ordres du duc de Normandie.

L'histoire garde le silence sur les actions de ce dernier prince et de ses lieutenants en Guienne après la descente du comte de Derby. Nous savons seulement que leurs efforts furent inutiles pour arrêter les armées anglaises : c'est ce qui détermina le prince à mettre sur pied une nombreuse armée et à la réunir à Toulouse avec les états généraux, qu'il y convoqua pour le 17 février 1546. Ces états furent, en effet, ouverts au jour indiqué. U y fut décidé qu'on ferait la levée d'un fouage de dix sols par feu , et qu'on se réunirait de nouveau au mois de mai suivant. L'armée assemblée a Toulouse montait ii six mille cavaliers et cinquante mille piétons. On se mit en marche au moh

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de mars. Le duc ûi d'abord le siège d'AigoUton, qu'il fut

obligé de lever. I*aimi ceux qui servireut dans cette armée, nous remarquons Geraud de MontfaucoD^ sénéchal de Toulouse, Assur de Polastron, et Arnaud de La Vie vicomte de Viilemur. Nos annales nous apprennent encore que les capilouls do Toulouse fournirent au duc de Normandie mille sei^ents de leur ville pour le siège d'Aiguillon, et que Pons et Bernard d'ïzalguier, chevaliers de Toulouse, prêtèrent au roi et à ce prince des sommes considérables pour les frais de cette entreprise.

Sur la hn de mai, le duc de Normandie se rendit à Toulouse pour la tenue des états généraux qu*il avait convoqués ; on y régla la manière dont chaque corps devait pourvoir aux firais de la guerre. Le clergé du diocèse offrit de fournir un subside pour Ventretien d'un certain nombre de gens d*armes, outre le décime quil payait. Maïs la descente que fit Edouard en Normandie, et qui fut suivie de la funeste bataille de Crécy, força le duc à abandonner Aiguillon et k se porter au secours du roi son père. A Agen, où il se trouvait au mois d*aoiit , il désigna, pour gouverner le Languedoc à sa place, son féal cousin Jean comte d* Armagnac, et accorda aux habitants de Toulouse la permission de clore la ville de murailles flanquées de tours. Ces murailles avaient été abattues après la paix de 1229, et on avait déjà commencé de les reconstruire. Le duc revint en France sous Thabit de pèlerin, et le comte d'Armagnac ti.^a sa résidence à Agen pour observer les mouvements dès Anglais, qui s'étaient répandus jusque dans te Toulousain. Il importait grandement aux habitants de Toulouse que leur ville fût bien gardée ; aussi , le 10 oc-

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tobre 1346, les capitouls demandèrenl-Qs au comte la permission d'étendre Vimpusition des quatre deniers par livie sur toute sorte de denrées, imposition que le roi leur avait permise pour la réparation de leurs murailles. Ce fut à cette époque que Ton termina Tenceinte dont les restes subsistent encore aujourd"hui, mais qui bientôt dispaïaîtront sans retour, grâce à la manie des alignements peu commodes dans les villes du iMidi. On détruisit ausc^i quelques monastères qui étaient situés dans les faubourgs, entr*autres celui de Saint-Jacques le Vieux, dont la fondation nous est inconnue ; celui des bénédictines de Ouny, depuis longtemps établi hors des murs à côté d'une église dédiée à saint Cyprien, et qui reconnaissaient labbé de * Moissac pour leur supérieur général et le prieur de la Daurade pour leur supérieur immédiat. Ces bénédictines prirent le nom de Dames de la Daurade on de la Mer. Les inondations fréquentes occasionées par le ûeuve et la guerre des Anglais les ayant forcées a chercher un asile dans renceiale des murs, elles se libèrent près de la porte de Saint-€yprien, en un lieu qui leur fut cédé par les chanoines de Saint-£tienne, et où se trouvait déjà une autre maison religieuse appelée les Sœurs Blanches de la Madeleine. Cette dernière maison avait été établie par la famille d* Aigrement, sous le pontificat de Jean-Raymond de Comimages.

Les Anglais faisant toujours des préparatifs nouveaux

pour étendre leur^ conquêtes, toutes les villes du Languedoc cherchèrent à se fortifier ; on levait partout des subsides. D'après Bai dm, un capitoul nommé GinUaume Fabri fut accusé du crime de péculat et jeté dans les fers ; mais

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il ajoute que plus tard sou ioQOcence fut reconnue et qu*OD

le réintégra clans sa charge. La même prison qui avait reçu le capitoul reçut bientôt après Guillaume de Gardaillac , évêquc de Saint-Papoul, accusé d'intelligence avec les Aiiglais et de les avoir accueilli dans son diocèse. Le sénéchal de Toulouse le lit arrêter et conduire en cette ville avec quelques ecclésiastiques de sa famille et tous ses domestiques. Ce prélat fut emprisonné au commencement de Vannée 1347 et ses biens confisqués. Le pape, ayant appris cet événement , excommunia ceux qui y avalent participé et se réserva leur absolution. Le sénéchal députa vers le pai)c pour exposer les motifs de sa conduite et demander la révocation de la sentence. Le roi intervint, et ordonna que révéque fût rendu à la liberté. Cet illustre évêque, sur le point de mourir victime de ses indignes calomniateurs, était d*une éminente sainteté ; il opéra même des miracles pendant sa vie. Sa mort arriva au mois de mars delà même année, n fut inhumé dans sa cathédrale, quil avait terminée et enrichie de plusieurs vases dor et d'argent d*un grand prix. Après sa mort, le pape commit Raymond de Caniilac pour donner Tabsolution à ceux qu'il avait excommuniés ; Geraud de Montfàucon sénéchal de Toulouse, Oudard de Merrin viguier, et Guillaume de Grésac juge de Rieux, principaux coupables, furent condamnés à une pénitence qu'ils devaient faire à Toulouse, à Saint-Papoul, et à Vallespi , château que Gardaillac avait fait bâtir.

Cette même année, mourut à Toulouse Jean de la Tissenderie, évéque de Rieux, qui avait Mi construire à ses frais le palais épiscopal, et bâtir à Toulouse, auprès de la grande église des Cordeliers, une chapelle qui porta le nom

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de son évêctaé, et dans laquelle il fut inhumé. Son tombeau et son épitapbe s y voyaient encore ayant la révolution française. Jean de la Tissenderie consacra la grande et belle église des Cordeliers, dont les fondements avaient été jetés par Pierre cardinal de Foii, cent ans auparavant (l^î). n ne £aut pas confondre ce cardinal avec Pierre de Foix qui bâtit à Toulouse, au siècle suivant, le collège qui porte son nom ; ni avec avec Paul cardinal de Foix, qui occupa ie siège de Toulouse au seizième siècle. Le premier était religieux franciscain.

A la même époque, mourut aussi à Toulouse Dominique Grenier de Tordre des frères prêcheurs, évèque de Pamiers. n enricbit le couvent de son ordre à Toulouse d*une cbapelle dédiée à saint Antonin, au dessous de laquelle il ût établir une grande crypte pour la sépulture des frères et pour six chaiioiues de Pamiers qui mourraient en cette ville. Il fit élever aussi dans la même maison de vastes iniirmeries. La bibliothèque des dominicains à Toulouse possédait de savants commentaires de ce prélat sur plusieurs livres de la Sainte-Ecriture. Sous son épiscopat, un tennina à Pamiers Tabside de la nouvelle cathédrale.

Au mois daoùt iô47, la ville de Calais tomba au pouvoir des armées anglaises : c'est ce qui détermina Clément Vï a prendre tous les moyeus possibles pour faire reauiiveler la trêve entre Philippe et Edouard. Elle le fut en effet jusqu'en 13al, quoique assez mal gardée. Les comtes de Foix et d*Armagnac ayant rejoint Tarmée du roi, ce prince nomma à leur place le comte de Valentinois et Guillaume de Flavacourt archevêque d*Auch pour ses lieutenants ea Languedoc : ce qui n'empêcha pas le comte de l'ille et

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Gallois de Labaume de remplir les mêmes ionctious dans la province.

L'archevêque d'Auch, accompagné de Geolïroi de Charai et de Gallois, se rendit à Toulouse, où ils assemblèrent, an mois de mars, les députés des principales communautés du pays, et convinrent que la sénéchaussée de Toulouse fournirait au roi quinze cents hommes d*armes entretenus à ses dépens, supposé que la trêve vint à se rompre. Guillaume de Flavâcoui t fixa son séjour à Toulouse. Le ±1 juillet 1349, il approuva un traité passé entre le procureur général de la sénéchaussée et les habitants de Montesquieu dans le Lauraguais. Il était, encore en cette ville à la fin de Tannée puisqu'il y convoqua toute la noblesse de la sénéchaussée pour le mois de janvier suivant, et y donna, le 24 décembre, des lettres pour faire jouir Gaston de Foix et Âgnës sa femme de la terre de Montesquieu-Volvestre.

Toulouse vit alors son archevêque Raymond de Canillac élevé à la dignité de cardinal sous le titre de Sainte-Croix.

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